Jean-Paul Chagnollaud
A une semaine d'intervalle, entre fin février et début mars, deux séries d'attentats en Israël ont entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes et blessé gravement des dizaines d'autres. Ces attentats ont profondément choqué la société israélienne par leur localisation, en plein coeur de Jérusalem et de Tel Aviv, par leur caractère répétitif et par leur forme: attentats-suicides dans lesquels un homme se révèle assez fanatique pour se transformer en bombe humaine. Cette irruption de violence aveugle fût d'autant plus éprouvante qu'elle intervint peu de temps après les élections palestiniennes qui avaient constitué un moment assez exceptionnel puisqu'elles semblaient annoncer une rassurante normalisation. Dans ce monde depuis si longtemps déchiré et tourmenté, un acte, ailleurs aussi banal que des élections, prenait soudain une dimension presqu'exemplaire. Les Palestiniens en tiraient une profonde satisfaction, les Israéliens un profond soulagement. Tout cela nourrissait l'espoir d'un avenir moins sombre que tout ce qui avait été vécu jusqu'à maintenant...
Au-delà de ces moments accablants, il faut chercher à saisir les
perspectives politiques dans lesquelles ils s'insèrent et par lesquelles en définitive,
ils prennent tout leur sens. Une telle analyse peut ainsi soit relativiser l'importance du
drame ou, au contraire, souligner ce qu'il met en lumière de profond et de durable. En
l'occurrence, la situation actuelle me semble malheureusement appartenir à la seconde
hypothèse: la succession de tensions extrêmes qui caractérise aujourd'hui la situation
révèle un état de malaise particulièrement grave.
Tout peut mieux se comprendre si l'on veut bien réfléchir à ce que les mots veulent
vraiment dire. Pas n'importe quels mots. Mais des mots essentiels, fondamentaux,
déterminants : paix et sécurité. Tous les débats, toutes les analyses, tous les textes
y font désormais référence. Autour deux, se déploie ainsi depuis plus de deux
ans, un discours de Plus en plus convenu, de plus en plus opaque qui aboutit en
définitive à occulter, à masquer les réalités quils sont sensés désigner. Or
en eux-mêmes, ces mots ne signifient rien. Ils sont comme dimmenses et magnifiques
vasques qui, par la fascination qu'elles exercent, font oublier que l'essentiel nest
pas dans ce qu'elles paraissent mais bien dans ce quelles contiennent.
La paix
Sa définition renvoie à un état ou à des situations où il n'existe
ni violences ni conflits ni querelles ni troubles daucune sorte. Dans cette
perspective, on peut tout aussi bien parler de la paix entre des voisins, de la paix entre
des nations comme de la paix des cimetières qui, assurément, est- la plus tranquille de
toutes. On peut avoir la conscience en paix, préférer une paix aimée à la paix des
braves, refuser une paix honteuse, vouloir laisser les morts en paix, laisser quelqu'un en
paix, goûter une paix profonde, accepter ou dénoncer une paix séparée, critiquer ou
rechercher une paix forcée. On peut aussi faire, signer, conclure, ratifier, soutenir ou
refuser la paix. On peut aussi prendre les armes pour pacifier ou faire la guerre pour
imposer la paix...
On le devine aisément. tout dépend bien du contenu et donc de la nature de la paix. Une
paix peut être le prélude à une profonde et féconde transformation des rapports entre
deux peuples qui se sont fait la guerre comme elle peut être le moment terrible où l'un
des deux doit se soumettre pour longtemps à l'autre parce qu'il est le vaincu. La
première est une paix juste, la seconde est injuste. La première sera durable, la
seconde précaire.
On oublie toujours que, pour avoir négligé ces remarques élémentaires, la plus grande
conférence de paix du XXème siècle (celle de Paris en 1919) a engendré tant
d'humiliations et de frustrations au Proche-Orient, en Turquie, en Europe centrale et,
bien sûr, en Allemagne qu'elle a finalement organisé les scénarios des guerres à
venir. Ils furent terribles.
