Le judaïsme contre lintégrisme,
le racisme et lexclusion
Cet entretien devait paraître dans le numéro précédent sur Israël (n°26, Israël, une nation à la recherche delle-même), mais il a été réalisé trop tardivement pour que nous puissions l'y insérer. Il nous semble intéressant de le publier maintenant parce que l'idéologie religieuse du rabbin Krieger, représentant en France du mouvement Massorti (traditionaliste), exprime une pensée du sacré située entre les courants orthodoxes et libéraux qui, tout en faisant référence à la Halakha, insiste sur l'évolution nécessaire du judaïsme, sur les droits fondamentaux de l'homme et combat toute forme d'intégrisme, de racisme et d'exclusion.
Vous dites que votre vocation est de "conjuguer la fidélité à la tradition avec une ouverture sur la modernité". En fonction de ce postulat, pouvez-vous me dire ce qui vous différencie des autres courants religieux notamment à propos du "conflit" latent entre laïcs et religieux en Israël ? Est-ce l'un des enjeux de ce que l'on appelle parfois le "post-sionisme"?
Je suis de ceux qui sont convaincus que derrière les questions de
sécurité, de revendications palestiniennes à l'autodétermination, au droit à avoir un
Etat, il y a de grands enjeux d'ordre spirituel et affectif qui exacerbent le débat pour
les deux camps. Ce n'est pas par hasard si ce sont ceux qui habitent dans la région de
Tel-Aviv et sont plutôt de type occidental dans leur culture qui représentent la forme
la plus extrême du post-sionisme dont la caractéristique générale est d'adhérer au
modèle occidental démocrate. Ce sont ces gens-là qui sont les plus enclins à trouver
un compromis territorial.
Ce sont ceux qui sont les plus religieux et qui pensent quils doivent être
présents sur les terres évoquées dans la Bible qui sont les plus opposés aux accords
de paix et aux concessions territoriales.
Pour les Palestiniens, le problème se pose de manière parallèle, dans les mêmes
termes: il y a un camp qui essaye d'avoir une allure "républicaine" en suivant
un modèle laïque et un autre constitué dislamistes pour qui la terre arabe a une
valeur sacrée; ces islamistes ont ainsi une conception intégriste de la question
territoriale.
Deux causes fondamentales exacerbent le conflit: la première est liée à un phénomène
planétaire de désillusion et de désenchantement par rapport aux totems du XXème
siècle comme l'idéologie socialiste ou la promesse de progrès du monde capitaliste
occidental. Ce phénomène-là a engendré lui-même une tentative d'effacement des
identités autant nationales que religieuses; cela a conduit pour le meilleur, mais
aussi malheureusement pour le pire à un retour vers une sorte d'intégrisme
rigide, une conception totalitaire du monde qui refuse le principe même du moindre
compromis dès lors quil sagit de valeurs considérées comme sacrées. Ce
phénomène est universel et touche en particulier le Moyen-Orient. C'est l'une des
raisons du conflit entre religieux et non-religieux.
La deuxième raison tient au fait que la violence engendre la violence; la défiance
engendre la défiance et la non-reconnaissance de l'un implique la non-reconnaissance de
l'autre.... Là-dessus se superposent les conséquences de cette haine qui ne fait que
grandir chaque partie ayant tendance à se crisper encore davantage pour aller
jusquà la rupture. Les laïcs sont de plus en plus agacés par les religieux et
réciproquement. Le cas de Dana International (le transsexuel vainqueur de l'Eurovision en
1998) est symbolique des enjeux qui traversent la société israélienne.
Même si la question de la sécurité territoriale reste une préoccupation dominante,
elle est arrimée à une question fondamentale: quel est le sens de l'existence de cet
Etat ? Quelle est la définition de ce judaïsme ou de cette judéité ? Tout cela forme
bloc puisque le camp de la sécurité est aussi le camp où apparaissent le plus les
valeurs conservatrices.
