Face à l'Etat, la permanence des minorités Dossier préparé par Alain Gresh |
Introduction
(N°4, Automne 1992, 3 pages)
Alain Gresh
"Le terme de minorité - accompagné d'une épithète précisant son identité par rapport à l'environnement, minorité linguistique, religieuse - désigne des groupes humains qui se trouvent "marginalisés", en position d'infériorité numérique - sauf exception - et en même temps politique, sociale ou économique, voire culturelle. Le fait d'être en minorité implique en même temps celui d'être juridiquement ou sociologiquement mineur". Cette définition, en apparence simple, cache évidemment des réalités complexes, mouvantes, sources d'affrontements et parfois de guerres sanglantes. Les tentatives de codification en droit international de cette notion sont anciennes et se sont toujours heurtées à d'insurmontables obstacles, même si un pas nouveau devrait être franchi par les Nations Unies à l'automne 1992.
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Genèse et évolution d'un concept
(N°4, Automne 1992, 18 pages)
Joseph Yacoub
(professeur en science politique à l'Université catholique de Lyon)
De la Société des Nations aux Nations Unies, comme si l'histoire se répétait, le discours sur les minorité piétine. Incapacité théorique à saisir le problème dans son ensemble et inefficience pratique à résoudre cette question délicate, alors que la planète se trouve embrasée par des soulèvements minoritaires. Aucun coin du monde n'en est exempt. Joseph Yacoub développe ici les multiples étapes qu'a traversées l'élaboration d'une déclaration de principes applicable aux minorités qui semble aujourd'hui prête à être adoptée par les Nations Unies.
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Laïcité et confessionnalisme au Liban
(N°4, Automne 1992, 15 pages)
Georges Corm
(chercheur et écrivain)
Les communautés confessionnelles libanaises ont connu, sous l'Empire ottoman, des siècles de relatif équilibre, malgré un traitement inégalitaire en faveur des éléments turcs musulmans. Cette coexistence a été brisée, vers le milieu de XIXe siècle, au moment du déclin de l'Empire. Georges Corm analyse, à travers une lecture des événements historiques et des interférences politiques, les origines - qu'il estime identiques - des troubles communautaires qui ont embrasé à deux reprises le Liban, provoquant les deux plus grandes crises du système communautaire libanais, à un siècle d'intervalle.
Les chrétiens d'Orient
(N°4, Automne 1992, 15 pages)
Pierre Rondot
(universitaire et général)
La "persistance des minorités" face à l'Etat ne se limite pas aux ethnies, elle touche aussi, notamment en Méditerranée, les communautés religieuses. Les chrétiens restent dans la région de la Méditerranée orientale soumis aux pressions de toutes sortes, à la montée de l'islamisme politique comme aux conséquences du conflit israélo-arabe. Pierre Rondot en présente ici une analyse d'ensemble.
Dans la patrie du Christ
(N°4, Automne 1992, 7 pages)
Gilles Bourbao
(chercheur)
A Jérusalem, la présence des chrétiens revêt évidemment une signification particulière. Gilles Bourbao nous décrit les spécificités de cette communauté qui vit, dans ce qui fût "la patrie du Christ", une situation doublement problématique où les difficultés inhérentes à son statut de minorités viennent se greffer sur celles dues à l'occupation israélienne.
Ésotérisme et
pouvoir politique au Proche-Orient
(N°4, Automne 1992, 12 pages)
Hassan Karim
Au moment où les musulmans subissent une conjonction de forces intégristes - sunnites et chiites - des plus intolérantes utilisant la même référence d'Al Daawa, des communautés qui se sont formées dans la clandestinité au cours des quatre premiers siècles de l'Hégire, continent à se maintenir économiquement et politiquement, bien que leur position religieuse parmi les ramifications du mouvement chiite les ait longtemps marginalisées. Il s'agit des "batiniyyin" ou ésotéristes, nées de cercles mystiques mettant en pratique le hadith (aphorisme) du prophète Mohamed qui disait "Il n'y a pas de verset du Coran qui n'ait pas un aspect extérieur et un aspect intérieur. Chaque lettre a son sens défini et chaque définition implique un lien d'ascension".
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L'Espagne des autonomies
(N°4, Automne 1992, 12 pages)
Danièle Bussy-Genevois
(professeur à l'Université Paris VIII)
En 1975, l'Espagne prétendait encore à la centralisation à l'extrême. Selon la devise franquiste, elle devait être "une, grande, libre". Mais en 1983, elle achevait le processus qui faisait d'elle "l'Etat des autonomies" : dix-sept communautés autonomes la composent désormais. Il serait cependant erroné de voir dans cette structure une tentative fédéraliste : dans l'Europe du Sud, face aux différentes formes de l'Etat envisageable et à la difficile construction européenne, l'Espagne s'est créé un modèle unique, fondé sur "l'indissoluble unité de la Nation espagnole" mais admettant "le droit à l'autonomie des nationalités et des régions qui la composent" (Constitution du 27 décembre 1978, article 2).