Presque trois ans après la reconnaissance mutuelle intervenue entre Israël et l'OLP, on
ne répètera jamais assez à quel point l'existence même de ce processus de
négociations constitue une avancée historique et décisive entre les Palestiniens et les
Israéliens. Mais en même temps, il faut cesser de se payer de mots en répétant comme
de Gaulle l'avait fait, avec ironie, à provos de l'Europe, "là paix, la paix, la
paix" pour enfin prendre conscience de l'orientation que prend actuellement ce
processus: il est évident que s'il se poursuit sur les mêmes bases, il va créer, sur le
terrain, une situation profondément inégale où les Israéliens disposeront de tous les
moyens pour ancrer leur domination dans tous les domaines essentiels. Cette paix sera
alors profondément injuste, et donc, à terme, précaire.
Depuis des décennies, la formidable âpreté de ce conflit réside dans le fait qu'il
s'agit du combat de deux peuples pour une même terre. De la guerre civile de 1936
jusqu'à la création d'Israël comme de la guerre de 1948 à la lutte armée menée, en
son temps, par l'OLP, l'obsession des uns et des autres, dans des conditions historiques
différentes, a toujours été l'établissement de leur souveraineté sur l'intégralité
du territoire situé entre le Jourdain et la Méditerranée.
1993 marque donc un tournant considérable puisqu'il consacre l'idée que ce territoire
sera partagé entre Palestiniens et Israéliens. Mais ce qui prend forme actuellement est
un partage absolument déséquilibré: sous réserve d'un certain nombre d'ajustements à
négocier, une paix juste -devrait restituer aux Palestiniens l'intégralité de la
Cisjordanie et de Gaza; or les Accords de Washington de septembre 1995 ont posé le
principe d'une division de la Cisjordanie en trois zones A, B, C. La première, d'où les
Israéliens se sont retirés, inclut les villes que les Palestiniens peuvent donc
désormais administrer de manière autonome, la seconde comprend les villages où les
Israéliens continuent d'avoir un droit de regard, la troisième enfin, qui englobe tout
le reste, demeure sous l'étroit contrôle israélien.
Au total, Israël conserve plus de 70% de la Cisjordanie, maîtrise toutes les
communications entre tous les secteurs, et empêche toute circulation régulière entre
Gaza et la Cisjordanie. Au lendemain de la signature, en août 1995, de l'accord de Taba
(dit Oslo 11), Shimon Pérès déclarait d'ailleurs très clairement que cet accord "laissait
entre les mains israéliennes 73% de la surface des territoires, 90% de la
sécurité et 80% de l'eau ".
Naturellement, cette configuration pourrait être acceptable si elle ne représentait
qu'une étape avant que d'autres aménagements plus fondamentaux ne se mettent en place
dans la perspective d'une rétrocession progressive de la plus grande partie de la
Cisjordanie. Or cette hypothèse est, pour le moins, improbable parce que les terres dont
il est question ont fait l'objet, depuis des années, d'un très fort mouvement
d'appropriation de la part des Israéliens: ils y ont installé de véritables villes
reliées entre elles par un réseau de plus en plus dense d'infrastructures routières qui
toutes permettent aussi de desservir les grandes agglomérations israéliennes. Ce qu'on
appelle habituellement les colonies ou les implantations ne sont donc pas un problème
parmi d'autres mais bien une question fondamentale: c'est par ce moyen qu'Israël entend
conserver la maîtrise d'une très grande partie de la Cisjordanie.
