Un enjeu de première importance
Entretien avec Hubert Vedrine
Le rôle de la France dans la préparation de la conférence de Marseille est essentiel. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, a bien voulu nous accorder cet entretien pour donner son analyse de létat actuel du partenariat euro-méditerranéen et situer limportance des enjeux.
En novembre 2000, le processus du partenariat euro-méditerranéen aura cinq ans. Les espoirs quil avait alors suscités ont fait place à la désillusion et aux critiques au point que les services de la Commission européenne ont adressé, en mai, aux ministres des Affaires étrangères un document significatif Revitaliser le processus de Barcelone. Alors que la France assure la Présidence de lUnion européenne et accueille Barcelone IV, quel bilan faites-vous? Quentendez-vous proposer concrètement pour favoriser cette revitalisation et faire en sorte que Barcelone IV devienne Marseille I?
Tout dabord, je ne parlerai pas de désillusion. De critiques,
certes. Il y en a eu, il y en a encore et de part et dautre, émanant des Etats
membres, des partenaires du sud ou encore, de la Commission. Mais il sagit, dans la
majeure partie des cas, de critiques constructives qui ne visent pas à contester le
bien-fondé du partenariat, mais à trouver les moyens den améliorer
lefficacité et den accélérer la mise en oeuvre.
Cela ne signifie pas que ces appels à une revitalisation du processus de Barcelone ne
doivent pas être pris au sérieux. Bien au contraire. Et vous avez raison dobserver
quau bout de 5 ans, lon serait en droit dattendre des résultats plus
tangibles. Cest la raison pour laquelle jai demandé, notamment lors de la
réunion informelle des ministres des Affaires étrangères qui sest tenue à
Lisbonne en mai dernier, puis au nom de la Présidence, quun bilan sans fard de ces
5 années soit établi, de sorte à pouvoir ensuite relancer le processus sur de nouvelles
bases; la Conférence de Barcelone IV, à Marseille, sera loccasion de procéder à
ce travail. Pour la France, vous le savez, cest un enjeu de première importance.
Chacun des 27 partenaires est bien conscient de cette nécessité et le document de la
Commission auquel vous faites allusion formera la base de ce travail dévaluation.
Quant au bilan que je fais de Barcelone, je dirais quil est en demi-teinte. Il y a
des réussites incontestables. Le simple fait que, durant 5 ans, les 27 partenaires ont
continué à se rencontrer régulièrement, y compris au niveau ministériel et aux heures
parfois les plus difficiles du processus de paix, suffirait à lui seul à prouver la
légitimité de Barcelone. Mais il y a aussi des insuffisances évidentes et de
véritables lacunes : je pense au volet politique bien sûr, sur lequel les choses
avancent lentement; je pense au programme MEDA, dont le fonctionnement laisse à désirer
et doit être revu, ainsi quau faible nombre daccords dassociation en
vigueur (trois seulement); je pense à la nécessité daider nos partenaires à
accélérer leurs réformes et à prendre le risque de louverture et de la
transition vers lobjectif de zone de libre-échange euro-méditerranéenne fixé à
Barcelone; je pense enfin à la coopération sociale, humaine et à la coopération
décentralisée. Autant dactions et de programmes à relancer.
Il me semble quil y a aussi quelques incompréhensions à lever. Il nest pas
simple de faire cohabiter 27 partenaires du jour au lendemain, dans un contexte politique
parfois difficile (processus de paix) et dans un cadre aussi atypique que celui de
Barcelone. Il nest pas aisé pour les pays du sud de saccoutumer aux
mécanismes et aux méthodes de travail dun ensemble comme lUnion européenne.
Du côté des Quinze, nous devons également être plus à lécoute de nos
partenaires et nous efforcer déviter toute tentation
dunilatéralisme et, surtout, cesser de considérer la Méditerranée à
travers le seul prisme des dangers réels ou supposés ! Au total, nous avons
beaucoup defforts à accomplir.
