Confluences Méditerranée                                   N°37                      Printemps 2001

La balle est dans le camp de la communauté internationale

Entretien avec Leïla Shahid

Leïla Shahid est la représentante en France de l'Autorité palestinienne. Présente sur tous les fronts, militante pendant de longues années pour le dialogue et pour la paix, elle dit ici sa lassitude des mots et des bavardages répétitifs et manifestement inutiles. Elle appelle la communauté internationale et notamment l'Europe à intervenir. Tout en montrant une compréhension profonde du peuple israélien, elle craint que la politique israélienne ne conduise à terme ce pays à une forme de suicide.
Nous avons posé peu de questions et nous reproduisons ici ses mots, sans essayer de masquer artificiellement le style oral.

 

En ce moment j'ai le désir de me taire, parce que les mots n'ont plus de sens, parce que le découragement me saisit.
Maintenant, c'est au monde de parler. Si le monde s'intéresse à nous, il connaît tout du conflit, des endroits où le bât blesse. Les Palestiniens n'ont rien à ajouter à ce qu'ils ont dit partout et sur tous les tons. L'opposition israélienne devrait s'exprimer aussi. Il y a une lâcheté sans nom de la communauté internationale, dès qu'il s'agit des Palestiniens. On se demande parfois s'ils font partie de la communauté des hommes qui ont droit au droit. On a l'impression que nous devons toujours prouver notre humanité, en faisant de nouvelles concessions.
Que peut-on faire maintenant ? Après l'élection d'Ariel Sharon et la constitution d'un gouvernement d'Union nationale, ce serait de l'aveuglement que de persister à penser que des négociations bilatérales peuvent mener à la paix. Sur le plan diplomatique, l'Autorité palestinienne va continuer à laisser la porte ouverte à des négociations. Mais personnellement, je ne pense pas qu'un gouvernement présidé par Ariel Sharon et composé de partis comme le Parti national religieux, le Shass, le parti Israël Beitenou d’Avigdor Lieberman et le Likoud puisse réellement discuter d'un projet de coexistence entre deux Etats. Il est hors de question de recommencer à négocier le droit des Palestiniens à exister ou la répartition des territoires... Il s'agit de négocier la coexistence entre deux Etats souverains. Il n'y a pas de plate-forme commune ni entre Israéliens et Palestiniens, ni au sein même du nouveau gouvernement israélien.
La balle est dans le camp de la communauté internationale et de l'opposition israélienne. Il y a cette opposition parlementaire et une opposition extra-parlementaire, principalement représentée par le Meretz. A la gauche du Meretz, il y a la nébuleuse du mouvement social, par exemple la partie de “La Paix Maintenant” qui n'accepte pas cette coalition. J'espère qu'au sein de cette opposition des voix vont s'élever dans les mois à venir. Parmi les forces de paix les plus importantes, il y a les femmes. Les mères de soldats qui se sont beaucoup mobilisées pour le retrait du Sud-Liban vont continuer à le faire, pour le retrait des territoires occupés. Les femmes du Jérusalem Link représentent aujourd'hui une force importante qui peut s'associer aux militants du Meretz pour constituer un mouvement féministe pacifiste important. Ces forces se manifestent dans la réalité quotidienne palestinienne, en essayant par exemple d'empêcher les sièges des villages isolés par le blocus.
Il ne faut surtout pas que cette opposition se retrouve seule. Les instances juridiques internationales doivent bouger. Le Conseil de sécurité de l'onu a condamné, dès le début de l'Intifada, la disproportion entre les moyens de la révolte palestinienne et ceux de la répression israélienne. Une commission d'enquête a été constituée, sous la direction de G. Mitchell. Ils ont enquêté du côté palestinien mais M.Barak ne les a pas reçus. Sharon a prétendu qu'il allait les recevoir. On espère qu'elle pourra enquêter du côté israélien. Il y a eu, par ailleurs, un débat à l'onu sur l'idée de l'envoi d'observateurs internationaux, pas nécessairement armés, ou même simplement armés de caméras. Ce projet a été gelé.
Parmi les autres instances il y a la commission des Nations unies pour les droits de l'Homme de Genève, qui a mis en place une commission présidée par Mary Robinson. Elle doit rendre son rapport à la prochaine session de la commission des droits de l'Homme.
Enfin, il devrait y avoir une réunion des pays signataires de la quatrième Convention de Genève. Nous avions déjà demandé cette réunion en juillet 99. Le véto américain au Conseil de sécurité empêche un vrai débat sur les colonies israéliennes, qui sont en elles-mêmes une violation du droit international. Cette réunion de juillet 99 avait permis que les pays membres prennent position sur le fait que ces territoires sont bel et bien des territoires occupés et pas du tout des territoires disputés. En effet, la version israélienne est de nier l'application des conventions de Genève à ces territoires, parce qu'ils n'étaient pas constitués sous une forme étatique avant leur occupation. Les pays signataires ont donc précisé que ce sont bien des territoires occupés - la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est - où doit s'appliquer la quatrième Convention de Genève. Cette session avait été suspendue pour donner une chance à Barak, nouvellement élu, de montrer son attachement à la paix. L'Autorité palestinienne s'était contentée d'une déclaration précisant la nature du conflit et l'applicabilité des conventions, en précisant que nous reviendrions plus tard sur cette question si aucune solution n'avait été trouvée.

