La vindicte américaine contre les États
terroristes
ne convainc pas les Européens
Jean-Christophe Ploquin
Le 13 mars 1996 à Charm-el-Cheikh (Égypte), un sommet inédit des "bâtisseurs de la paix" a tenté de promouvoir une vision unilatérale du terrorisme au Moyen-Orient. Mais la coalition na duré que le temps dune photo. Un sommet du G7 sur le terrorisme à Paris fin juillet, a montré combien le souci des Américains et des Européens de coopérer dans ce domaine se heurte à des perceptions différentes de la menace et à des intérêts géo-stratégiques divergents.
À la tribune de lAssemblée générale des
Nations unies, le 24 septembre 1996, le président américain Bill Clinton a souhaité
mobiliser la communauté des nations sur deux thèmes : la limitation et le contrôle des
armes nucléaires et des armes de destruction massive, et la lutte contre le terrorisme.
Un tiers de son intervention a été consacrée à ce dernier sujet, sur lequel il
sétait déjà appesanti devant la même assemblée, lautomne précédent.
"Lannée dernière, javais demandé aux nations rassemblées ici de
sengager à un objectif de "tolérance zéro" envers lagression, le
terrorisme et le comportement hors-la-loi, a rappelé le président américain. Franchement,
nous ne lavons toujours pas fait. La véritable "tolérance zéro"
signifie aucune aide et pas de quartier pour les terroristes qui assassinent
linnocent, les trafiquants de drogue qui empoisonnent nos enfants, et implique de
faire tout ce que nous pouvons pour empêcher des armes de destruction massive de tomber
dans les mauvaises mains. La véritable "tolérance zéro" nous demande
disoler des États qui refusent de jouer selon les règles que nous avons acceptées
comme bases dun comportement civilisé. Aussi longtemps que lIrak menace ses
voisins et son peuple, aussi longtemps que lIran soutient et protège des
terroristes, aussi longtemps que la Libye refuse de rendre les personnes qui ont fait
exploser le vol 103 de la Pan Am, ils ne devraient pas devenir des membres à part
entière de la famille des nations".
Bill Clinton a poursuivi en invitant à nouveau les États de lONU à adopter une
"Déclaration sur le crime et la sécurité publique", quil avait déjà
présentée un an auparavant et qui avait été adoptée entretemps par la Commission des
Nations-Unies sur le crime et par le Conseil économique et social des Nations-Unies. Ce
texte, fondée sur lengagement des parties contractantes de ne fournir aucun
sanctuaire aux terroristes, trafiquants de drogue, contrebandiers et criminels
internationaux, leur enverrait le message qu"il ny a nul endroit où
courir, nul endroit où se cacher". Le président américain a aussi proposé la
tenue dune Convention internationale sur les attentats à la bombe qui créerait le
cadre dune coopération trans-frontières contre leurs auteurs.
Irak-Iran-Libye: en ne désignant comme "États dévoyés" (rogue
states) que ces trois pays du Moyen-Orient et dAfrique du nord, Bill Clinton est
resté fidèle à une perception du terrorisme qui imprègne toute la diplomatie
américaine. Le Département dÉtat ajoute certes quatre autres pays à sa liste
rituelle et annuelle des États soutenant le terrorisme la Syrie, le Soudan,
Cuba et la Corée du nord mais le concept général reste une mise en
accusation de régimes sans lesquels, estiment les Américains, le terrorisme
naurait plus cours.
Le tiercé de Bill Clinton révèle en outre le champ de sa principale préoccupation en
matière de terrorisme: le Moyen-Orient. Les douze mois écoulés entre ses deux
interventions à lAssemblée générale des Nations unies, le confortent, il est
vrai, dans sa vigilance. Les États-Unis ont déploré 24 morts en deux attentats en
Arabie saoudite. Le 13 novembre 1995, une voiture piégée a explosé devant un bâtiment
abritant des conseillers militaires de la garde nationale saoudienne à Riyad, faisant
sept morts dont cinq Américains et une soixantaine de blessés. Quatre Saoudiens, anciens
combattants de la guerre dAfghanistan, furent reconnus coupables et décapités
courant mai, non sans avoir dénoncés après tortures les deux plus célèbres opposants
saoudiens en exil, le richissime Ossama Bin Laden, et Mohamed al-Massari, réfugié à
Londres.
Puis, le 25 juin 1996, un camion piégé détruisit un immeuble dhabitation de la
base aérienne del-Khobar, près de Dahran, tuant 19 soldats de lUS Air force
et blessant 147 Saoudiens, 119 Bangladeshis et 109 Américains. Lenquête fin
novembre navait toujours pas permis de désigner les coupables. Après avoir suivi
une piste pakistanaise, les enquêteurs saoudiens ont découvert une filière qui a
conduit, durant lété, à linterpellation de deux Koweitis et à leur
extradition de lémirat vers Riyad. La piste conduirait depuis lors au Hezbollah
libanais qui aurait offert à Baalbeck, dans la vallée de la Bekaa, des facilités à un
groupe dactivistes chiites saoudiens.
Les Américains restent agacés par lattitude de la monarchie saoudienne, et
particulièrement du ministre de lIntérieur, le prince Nayef Ibn Abd-el-Aziz, qui
refusent obstinément que lenquête soit conjointement menée par la police locale
et par le Federal bureau of investigation (FBI) américain. Les relations sont tellement
tendues que le FBI a dû démentir le 2 novembre une information selon laquelle il
sapprêtait à retirer ses agents dArabie saoudite.