Peu dinformations ont filtré sur la Charte euro-méditerranéenne pour la paix et la sécurité dont la rédaction a commencé en 1996 à linitiative de la France. En quoi est-elle un enjeu majeur pour la rencontre de Marseille? Est-ce que son adoption impliquerait que lon passe de la conférence diplomatique classique à une organisation intergouvernementale ayant ses organes propres?
Les discussions pour la préparation de la Charte euro-méditerranéenne
de paix et de stabilité sont entrées dans une phase active. Notre objectif est, comme
vous l'avez rappelé, de faire adopter ce projet - dont la France est à l'origine - à
Barcelone IV si le contexte politique s'y prête. Avec la relance et l'adaptation de la
coopération de MEDA dans le domaine économique dont nous venons de parler, ce sera
effectivement l'un des enjeux majeurs de Marseille, dans la mesure où cette nouvelle
impulsion forte que nous voulons donner au processus devra s'appuyer sur toutes ses
composantes, aussi bien politiques qu'économiques, qui sont complémentaires et
étroitement liées entre elles. Il est clair en effet qu'il ne pourra y avoir de
développement sans stabilité et qu'à l'inverse celle-ci ne saurait exister sans lui.
J'ajoute que l'adoption de cette Charte devrait être, pour les Quinze, l'occasion de
confirmer leur volonté de donner effectivement une dimension méditerranéenne à la
PESC, en se plaçant, comme il le faut désormais, dans la perspective de
l'après-processus de paix.
Pour ce qui concerne le contenu du projet, il s'agira d'un accord-cadre évolutif de
nature politique comportant un renforcement des engagements de stabilité qui avaient
été pris à Barcelone et un ensemble d'objectifs de sécurité et de mesures de
partenariat à réaliser progressivement, par étapes, suivant une démarche semblable à
celle déjà adoptée pour le volet économique du processus, avec la création de la zone
de libre échange. La responsabilité de sa mise en oeuvre relèvera des ministres des
Affaires étrangères, dont le dialogue politique à haut niveau sera intensifié. Pour
reprendre l'expression que vous avez utilisée, il y aura donc bien une coopération
intergouvernementale, mais sans qu'elle entraîne pour autant la création de nouvelles
institutions.
Lors de Barcelone III, lan dernier à Stuttgart, le ministre allemand des Affaires étrangères avait organisé une rencontre avec les participants aux Forums civils. Ces derniers avaient remis les recommandations quils avaient adoptées et elles avaient été transmises à la Conférence ministérielle qui en avait fait été dans son communiqué final. Une rencontre du même genre est-elle prévue à Marseille?
Il est de tradition, depuis la première Conférence de Barcelone, de
convier les représentants de la société civile à se réunir dans le cadre dun
Forum civil, en marge de la Conférence, et de faire part de leurs
recommandations. Le partenariat de Barcelone a mis en avant limportance des liens
entre sociétés du nord et du sud de la Méditerranée - considérés comme le
complément indispensable de laction des gouvernements. Les modalités dune
telle rencontre ne sont pas encore arrêtées. Elles relèvent dabord de la
décision des organisateurs du Forum civil eux mêmes. Sur le fond, cette articulation
entre les travaux des représentants de la société civile, cest à dire des
syndicats, des ONG et des collectivités locales, et ceux des ministres me paraît
souhaitable. Il y a une complémentarité naturelle entre les débats de ces deux
enceintes. Ceci correspond pleinement à lesprit et à la lettre de la déclaration
de Barcelone en 1995, et cétait le cas à Stuttgart en 1999.
La dimension humaine du partenariat est un aspect essentiel du partenariat
euro-méditerranéen. Il sagit donc de renforcer le rôle et la participation active
des citoyens et de la société dans le processus de Barcelone. La réussite du
partenariat passe à lévidence par les échanges humains, les contacts directs
entre les individus. Cest pourquoi la France insiste pour que les instruments, comme
le règlement MEDA, mis au service de la coopération financière euro-méditerranéenne
soient relancés et résolument utilisés à promouvoir des projets de coopération
régionale ou décentralisée qui stimulent ces échanges.