A cet égard, il est très instructif de comparer deux cartes: la première est celle de l'accord d'Oslo Il qui délimite les trois zones que je viens d'évoquer (carte 1). Les colonies n'y apparaissent pas mais on voit bien la répartition des espaces et donc l'étroitesse et la configuration des secteurs palestiniens. Us sont comme encerclés par la zone C et dans une certaine mesure par la zone B.
| carte I | carte II |
Double-cliquer sur les cartes ci-dessus pour les avoir en taille réélle
L'autre carte (carte II) est très peu connue et beaucoup plus ancienne
puisqu'elle remonte à 1978. Elle visualise le plan préparé par Matityahu Drobless qui,
à la demande du gouvernement de Menahem Begin, devait avancer des propositions de
développement des implantations israéliennes dans les territoires occupés afin,
notamment, de rendre l'occupation irréversible par des faits accomplis de grande
envergure. Dans cette perspective, il s'agissait de créer des "blocs" de
peuplement qui, reliés entre eux constitueraient des ensembles indéracinables. Ainsi en
était-il du projet autour de Jérusalem qui consistait à relier entre eux plusieurs
centres comme celui de Maale Adumim et permettre ainsi la création d'un "grand Jérusalem".
La constitution et la répartition de ces "blocs" étaient donc au coeur de
cette politique d'appropriation de la terre et de maillage de l'espace.
Par ailleurs, les termes utilisés dans le plan Drobless sont tout à fait significatifs
à la fois de l'ambition poursuivie et de l'idée qu'il se faisait des Palestiniens
considérés comme des "minorités". Après avoir réaffirmé quil ne
doit pas y avoir l'ombre d'un doute sur notre intention de garder les territoires de
Judée et de Samarie", il souligne que l'autonomie (telle qu'elle est envisagée
dans les Accords de Camp David qui venaient d'être signés avec l'Egypte) "ne
concerne pas et ne concernera pas les territoires mais uniquement la population
arabe". Son analyse aborde ensuite les modalités stratégiques de cette prise de
possession de l'espace: "il faut créer des blocs de colonies entretenant des
rapports réciproques et situés dans des régions homogènes... les
colonies devront être disposées non seulement autour des centres habités par les
minorités mais aussi dans les intervalles qui les séparent selon la politique de
colonisation déjà adoptée en Galilée et ailleurs dans le pays... "
Ce discours et cette carte appartiennent au Likoud de Menahem Begin et donc, pourrait-on
croire, au passé. Or lorsqu'on circule aujourd'hui, comme je viens de le faire une fois
encore, en Cisjordanie, force est de constater que ce projet a été pour une bonne part
réalisé. Non pas sans doute dans son exacte configuration initiale, mais bien dans sa
logique. Ainsi par exemple, le grand Jérusalem est sur le point de devenir une réalité
comme l'est aussi l'imposant dispositif routier qui quadrille toute la Cisjordanie au
profit exclusif des colonies. Non seulement les constructions de villes, de villages et de
routes ne se sont pas arrêtées depuis 1978 mais elles continuent, actuellement, avec
beaucoup d'intensité (les constructions ont commencé dès 1968 mais elles se sont
vraiment accélérées et développées avec l'arrivée au pouvoir du Likoud. Les
Travaillistes avaient surtout construit dans la vallée du Jourdain et, bien entendu, tout
autour de Jérusalem).
La comparaison entre ces deux cartes démontre à quel point les projets d'appropriation
de l'espace envisagés par les gouvernements israéliens dans les années quatre-vingt
trouvent aujourd'hui une sorte de légitimité internationale avec les accords d'Oslo. Si
cette situation n'était que provisoire, il n'y a aurait rien d'alarmant, mais tout porte
à penser que ce n'est pas le cas. Si cette hypothèse est juste, il faut savoir alors
qu'on n'est pas en train de préparer l'avenir mais plutôt de le miner.
La sécurité
La sécurité, est une situation qui résulte de l'absence réelle de
danger, de quelque nature qu'il soit. Dans un contexte de guerre, elle s'appréhende
d'abord d'un point de vue concret et matériel comme l'absence de tout risque d'atteinte
à l'intégrité physique. Dans un tel contexte, elle ne peut, en effet, avoir que ce
premier sens: le plus fondamental, le plus vital, le plus instinctif. Mais cette notion
implique aussi des significations plus larges: le calme, la confiance, la tranquillité,
l'assurance de vivre en toute quiétude. La sécurité peut-être @aussi financière,
économique ou sociale; et, bien sûr, elle doit être garantie à tous et non pas
seulement à certains contre d'autres. Enfin, son contraire, l'insécurité, peut
résulter d'un ou de plusieurs actes violents comme elle peut aussi être liée à un
état permanent qui, par sa nature même, la produit.