Deux ans après, nos inquiétudes s'avèrent légitimes puisque Barak non seulement n'a rien fait par rapport aux colonies existantes mais il a continué à en créer de nouvelles. Nous redemandons la réunion des pays signataires des conventions de Genève sur le thème de la responsabilité des Etats face à la création de ces colonies. En effet, le préambule des conventions dispose que les pays signataires sont responsables face à la violation de ses dispositions par un des membres. Israël les viole depuis 34 ans. Les autres pays signataires doivent assumer leurs responsabilités. Il faut aussi que les instances politiques assument leurs responsabilités, les instances régionales, européennes, américaines ou chinoises... Leurs motivations diffèrent selon leurs intérêts. C'est l'Europe qui est le plus menacée par une déstabilisation de la région. L'Union européenne, si elle est très présente sur le plan économique et financier - notamment depuis le blocus imposé aux Palestiniens -, n'a pas véritablement de politique unifiée sur ce problème. Ce que fait l'Union européenne pour aider les Palestiniens ne sera qu'un pansement par rapport à un traitement qui pourrait guérir le malade. Le traitement consiste à empêcher qu'Israël étouffe toute vie économique en Palestine. L'assistance ne suffit pas.
Quant à la nouvelle administration américaine, on constate que le premier signe - les bombardements sur l'Irak - a été décourageant. L'Irak n'est plus une menace pour quiconque. Même le Koweït a exprimé son étonnement devant ces bombardements. La plupart des populations arabes de la région estiment que les Américains devraient s'investir surtout dans la reconstruction de la paix et non pas relancer une dynamique de guerre. S'agit-il d'une nouvelle stratégie américaine ? Il est trop tôt pour le savoir mais il paraît difficile de compter sur une initiative américaine.
L'Europe unie ou les gouvernements concernés - qui ne doivent pas forcément attendre un consensus des quinze - peuvent seuls agir dans cette situation. Les Palestiniens et les partisans de la paix attendent des initiatives des gouvernements européens. Une paralysie totale du processus de paix n'est pas un vide. Le vide dans la situation israélo-palestinienne, c'est automatiquement la violence. Avec le gouvernement de M. Sharon, il n'y aura pas "d'interruption de jeu". En un mois il y a eu trois attentats très graves. S'il n'y a pas de signe de prise en charge de la situation par la communauté internationale, les éléments les plus extrémistes n'ont pas de raisons de s'arrêter. Sur le plan sécuritaire, chacun sait qu'il n'y a aucun moyen de stopper totalement les auteurs d'attentats. Sur le plan militaire, on voit mal ce que Sharon peut faire qui n'ait pas déjà été fait par M. Barak.
La seule chose qui pourrait mettre un terme à cet enchaînement de violences, c'est une intervention extérieure qui donnerait le sentiment aux Palestiniens qu'ils ne sont pas abandonnés par la communauté internationale

Le blocus imposé aux Palestiniens

Il faut préciser que le blocus imposé aux Palestiniens depuis six mois est peut-être aussi criminel que les assassinats des manifestants et des dirigeants du Fatah. C'est une mort lente. En six mois, il y a plus d'un milliard et demi de dollars perdus pour l'économie palestinienne. Les ouvriers qui allaient en Israël ne peuvent plus y aller et les ouvriers qui étaient employés localement dans de petites entreprises n'ont plus de travail. Les zones industrielles ont été fermées. Beaucoup de petites entreprises ont fermé faute de débouchés. 32% de la population vivent sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de deux dollars par jour.
La paralysie de l'économie palestinienne a des conséquences évidentes sur le fonctionnement des institutions de l'Autorité palestinienne. Les ministères ne fonctionnent plus.
Par ailleurs Israël retient depuis octobre 2000 tous les revenus de l'Autorité palestinienne, puisqu'il contrôle les frontières. 540 millions de dollars sont encore retenus par Israël. Cette pression économique et financière a été utilisée par le gouvernement de M. Barak et l'est par celui de M. Sharon comme forme de châtiment collectif pour obliger les Palestiniens à renoncer à leurs droits.