Ces initiatives sont un moyen complémentaire de faire progresser de façon concrète, le
respect des droits de lHomme, la meilleure compréhension des cultures de part et
dautre de la Méditerranée ou encore linsertion accrue des femmes dans la vie
politique, sociale ou économique. Il me semble que sur ces bases il devrait être
possible de trouver de nombreux terrains dentente entre les représentants de la
société civile et les gouvernements.
Depuis Barcelone II à Malte, tous les Forums civils ne cessent de réclamer, en vain, la mise en place dun cadre permanent de concertation avec lUnion européenne. La France pourrait-elle contribuer à répondre à leur demande alors quelle a innové en organisant une concertation entre le ministère des Affaires étrangères et le comité de pilotage des Forums civils qui se tiendront à Marseille?
Nous avons effectivement instauré, comme il était normal et souhaitable,
une concertation entre le ministère et les responsables de la préparation du Forum civil
de Marseille, étant entendu que ce sont eux - et eux seuls - qui ont pris toutes les
décisions. L'idée d'en créer une au niveau de l'Union Européenne mériterait sans
doute d'être examinée. La concertation souple que vous mentionnez entre le comité de
pilotage et le ministère des Affaires étrangères est effectivement inédite. Je crois
quelle a fait ses preuves et quelle correspond à un besoin de part et
dautre. En sens inverse il est toujours précieux pour ladministration de
mieux connaître les attentes des ONG, des syndicats ou des collectivités locales à
propos du partenariat euro-mediterranéen.
Comme votre question le suggère, une concertation sur les questions méditerranéennes
entre les gouvernements de lUnion européenne, les représentants des Forums civils
et lensemble des acteurs non étatiques - je pense au monde de lentreprise, au
mouvement associatif dans toute sa diversité ou encore aux confessions religieuses - ne
peut quêtre utile. Mais je ne suis pas certain quun cadre institutionnel
permanent soit le moyen le plus sûr de stimuler ce dialogue.
Au plan économique, lattribution des aides financières de lUnion européenne aux pays partenaires du sud et de lest de la Méditerranéen a été gravement perturbée par la complexité des procédures, due notamment aux mécanismes délaboration et dapprobation des programmes qui associent la Commission et les Etats membres. Comment simplifier ces procédures? Certaines Etats membres ne sont-ils pas trop soucieux de prolonger leur influence à travers les fonds communautaires? La Commission devrait-elle déléguer davantage la gestion de certains programmes aux Etats membres?
Il est vrai que les procédures, souvent lourdes et complexes, du
programme MEDA, ont contribué à retarder loctroi de laide de lUnion
aux partenaires méditerranéens. Cela étant, les responsabilités dans les retards sont
assez largement partagées; elles ne peuvent en tout état de cause être imputées à la
seule Commission. Chacun, y compris les bénéficiaires, a dû sadapter à de
nouvelles procédures, à de nouveaux mécanismes: contrairement au système antérieur
des protocoles financiers bilatéraux, le programme MEDA repose sur une logique de
programmation pluriannuelle, avec des enveloppes indicatives par pays et un certain nombre
de conditions mises à leur emploi. Par ailleurs, ce programme permet à lUnion
dintervenir sous des formes variées allant de lajustement structurel -
nécessitant des bénéficiaires des réformes structurelles inhérentes à
lobjectif de libre- échange - à des programmes de développement plus classiques
(par exemple, le soutien aux populations rurales, des projets dirrigation, de
soutien institutionnel, dassistance technique dans tous les domaines) en passant par
le soutien au développement du secteur privé.
Noublions pas que MEDA est un programme jeune, dont la mise en place
effective ne date que de 1997. Or, lensemble des crédits programmés pour 1995/99
(3,4 milliards deuros) ont été engagés à la fin de 1999. En revanche, le taux de
décaissement est nettement défavorable (26% des engagements) et les arriérés de
paiements saccumulent. Il y a là un réel effort à produire pour mettre en oeuvre
des méthodes de gestion plus rationnelles et plus rapides des crédits.