Les Israéliens ont eu, depuis trop longtemps, à souffrir de l'insécurité. Et depuis
septembre 1993, près d'une vingtaine d'attentats-suicides ont été perpétrés par des
fanatiques du Hamas ou du Djihad islamique avec toujours une même méthode: un homme
bardé d'explosifs se fait sauter dans un bus, dans une voiture, ou à pied, au milieu de
dizaines de personnes. Le bilan cumulé de ces attaques est très lourd: 130 morts et plus
de cinq cents blessés. Il est d'autant plus insupportable que cette série d'attentats a
commencé à se développer après la signature des accords de paix. A l'échelle d'un
pays comme la France cela reviendrait à multiplier ces chiffres au moins par dix.
Face à une situation si préoccupante, Shimon Pérès a donc réagi avec la plus grande
fermeté. Il lui a fallu aussitôt changer de rôle et tenter d'assumer à la fois le sien
et celui que Rabin savait si bien incarner: celui d'un homme garant de la sécurité
d'Israël. Se déclarant "en guerre contre le Hamas", il a
aussitôt exigé de Yasser Arafat qu'il prenne des mesures radicales contre le terrorisme
et a annoncé une série de décisions extrêmement fermes pour "séparer" les
Palestiniens des Israéliens, ce qui s'est traduit par un bouclage total et hermétique
des territoires palestiniens avec un renforcement systématique des barrages et des
contrôles entre Israël et les Territoires mais aussi à l'intérieur de la Cisjordanie
où désormais toute circulation entre les villes autonomes et entre les villages devenait
très difficile voire, certains jours, impossible. Tout porte à croire que ces mesures
décidées au lendemain de la seconde série d'attentats début mars resteront en vigueur
au moins jusqu'aux élections israéliennes du 29 mai 1996. On imagine mal en effet le
gouvernement de Shimon Pérès prendre des initiatives qui pourraient être interprétées
comme autant de signes de relâchement face à la menace terroriste.
Pour les Palestiniens, cette situation est dramatique. Alors que dans leur immense
majorité ils condamnent ces attentats (pour la première fois, à Gaza et en Cisjordanie
des manifestations ont eu lieu pour exprimer cette condamnation), ils se retrouvent
victimes de mesures qui les empêchent de se déplacer, de travailler et donc tout
simplement de vivre. A Gaza, en particulier, l'enfermement est d'autant plus insupportable
qu'il se traduit par un étouffement économique pratiquement total au point qu'il a fallu
faire venir d'urgence des camions de nourriture que les Israéliens ont laissé passer au
compte-gouttes...
La réponse choisie par Shimon Pérès peut se comprendre du point de vue qui est le sien:
dans la situation désormais fragile où il se trouve, il estime n'avoir pas d'autres
moyens pour continuer le processus de paix que de le mettre en péril.
Le problème est qu'il le met gravement en péril car pour atteindre quelques centaines de
dangereux activistes, il pratique la méthode du châtiment collectif. Cette situation est
d'autant plus mal acceptée par les Palestiniens qu'ils ont le sentiment qu'à l'inverse,
rien n'est fait quand ils sont les victimes du terrorisme juif. Et il est exact que les
Palestiniens ont eu aussi beaucoup à souffrir d'attentats menés par des fanatiques; que
se soit il y a quelques années sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem ou plus
récemment en Israël même lorsqu'un autre fanatique a tiré sur un groupe de
travailleurs palestiniens attendant de trouver leur employeur pour la journée, ou encore
en février 1994 à Hébron quand un colon a assassiné près de trente musulmans en
prière. Face à ces événements dramatiques, rien de décisif n'a été entrepris contre
les coupables et encore moins contre leurs complices directs ou indirects ; si ce
n'est... qu'à chaque fois, ou presque, les Territoires ont été bouclés!