Cela a-t-il un sens de se dire juif laïque?
Bien sûr. Il faut bien avoir en tête que c'est seulement depuis le
XIXème siècle que l'on a considéré que le fait d'être juif en France plus
particulièrement, sous l'appellation disraélite était une pure adhésion
de confession alors que, de tout temps, être juif était une identité nationale. Etre
juif voulait dire s'inscrire dans la continuité de la civilisation hébraïque et
judaïque. Il y avait des structures communautaires, des tribunaux rabbiniques, des
écoles, des langues juives, bref, toute une dimension nationale. La Révolution
française et surtout Napoléon ont constitué le pacte de la citoyenneté en distinguant
l'adhésion au pays dans lequel on vit de la confession israélite.
Beaucoup de gens sont juifs parce qu'ils sentent qu'ils appartiennent à une communauté
qui s'identifie à ce destin, dont ils se sentent partie prenante et cela ne passe pas
toujours par un engagement religieux. On peut être juif laïque dans la mesure où on est
aussi juif sur un plan culturel et social. Si être juif laïque signifie le rejet de la
communauté, le rejet de l'hébreu et de la culture juive, alors c'est un judaïsme
"imaginaire". Il s'agit de gens qui se mentent à eux-mêmes et qui ont
l'impression que leur volonté affective d'identité est suffisante pour constituer une
entité. Ils se leurrent eux-mêmes et courent vers une assimilation à plus ou moins long
terme.
Est-ce péjoratif ?
Il faut distinguer assimilation et intégration. Si les juifs décident d'appartenir à un Etat moderne comme la France, ils se doivent d'être partie prenante de la Cité et c'est un devoir contenu dans le judaïsme que d'accepter le fonctionnement social de cette cité. Quand je parle d'assimilation, je parle de la perte de l'appartenance communautaire. Pour ceux qui lacceptent, ce n'est pas dramatique mais, pour la survie du peuple juif, l'assimilation est l'un des grands dangers.
Revenons à Israël. Est-ce que votre crainte n'est pas que cet Etat se laïcise excessivement et qu'une "israélité" à venir se détache du judaïsme?
Il y a un phénomène lié à la médiatisation. Quand on suit les
sondages, on sait que l'écrasante majorité des Israéliens sont traditionalistes et
quils l'expriment sur le plan rituel. Mais on ne peut pas sous-estimer les
phénomènes de radicalisme, parce que dans l'Histoire, ce sont souvent les minorités
actives qui ont fait pencher les choses dans un sens ou dans un autre. Ce phénomène de
négation des racines juives est significatif de quelque chose qui peut entraîner
derrière lui toute une société. De même à l'inverse, le radicalisme religieux, sous
ses différentes formes, est un danger pour l'Etat, comme l'a démontré l'assassinat de
Rabin.
Je voudrais préciser que ce que l'on appelle "post-sionisme" n'est pas un
phénomène nouveau. Depuis la création d'Israël, il y a eu le mouvement dit
"cananéen" avec ses porte-parole, qui visait à se débarrasser du joug de la
judéité diasporique pour renouer avec les aspects purement nationaux, la terre, dans sa
dimension antérieure à la Bible. Ce qu'expriment les post-sionistes, c'est la même
chose que ce que l'on voit en Occident avec un phénomène d'individualisme fort où les
gens n'ont plus envie de mourir pour la patrie et où lon constate une sorte de
désertion des valeurs nationales et religieuses. Dans cette mouvance de mondialisation et
d'uniformisation de l'humain, il y a l'idée qu'il faut se débarrasser des
particularismes.
Par rapport aux religieux, quel est le rôle joué, d'après vous, par les orthodoxes, parmi lesquels il faut sûrement établir des distinctions?