Comment y parvenir? Lensemble des 27 partenaires et la Commission conviennent de la
nécessité de simplifier les procédures du programme MEDA, de sorte que les
décaissements puissent être accélérés. Cest notamment lun des enjeux du
nouveau règlement financier pour MEDA II, dont la France souhaite mener à bien
ladoption sous sa Présidence. Il sagit notamment, à travers ce nouvel
instrument, daméliorer la programmation, la coordination sur le terrain entre les
Etats membres et la Commission, de renforcer le suivi des programmes mis en oeuvre tout en
permettant à la Commission daccélérer ses procédures internes de gestion et, in
fine, dengager et de débourser plus rapidement les crédits. Ce sont là les
objectifs visés par la réforme engagée par le Commissaire Patten, qui vise à
rationaliser et améliorer lefficacité des programmes extérieurs de lUnion -
réforme à laquelle la France apporte son entier soutien.
Certains pays du sud et de lest de la Méditerranéen renâclent à ouvrir leur économie. Ne faudrait-il pas recentrer les interventions européennes, communautaires et bilatérales sur les pays qui sengagent dans un programme de réformes et douverture, rendre cet engagement plus contractuel et se limiter à une coopération administrative et technique pour les autres pays? Par ailleurs, le problème de la remise totale ou partielle de la dette sera-t-il posé, comme le souhaitent les PPM?
Il est vrai que certains pays redoutent cette ouverture de leur économie
et, surtout, ses effets sur le tissu économique et social de leur pays. Ces craintes
sont, bien sûr, légitimes. Cela étant, le partenariat euro-méditerranéen a
précisément été conçu de manière à limiter le plus possible ces risques, ou
plutôt, à instaurer un véritable partage des risques entre lUnion et
ses partenaires. Cette contractualisation des risques est lun des aspects essentiels
du partenariat.
Ainsi linstauration du libre-échange est-elle étalée sur 12 années - délai
maximum autorisé dans le cadre de lOMC et, surtout, accompagnée dune aide
financière de lUnion, à travers MEDA mais aussi à travers les prêts de la BEI.
De leur côté, les pays bénéficiaires doivent engager les réformes nécessaires pour
la mise à niveau de leur économie et mettre en oeuvre les accords dassociation. Ce
caractère incitatif de MEDA auquel vous faites allusion existe dores et déjà à
travers le mécanisme des enveloppes indicatives permettant aux pays ayant accompli les
réformes nécessaires et ayant réellement assumé le risque de
louverture de bénéficier de montants plus importants.
Pour lavenir, nous pourrions réfléchir à la manière daider davantage les
pays qui sengagent réellement dans le commerce et la coopération sud-sud,
notamment en concluant entre eux des accords de libre-échange; cest le projet que
forment dores et déjà la Tunisie, le Maroc, lEgypte et la Jordanie. Pour
autant, nous devons préserver léquilibre et la globalité du processus, en
veillant à ne pas créer un partenariat à plusieurs vitesses.
Quant à la question de la dette, vous savez que la France, à titre bilatéral, a
procédé à des opérations de remise de dettes importantes, c'est le cas du Maroc
lannée dernière. Je sais combien cette question est importante pour nos
partenaires. Il sagit néanmoins dune compétence non communautaire et qui
relève des Etats membres. Cest la raison pour laquelle cette question, pour être
souvent évoquée, nest pas traitée dans le cadre du partenariat.
Au-delà de la Conférence de Marseille, comment la France envisage-t-elle son rôle au sein de lUnion européenne vis-à-vis de la Méditerranée? La politique méditerranéenne est-elle un moyen de contrebalancer le processus délargissement de lEurope à lest du continent qui déplacera le pôle de gravité de lUE vers le centre de lEurope? La France sera-t-elle le champion qui fait aujourdhui défaut au partenariat euro-méditerranéen?