Il ne s'agit pas ici de se livrer à une sorte de bilan comparé des victimes du
terrorisme, qui serait aussi absurde que dérisoire, mais bien de souligner que la
sécurité est nécessaire pour tous et non pas seulement pour les uns contre les autres.
En ce sens aussi, il est évident que l'occupation est, par définition, le règne sans
partage de l'arbitraire et donc de l'insécurité absolue: tout peut arriver à n'importe
qui, n'importe où, n'importe quand.
Aujourd'hui, les deux peuples sont pris en otage par les extrémistes des deux bords. Le
fanatisme religieux - islamiste d'un côté, juif de l'autre - est animé de la même
haine meurtrière et est porté par des hommes qui n'ont qu'une seule obsession: briser le
processus de paix et les espoirs qu'il a engendrés, Nous ne sommes plus dans la
configuration d'avant septembre 1993 où les Israéliens et les Palestiniens
s'affrontaient de toutes les manières possibles. Bloc contre bloc. Or malgré le fait que
la configuration ait radicalement changé, tout se passe comme si tout était comme avant.
Ces attitudes sans nuances risquent de tout remettre en question et, en tout cas, de
laisser des traces profondes bien au-delà des élections du 29 mai, et quel que soit
alors le gouvernement.
Personne ne peut sérieusement nier la nécessité d'une répression systématique pour
briser l'action de ces dangereux fanatiques. Mais il est parfaitement illusoire de penser
qu'elle peut suffire à éradiquer ce type de pratiques d'autant moins qu'elles
bénéficient très probablement de soutiens logistiques extérieurs. D'où sans doute, au
moment où ces lignes sont écrites, cette fuite en avant de Shimon Pérès qui pense
nécessaire de faire bombarder les bases du Hezbollah au Liban.
Haydar Abdel Shafi me disait qu'il avait le sentiment que les Palestiniens étaient
"déshumanisés". Le mot est terrible parce qu'il est sans doute juste.
Comment peut-on penser en effet qu'en ne faisant rien ou rien d'important sur le plan
économique à Gaza et en Cisjordanie, on pourra longtemps encore prévenir d'autres
attentats islamistes ? Quelle que soit lintensité des répressions, les
humiliations et les frustrations ainsi générées, notamment chez les jeunes, vont
continuer à nourrir un terreau doù pourront surgir les actes les plus insensés.
Comment imaginer que toute régression économique et sociale ne puisse pas être perçue
pour ce quelle est : une irrésistible dégradation de la vie quotidienne dont
on ne voit jamais la fin?
En raison de ces attentats, plus aucun travailleur palestinien ne peut plus se rendre en
Israël. Cela a donc provoqué une aggravation du chômage déjà très important depuis
quelques années puisqu'Israël a décidé de remplacer progressivement la main d'oeuvre
palestinienne par une autre importés notamment d'Asie. Ce choix est sans doute que des
solutions soient trouvées encore faut-il que des solutions soient trouvées pour les
dizaines de milliers de travailleurs qui se retrouvent ainsi privés demploi. Comme
par ailleurs les possibilités de commercer avec réduites et même nulles actuellement,
on déterminante de la dimension économique qui en définitive commende tous les autres.
Au sommet de Sharni-el-Sheikh, consacré au terrorisme, seuls quelques chefs d'Etat, dont
Jacques Chirac, ont posé le problème en ces ternies en insistant sur l'urgence dun
soutien économique aux territoires palestiniens.
Il faut espérer que leur discours sera rapidement suivi d'effet et que, dune
manière générale, cet aspect fondamental sera pris en compte par les différents
acteurs de ce processus avec une tout autre ambition et une tout autre détermination que
ce qui a été entrepris jusqu'à présent.
Ce processus de paix est une chance historique pour les deux peuples,
pour la région et pour le monde entier.
Pour quil réussisse encore faut-il qu'il soit fondé sur un minimum d'équité et
qu'il permette à ceux qui ont perdu leur dignité de la recouvrer.