Les Macédoniens
existent-ils ?
(N°4, Automne 1992, 9 pages)
Christophe Chiclet
Clé de passage entre le monde danubien et le monde égéen, la Macédoine est une mèche allumée en plein cur des Balkans. Depuis un an, elle revoit tournoyer autour d'elle nombre de pyromanes prêtes à faire sauter le baril de poudre. En proclamant son indépendance, la Macédoine, comme les autres républiques de l'ex-Yougoslavie, fait apparaître de vieilles cicatrices de l'Histoire. Car qui est Macédonien et à qui appartient la Macédoine ?
Tsiganes : une tenace
résistance à l'assimilation
(N°4, Automne 1992, 14 pages)
Bernard Leblon
(universitaire, Perpignan)
Évoluant dans les pays du pourtour de la Méditerranée, les Tsiganes représentent, de toutes les minorités de cette région, une des plus marginalisées. Ils constituent une ethnie d'origine indienne dont l'histoire, dans sa première phase, a gardé quelques mystères. On sait cependant qu'ils viennent du nord-ouest de l'Inde et qu'ils ont séjourné assez longtemps en Iran, où ils se trouvaient probablement entre le XIe et le XIIe siècle, avant de continuer leur route vers l'Occident, en longeant le Caucase et en traversant l'Arménie et l'Anatolie.
Croisements dans le large... |
La Corse, la plus grecque des
terres françaises
(N°4, Automne 1992, 8 pages)
Pascal Maccioni
(directeur-adjoint du Centre de commerce extérieur)
Du site archéologique de Marseille à la Communauté des Grecs notamment établie en région parisienne, la permanence de la présence grecque en France peut revêtir une multitude de formes dans une multitude de lieux ; mais il ne peut faire de doute qu'aucune parcelle du territoire national français ne respire autant et surtout avec une telle permanence l'esprit de la Grèce que l¨île de Corse.
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Confluences culturelles |
Rencontre avec un artiste grec :
(N°4, Automne 1992, 6 pages)
Les oracles de Yannis Gourzis
par Moncef Mansi
suivi de
L'âme voyageuse des artistes de Méditerranée
entretien conduit par Anissa Barrak
Yannis Gourzis est né à Athènes. Sa formation, imprégnée de son attachement à la Cité d'Or, réfère à la diversité de son être où se mêlent les sens de l'Occident et de l'Orient tandis que dans ses uvres se révèle l'exaltation d'une Méditerranée unique.
Gravures de Yannis Gourzis
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Après la bataille
(N°4, Automne 1992, 8 pages)
Une nouvelle de Rabia Abdessmed
La bataille d'Alger, commencée en mars 1957, prit virtuellement fin en septembre de la même année. Durant ces sept mois mémorables, la Casbah d'Alger vécut un enfer historiquement reconnu. Ses habitants furent isolés, encerclés, assiégés, torturés, suppliciés, exécutés enfin par des procédés orthodoxes ou hétérodoxes. La vieille citadelle arabo-turque devint en 1957 un haut lieu de la résistance algérienne, comme autrefois, en 1244, la citadelle des Monségur dans le midi de la France était devenue un haut lieu de la résistance des Cathares. Mais la bataille de Monségur avait un terme à la guerre sainte des Abbigeois, la bataille d'Alger ne mit pas fin au djihad, la guerre sainte des Algériens. Elle marqua seulement une étape douloureuse sur le chemin du combat qui devait mener à l'indépendance.
30 ans d'absence...
(Extraits)
(N°4, Automne 1992, 7 pages)
Roland Mattera
Trente ans après en avoir été séparé, un homme retrouve sa terre natale. Une terre qu'il a tenté - en vain - de renier quand l'Histoire l'en chassa. De terribles attaches, blotties au fond de l'inconscient, ont eu raison de la douleur... et l'amour du pays d'enfance triomphe définitivement. Ce texte est un extrait du récit autobiographique de Roland Mattera sur ses retrouvailles avec la Tunisie, son pays natal, sur l'accueil chaleureux que lui ont réservé les Tunisiens et sur les réminiscences d'une mémoire qui s'anime et fait revivre des trésors de souvenirs.
Le voyageur françois
ou la connoissance de l'ancien et du nouveau monde (1735-1737)
(Extraits de l'ouvrage publié en 1771)
(N°4, Automne 1992, 13 pages)
abbé Prévost
"Ce n'est point l'histoire du voyageur qu'il
importe de savoir,
c'est celle des pays où il a voyagé..."
Les notes et impressions recueillis par l'abbé Prévost, grand voyageur de son époque, au cours de son long périple dans les pays du pourtour de la Méditerranée entre 1735 et 1737, ont été consignées dans une chronique qu'il écrivait sous forme de correspondances adressées à une dame restée sur les terres françaises et demeurée anonyme. Ces lettres rassemblées dans son ouvrage Le voyageur françois ou la connoissance de l'ancien et du nouveau monde, dont la première édition date de 1771 au Mercure de France, demeurent une précieuse source pour la connaissance de ces pays à cette époque.