Les raisons d'un échec

Pendant les huit années du processus d'Oslo, nous avons fait des pas en avant. Mais le gouvernement de M. Barak, privé d'une partie de sa coalition dès août 2000, n'a pas pu continuer les négociations initiées à Camp David. Si le gouvernement avait duré au-delà du 6 février 2001, nous aurions peut-être pu arriver à un accord. Mais il est injuste d'attribuer aux Palestiniens la victoire de M. Sharon. M. Barak a perdu les élections autant sur sa manière de traiter les problèmes intérieurs israéliens que sur son échec en matière de paix et de sécurité. Ce n'est pas un homme politique. Il n'a pas su diriger son parti et gouverner avec lui. Il ne faudrait pas que les Palestiniens deviennent les victimes du système électoral israélien.
Mais au-delà de tous ces problèmes politiques, il y a des difficultés psychologiques. Israël n'est pas n'importe quelle société ni n'importe quel Etat. Après huit années de négociations sérieuses des deux côtés, on peut dire que la peur qui existe dans la société israélienne est le résultat d'une histoire tragique. Malheureusement cette peur ancestrale est exploitée par les gouvernements qui, au lieu de montrer le chemin réel de l'exorcisme de cette peur, ne font que l'exaspérer et l'utiliser dans leur intérêt politique.
M. Barak n'a fait que contribuer à cette psychose de l'insécurité. Au bout de deux ans de négociations sur le droit à un Etat indépendant, le droit de ne pas avoir de colonies qui fragmentent notre territoire, le droit à faire de Jérusalem-Est notre capitale et le droit des réfugiés de négocier leur droit au retour, quitte à mettre une limite au nombre de ceux qui pourraient revenir, les choses semblaient enclenchées. La seule raison qui nous a empêchés de continuer c'est que le 1er août les trois partis de la majorité se sont retirés. Barak a alors été obligé de faire des élections anticipées. C'est la raison pour laquelle les négociations n'ont pas continué après Camp David. Il y a eu deux dates qui ont été imposées aux Palestiniens, celle du 7 novembre, départ du président Clinton, et celle du 6 février. Les Palestiniens devaient être d'accord sur ce calendrier et accepter un accord total, définitif, en fonction d'un calendrier qui ne les concernait pas. C'est l'absence de légitimité de l'interlocuteur israélien et non pas l'entêtement palestinien qui a fait échouer les négociations. Depuis Oslo, on a négocié étape par étape. Vouloir conclure un accord définitif sur tout a mis le feu aux poudres. La frustration des Palestiniens vient d'une longue histoire de non-application des accords, mais prétendre que l'on ne sait pas pourquoi les Palestiniens n'ont pas conclu à Camp David ou à Taba est de mauvaise foi.

Je crois qu'il faut faire une analyse psychologique de la société israélienne. Il faut comprendre qu'elle vit dans un paradoxe perpétuel. Elle veut faire la paix et, en pratique, elle fait la guerre. 60% des Israéliens veulent la paix mais ils élisent M. Sharon, criminel de guerre. On ne peut pas passer des mois à négocier avec M. Arafat et décider tout d'un coup qu'il n'est plus un interlocuteur valable pour faire la paix. On ne peut pas dire que l'on veut restituer les territoires et créer de nouvelles colonies. Cela relève d'une logique paradoxale. Les Israéliens ne voient pas la contradiction. Comment les Palestiniens pourraient-ils croire au désir de paix des Israéliens alors que la colonisation continue ? M. Barak a continué à autoriser l'extension des colonies et pas un membre de son gouvernement n'a attiré son attention sur la contradiction avec le processus de paix. Ce paradoxe est évident aux yeux du monde entier mais il ne l'est pas aux yeux des Israéliens. Il semble qu'ils soient aveugles à l'égard des Palestiniens et sourds à l'égard du monde. Ils appliquent pour leurs citoyens des critères qu'ils ne sont pas prêts à appliquer aux Palestiniens. Ils croient qu'ils peuvent assumer ces paradoxes sans reconnaître que ce sont des paradoxes. Alors, ils ne comprennent pas pourquoi tout à coup il y a une explosion.
Le réflexe le plus simple pour les gouvernements israéliens est d'aller dans le sens de la peur endémique de leur peuple. C'est M.Barak qui a dit que l'Intifada allait détruire l'Etat d'Israël. C'est un peuple très facilement manipulable par ses dirigeants, parce que leur peur est ancestrale. Elle n'est pas actuelle, ni logique. C'est une réaction collective, qui leur donne le sentiment d'être de nouveau attaqués par l'extérieur, qui vient d'un traumatisme très profond, de la Seconde Guerre mondiale. Je comprends cette peur mais ce que je trouve inadmissible, c'est la manipulation de cette peur par les dirigeants et l'incapacité de l'élite politique à regarder la réalité en face et à dire : "Mais de quoi avons-nous peur ?" La seule manière de mettre fin à cette insécurité, c'est de reconnaître les droits de notre interlocuteur et de faire la paix. Leur attitude produit la violence contre laquelle ils luttent.
Je comprends très bien leur peur du terrorisme mais je ne comprends pas, par contre, leur incapacité à se rendre compte des effets dévastateurs du blocus imposé aux Palestiniens. Comment peut-on appliquer cette politique de blocus et de siège et ne pas être conscient que c'est précisément cela qui crée la violence, le terrorisme et les attentats suicides ? Ils sont en train de produire eux-mêmes de plus en plus de violence et pas seulement chez les islamistes.