C'est un phénomène complexe et mal connu. Cet intégrisme n'est pas
né d'hier. L'acte d'Igal Amir (lassassinat de Rabin) a été l'acte de quelqu'un
qui est allé jusqu'au bout d'une idéologie enseignée par une grande partie du monde
orthodoxe et qui met en exergue l'identité juive comme une identité messianique avec des
notions de supériorité, d'urgence et d'activisme. Ce phénomène a grandi au fur et à
mesure que l'ère pionnière disparaissait. Dans ce désarroi face à la recherche d'une
autre identité, on a assisté à la naissance de cette forme d'orthodoxie. Les termes
sont trompeurs: quand on parle de fondamentalisme, il faut préciser que l'intégrisme
juif n'est pas aussi virulent que ce que l'on peut connaître en islam. La société
israélienne n'en est pas encore à penser à constituer un Etat de la charia juive.
Par ailleurs, le monde religieux orthodoxe est fait de tendances diverses. Ce terme est
très moderne, il est né de la réaction face à la réforme du judaïsme au XIXème
siècle.
En Israël, l'orthodoxie comprend essentiellement quatre composantes qui influencent aussi
la Diaspora: le première est celle de l'ultra- nationalisme, le Bloc de la Foi (Goush
Emounim), avec les fameux courants kahanistes et tous ces groupuscules qui gravitent
autour de cette idéologie extrême. Puis vient lultra-orthodoxie, ou plutôt
"l'ultra-minutie" dans l'application des rites le shabbat, la
pudeur, la non-permissivité, le mépris de tous ceux qui ne sont pas avec elle; dans sa
frange la plus radicale, cela va jusqu'à ceux qui rejettent l'Etat d'Israël. La
troisième dimension, proche de cette dernière, est celle du Shaas, le parti
sépharade dont les leaders sont des ultra-orthodoxes. Leurs prises de position sont
nettes en faveur de lultra-orthodoxie mais la majeure partie de ceux qui y adhèrent
le font pour des raisons communautaires: contre le leadership ashkénaze. La quatrième
dimension de l'orthodoxie, la moins significative en nombre mais pour moi la plus riche,
c'est la néo-orthodoxie qui cherche une synthèse entre un attachement sérieux à la
tradition juive, des valeurs humanistes et démocratiques et une intégration à
l'Occident dans les valeurs positives qu'il représente. Ce mouvement est surtout mené
par des intellectuels et des universitaires. Il y a indéniablement un public qui les
soutient et un autre qui ne les soutient pas mais qui se réjouit qu'ils existent. Depuis
quinze ans, deux groupe , "Force et Paix" et Netivot shalom tentent de
développer un discours religieux de l'ouverture. Je me sens très proche d'eux mais ce
qui men différencie, c'est leur attitude timorée sur le plan religieux. Ils n'ont
pas développé de réflexion sur la place de la Loi juive dans la société moderne ni
sur le problème de la pertinence de cette Loi face aux nouvelles conditions sociales.
Leur grande préoccupation est la sécurité question tellement grave qu'elle
occupe tous les esprits. Mais du point de vue de l'ouverture, le courant que je
représente s'identifie à eux.
Quelles sont les conséquences de ces clivages sur le processus de paix?
Les clivages entre le retour à la pureté religieuse d'un côté et
l'entrée dans la modernité de l'autre entraînent de nouvelles et curieuses alliances
qui peuvent avoir une influence à terme.
On voit certains rabbins tenter de prendre contact avec des imams pour reconnaître les
valeurs qui les unissent même si par ailleurs ils peuvent avoir des désaccords
politiques. Ainsi, par exemple, ils dénoncent ensemble les dérives de l'Occident. On
pourrait imaginer que des Ultras, bien quopposés sur le plan politique, parviennent
à se comprendre un jour pour bâtir ensemble une société plus traditionnelle. Cette
anticipation nest, bien sûr, pas à l'ordre du jour.