Il serait superflu de rappeler le rôle joué par la France, dès sa
Présidence de 1995, pour préparer la Conférence de Barcelone. Il suffit de se souvenir
du Conseil européen de Cannes (juin 1995), au cours duquel les Chefs dEtat et de
Gouvernement avaient décidé de donner une place éminente à la Méditerranée et,
précisément, de rééquilibrer laide de lUnion à cette région par rapport
aux PECO - lenveloppe de crédits pour la Méditerranée (4,7 Milliards
dEuros) atteignant 70% de celle réservée aux PECO.
Aujourdhui, nous souhaitons voir confirmée cette priorité méditerranéenne de
lUnion. En réalité, il ne sagit plus seulement de rétablir un équilibre
avec lEst de lEurope, mais davantage de préparer le futur élargissement.
Noublions pas que Barcelone, comme lensemble des relations extérieures de
lUnion, fait partie intégrante de lacquis communautaire et quil
convient que les Etats candidats se préparent à voir dans les pays méditerranéens des
partenaires privilégiés. Il y a là un défi de taille pour lEurope future dont le
centre de gravité, vous le soulignez, se déplacera vers lEst du continent. Raison
de plus, peut-être, pour affirmer la dimension méditerranéenne de lUnion, qui se
veut un acteur global dans le monde et pour laquelle la Méditerranée reste et restera
une mer qui unit.
Quant à dire que la France veut être le champion de la
Méditerranée....certes, il est naturel que notre pays -mais aussi lItalie,
lEspagne, la Grèce- se sente investi dune responsabilité particulière dans
ce partenariat et cest dailleurs le cas. Cest très clairement
lune des priorités de la France. Mais je crois que le partenariat naura
pleinement et réellement réussi que lorsquil naura plus besoin de
champions et que lUnion, dans son ensemble, percevra ce lien
euro-méditerranéen comme une évidence géographique et une nécessité politique,
économique et humaine.
La France na pas perdu espoir de pouvoir organiser, aux dates prévues pour la Conférence ministérielle de Marseille, un Sommet euro-méditerranéen des Chefs dEtat et de Gouvernement dans le cadre du processus de Barcelone, qui serait le premier du genre. Quelles conditions manquent aujourdhui pour pouvoir lorganiser? Quelle serait la portée dun tel Sommet et son ordre du jour?
Nous compléterons la réunion des ministres par un Sommet, si les circonstances le permettent. Pour qu'un Sommet puisse utilement se tenir à Marseille, il faudrait que l'état du processus de paix au Proche-Orient ne puisse être utilisé par certains participants comme un prétexte leur permettant de bloquer les travaux.
Un Sommet de lUnion européenne sur les Balkans est prévu en octobre en Croatie. Lentrée des pays de la Méditerranée centrale -Albanie, certains pays de lEx-Yougoslavie- dans le processus de Barcelone est-elle à lordre du jour? Lambition de stabiliser cette région, où de très violents conflits ont eu lieu ces dernières années, ne contribue-t-elle pas à détourner une partie de laide financière et de la mobilisation politique européennes du processus de Barcelone?
Il nest pas envisagé détendre le partenariat aux pays des Balkans. Ces pays sont engagés avec lUnion dans un processus de rapprochement qui leur est propre, à travers la conclusion daccords de stabilisation et dassociation comportant, à terme, une perspective dadhésion. Il est vrai quen raison des crises successives traversées par la région, lUnion a dû faire face à des engagements financiers plus importants. Cette aide na pas été octroyée au détriment des pays méditerranéens, mais il est clair que cest un risque potentiel dont la France est consciente. Cest la raison pour laquelle elle refuse, à Bruxelles, que la Méditerranée devienne une variable dajustement de laide à dautres régions. Le partenariat de Barcelone, en raison de ses ambitions, de sa globalité, de son importance, voire même de son antériorité, exige un maintien de leffort européen. Pour ma part, je continuerai dy veiller.
Propos recueillis par Paul Balta et Jean-Christophe Ploquin.