Dans les opinions publiques du monde arabe, il y a une très grande identification avec les Palestiniens. Ils voient qu'après sept ans de négociations et de concessions palestiniennes - comme le renoncement à 78% de ce qui était leur patrie historique - la paix n'est toujours pas là. Au-delà, ils voient dans la situation du peuple palestinien un reflet de leur propre condition. Au niveau des régimes politiques, il y a une incapacité à intervenir sur le plan diplomatique et une certaine crainte de leur propre opinion publique qui leur demande plus d'efficacité. Un certain nombre de gouvernements arabes ne savent plus comment à la fois répondre à la pression de leur opinion publique et ne pas créer d'incidents diplomatiques avec leurs alliés occidentaux.
Il y a également un grand changement sur le plan des relations du monde arabe avec Israël. Il a fallu beaucoup de temps pour arriver aux Accords d'Oslo et à l'idée du droit légitime d'Israël à exister dans cette région du monde. La seule condition était la reconnaissance des Palestiniens et de leurs droits. Aujourd'hui, il y a un très grand recul face à la légitimité d'Israël dans la région, puisqu'aux concessions palestiniennes ne correspond aucun réel processus de paix. Dans ces conditions, il semble qu'Israël ne veuille pas vraiment d'une intégration dans la région mais qu'il veuille seulement en imposer par sa force militaire. C'est très grave pour l'avenir d'Israël. M. Barak a été criminel pour sa propre société. Jusqu'au sommet du Caire, tous les Etats arabes étaient encore attachés à la paix et à la reconnaissance de la légitimité d'Israël dans cette partie de la Méditerranée. Mais cette attitude ne va peut-être pas durer. Rien n'est irréversible dans la reconnaissance mutuelle. Les accords déjà signés avec l'Egypte et la Jordanie peuvent être remis en cause. On peut légitimement se poser la question, face à cette politique, si Israël n’est pas quelque part suicidaire.

Les origines de la deuxième Intifada

L'Intifada n'est pas une décision de l'ap. L'Intifada est une réalité sociale, politique, existentielle qui n'a demandé la permission à personne pour se manifester. C’est une prise en charge de la société par elle-même. «Intafada» en arabe, c'est celui qui s'est relevé, qui a sursauté, qui s'est réveillé. C'est une forme de reprise en mains de la société de son propre destin. L'Intifada est un message pour les Israéliens, mais aussi pour l'ap, mais aussi pour le monde extérieur. Ce n'est pas une Intifada des extrémistes. Elle est l'œuvre du courant central et majoritaire de la société palestinienne qui veut un Etat viable politiquement et économiquement. S'ils l'obtiennent, ils accepteront de vivre pacifiquement aux côtés d'Israël et de renoncer à 78% de leur patrie. Ceux qui sont dans la rue sont ceux qui ont cru aux Accords d'Oslo. C'est la preuve de la maturité du peuple palestinien. Les extrémistes ne participent pas à l'Intifada, ils mettent des voitures piégées dans le souk de Netanya. Les Israéliens, de droite ou de gauche, ont eu l'impression d'être floués : au lieu de les remercier de leur générosité, les Palestiniens leur ont lancé des pierres ! Même le camp de la paix a agi comme si les Palestiniens devaient leur baiser les mains parce qu'ils leur donnaient des territoires. L'Intifada n'est pas perçue par la majorité des Israéliens comme une résistance anti-coloniale qui réclame des droits. Si l'Intifada n'avait pas une telle profondeur, elle n'aurait pas survécu à six mois de répression aussi féroce et de blocus aussi dur. Il suffisait de regarder vivre les Palestiniens pour comprendre que cela allait exploser.
Dans l’histoire du mouvement national palestinien, chaque fois qu’il y a eu un tournant décisif, c’est le mouvement social et politique de la société civile qui a repris l’initiative à travers une Intifada qui a fait avancer la cause palestinienne. La question qui se pose aujourd’hui, la seule, est : que fera la communauté internationale pour faire respecter le droit ? La communauté internationale continuera-t-elle à traiter Israël comme un Etat au-dessus du droit et même un Etat hors-la-loi? Ce serait tragique pour nous Palestiniens mais aussi pour le peuple israélien et pour toute la région.

 

Propos recueillis par Régine Dhoquois-Cohen et Olfa Lamloum.