L'autre conséquence est lenclenchement dun processus de guerre civile
culturelle qui peut être contenue mais qui pourrait aussi en arriver, comme en Algérie,
à des débordements graves. Sans être alarmiste, j'essaye de voir les dangers qui
peuvent menacer Israël, à très long terme.
Comme cette atomisation de la société fait que les gens ne se côtoient jamais, il
devrait y avoir nécessairement une troisième voie, celle du centre, qui se veut un
dépassement de ce clivage majeur et qui va essayer de concilier ces deux univers. Rien ne
dit que cette ligne va s'imposer. Je crois seulement que de nombreuses tentatives pour
aller dans ce sens vont se développer; mais il ne faut pas se le cacher: ce sera très
difficile, dautant que les voies de la modération sont mal vues par les
intégristes des deux clans.
Le mouvement conservative américain, massorti en hébreu, commence à avoir
un début de reconnaissance en Israël.
Statistiquement, il est difficile et dangereux de dire ce que ces mouvements représentent
aujourdhui. On en est à l'heure de la polarisation et de l'exacerbation. Les
Israéliens font leur crise d'adolescence; la question est de savoir sils la passent
bien ou pas ! Pour l'instant, cela ne se passe pas bien.
Donc, le clivage laïcs/religieux ne recoupe pas forcément le clivage faucons/colombes?
Non, bien sûr. Il y a d'autres enjeux. Le grand rabbin lithuanien a toujours dit qu'il était pour l'échange de territoires contre la paix. Quand il a fondé le parti "Drapeau de la Tora", il a adhéré à la droite parce que, pour lui et ses partisans, les enjeux religieux font qu'ils ont intérêt à s'identifier à ce camp-là même s'ils sont en désaccord sur le plan politique.
La résolution du conflit israélo-arabe ne passe-t-elle pas par une désacralisation de la terre?
Je ne crois pas que la solution passe par une désacralisation de la
terre ou des valeurs respectives des peuples impliqués dans ce conflit. Je crois, au
contraire, que c'est la méconnaissance de l'importance du sacré qui retarde la
possibilité d'une résolution des conflits internes et externes. Le sacré ne touche pas
que les religieux. Le sacré reste le domaine dans lequel les êtres humains posent la
question de l'échelle des valeurs. La désacralisation suppose un monde du
désenchantement, du cynisme, du relativisme, du doute. Les êtres humains ont du mal à
vivre sans repères. Ils construisent alors une sacralité qui leur permet de traverser
l'Histoire. On nobtiendra rien avec la désacralisation. Ce qui est souhaitable,
c'est un autre mode de sacralisation qui consisterait à donner une importance toute
particulière à d'autres valeurs sacrées comme celles de la vie humaine, de la justice,
de celle qui consiste à dire que "même quand on a des droits, on n'est pas
toujours obligé d'aller jusqu'au bout de ces droits". On peut aussi faire des
concessions pour d'autres intérêts supérieurs qui sont la paix entre les peuples et la
reconnaissance mutuelle; tout cela appartient au sacré. Ce serait une réorientation du
sacré.
Pour la terre d'Israël, il faut dire que tous ces territoires ont une valeur religieuse
à nos yeux: c'est la terre de nos ancêtres, la terre promise. Il n'y a aucune concession
de principes à faire sur ces droits, mais ceci étant, ce n'est pas parce que toute cette
terre est sacrée que le salut passe par cette idéologie qui voudrait nous faire croire
que si on n'accapare pas tout ce qui est nôtre en principe, le salut n'est pas possible.
La sagesse, c'est l'insertion du sacré dans le monde du réel. La maturité, c'est
précisément d'apprendre que le jusquau-boutisme n'est pas une forme saine de
développement et que le sacré n'a de sens que dans une insertion dans un réseau
d'autres valeurs sacrées. Parmi les valeurs du judaïsme, il y a la reconnaissance de
l'Autre; lAutre qui a aussi sa conception du sacré. La maturité consiste donc à
savoir qu'il y a des droits auxquels il est parfois bon de renoncer.
Comment se situe votre mouvement par rapport au courant libéral?
Notre mouvement, Massorti (traditionaliste),
vient d'une réaction qui s'est produite au XIXème siècle contre la réforme très
radicale du judaïsme: par exemple, elle prônait la possibilité d'abandonner l'hébreu
dans la majorité des actes du judaïsme, le détachement de la dimension nationale au
profit des aspects liturgiques et religieux, ce qui supposait d'enlever toutes les
références à Israël dans la liturgie. L'observance du shabbat, la casherout...etc.
ont aussi été remises en cause par la réforme. Le mouvement conservative, qui
est surtout puissant aux Etats-Unis, a ce souci constant de réconcilier modernité et
traditionalisme.
Depuis une quinzaine d'années, on assiste à un retour progressif d'une tendance du
mouvement libéral vers le centre, une involution. Le mouvement réformé fait partie de
l'Agence juive, ce qui était impensable autrefois. Dans le mouvement conservative,
il y a eu un grand débat autour de l'ordination des femmes rabbins. Dix ans plus tard,
les Israéliens du mouvement lont accepté. Ce qui signifie que le mouvement conservative
a rejoint le mouvement libéral sur la question de l'égalité des sexes. Mais, pour
nous, la casherout est indispensable, il faut que la mère soit juive; les mariages
intercommunautaires ne sont pas possibles...etc.
Derrière cela, il y a des enjeux profonds d'ordre spirituel: comment conçoit-on le
judaïsme? Comme un système figé, tabou? Est-ce qu'on a une vision mythifiée de la Loi
juive qui va jusqu'au dogmatisme sur le plan de la pensée et de la pratique? Notre
mouvement s'exprime à partir de valeurs universalistes morales. A l'intérieur du
système talmudique rabbinique, nous avons essayé de réfléchir à une évolution de la
Loi pour tenir compte dun certain nombre de données qui nécessitent une
adaptation. Nous nous cherchons constamment parce que nous sommes arrivés au point
critique du processus de fracture du peuple juif sur le plan religieux.
Votre mouvement serait-il en faveur de mariages civils en Israël?
De manière globale, nous essayons de distinguer la sphère religieuse et la sphère privée. L'idéologie latente des gens qui adhèrent à ce mouvement est, par exemple, l'acceptation des droits fondamentaux comme les droits de l'homme. Publiquement le mouvement n'a pas pris une position là-dessus. Mais cela convient à notre idéologie qui va à l'encontre de tout diktat religieux. S'il doit y avoir un développement de la religiosité, cela doit se faire par l'éducation et la culture mais non par les pressions politiques. Le mouvement ne s'opposerait donc pas à ce qu'il y ait des mariages civils.
Finalement, quelle est votre conception de l'Etat d'Israël?
Fondamentalement, l'Etat d'Israël doit être laïque et démocratique. Il ne doit pas imposer des valeurs religieuses. Mais on ne peut pas faire de distinctions nettes entre la sphère politique et les valeurs sous-jacentes de la société. Il n'y a pas de démocratie à l'état pur. Israël doit rester un Etat majoritairement juif où le judaïsme doit pouvoir s'exprimer et donc forcément ce judaïsme ne peut pas être nié par l'Etat laïque. Mais toute la réflexion doit être menée pour savoir quelles sont les valeurs de consensus sur lesquelles l'Etat doit être fondé. Par exemple, le respect de la casherout dans l'armée me paraît être une bonne décision qui va dans le sens du consensus. Par contre, la décision d'accorder une suspension du service militaire aux jeunes gens qui étudient dans les yeshivot me semble profondément injuste. Ceci dit, les laïcs réfléchissent sur l'intégration des religieux dans l'armée, ce qui représente un risque pour l'unité de Tsahal.
Entretien conduit par Régine Dhoquois-Cohen