Accusé par son opposition républicaine de mollesse dans la lutte antiterroriste, Bill
Clinton a réagi sur plusieurs fronts. En Arabie saoudite, toutes les forces américaines
ont été concentrées sur une base isolée dans le désert, à 250 kilomètres de Riyad.
Le président américain a par ailleurs annoncé, le 9 octobre, le déblocage dun
budget de 1,097 milliard de dollars pour la lutte contre-terroriste, qui financera plus
dune cinquantaine de programmes relevant principalement des ministères de la
Justice et de la Défense, de ladministration de laviation civile, du FBI et
du Bureau des alcools, tabac et armes à feu.
Sur la scène internationale, Bill Clinton a tenté
dimposer la lutte contre le terrorisme comme le principal sujet du sommet du G7 qui
sest tenu le 28 juin à Lyon. Il na levé son exigence quaprès la
promesse de la France dorganiser un sommet des ministres des Affaires étrangères
et de lIntérieur des sept pays les plus industrialisés, plus la Russie, un mois
plus tard. La rencontre a bien eu lieu, à Paris, les 30 et 31 juillet, et elle a
débouché sur ladoption de 25 mesures très diverses. Laccent a notamment
été mis sur la détection et le marquage des explosifs, une attention accrue sur
lutilisation par les terroristes en puissance des réseaux télématiques, la
surveillance de lusage du droit dasile, lintensification des échanges
dinformations sur les transferts de fonds et lobservation des organisations
caritatives pouvant servir de paravent à des organismes terroristes.
Outre les deux attentats anti-américains en Arabie saoudite, le terrorisme au
Moyen-Orient a également accaparé lattention de Bill Clinton, durant lhiver
1996, lorsque les États-Unis durent mobiliser toutes leurs ressources politiques et
médiatiques pour enrayer le délitement dun processus de paix dont ils se veulent
les garants. Le 13 mars, une délégation de plus de mille Américains alla jusquà
régler la sonorisation au "Sommet des bâtisseurs de la paix" qui se déroula
à Charm-el-cheikh, en Égypte, deux semaines après une vague dattentats-suicide
palestiniens qui tua plusieurs dizaines dIsraéliens à Jérusalem et à Tel-Aviv,
le 25 février puis les 3 et 4 mars. Les dirigeants de 29 États et institutions
internationales se réunirent quelques heures dans la station balnéaire du Sinaï pour
sengager à renforcer "la coopération bilatérale, régionale et
internationale" contre le terrorisme. Lexercice, de lavis des
observateurs, était avant tout politique: il sagissait de rassurer lopinion
publique israélienne et de conforter le Premier ministre israélien, Shimon Perès, à
deux mois délections législatives décisives qui débouchèrent dailleurs
sur sa défaite.
Moins de sept mois après le sommet de Charm-el-cheikh, Bill Clinton força cette fois le
nouveau Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, le président de
lAutorité palestinienne, Yasser Arafat, et le roi Hussein de Jordanie, à tenir
durgence un sommet à la Maison Blanche, à Washington, le 3 octobre. Six jours
auparavant, en un jeudi sanglant, des affrontements entre manifestants et policiers
palestiniens et forces de sécurité israélienne avaient fait plus de 70 morts. En moins
de 72 heures 25-26-27 septembre le bilan a atteint 84 morts, dont
15 Israéliens, 67 Palestiniens et 2 Égyptiens.
En revanche, lors de lopération israélienne "Raisins de la colère" de
pilonnage du Sud-Liban ordonnée le 1er avril par Shimon Perès après une escalade avec
le Hezbollah libanais, les États-Unis ont attendu 20 jours et le bombardement
par Israël de la base de lONU de Cana qui tua 112 réfugiés civils, le 18
avril pour envoyer le secrétaire dÉtat Warren Christopher dans la
région négocier un cessez-le-feu. Et le 4 novembre 1996, dans son adresse au peuple
israélien un an après lassassinat par un juif extrémiste de lun des alliés
quil admirait sans doute le plus, lancien Premier ministre Yitzhak Rabin, Bill
Clinton na pas dénoncé une seule fois lidéologie ultra-nationaliste
religieuse qui a poussé le meurtrier à abattre le Prix Nobel de la paix et qui menace
dangereusement le processus de paix.
Surtout Bill Clinton nest pas parvenu à rassembler ses alliés moyen-orientaux et
européens dans sa croisade contre le terrorisme islamiste. Selon la déposition du
sous-secrétaire dÉtat en charge du Moyen-Orient, Robert Pelletreau, devant la
commission des Relations internationales de la Chambre des représentants, le 25 septembre
1996, "combattre le terrorisme et sopposer à la prolifération des armes de
destruction massive" figure certes au troisième rang des "intérêts
nationaux cruciaux" des États-Unis au Moyen-Orient, mais il vient après "lachèvement
dune paix juste et durable entre Israël et ses voisins" et "le
maintien de notre engagement à long terme en faveur de la sécurité et du bien-être
dIsraël". Cet ordre de priorité nest pas sans conséquence sur la
perception américaine du terrorisme moyen-oriental. Celle-ci se révèle trés proche de
lisraélienne, et assez différente de celle des Européens.
Symbole de ces divergences, le sommet de Charm-el-cheikh
avait été loccasion pour le président français Jacques Chirac dempêcher
la mise en accusation dun pays, lIran, contre lequel le Premier ministre
israélien Shimon Perès souhaitait dresser une large coalition occidentale. Le chef de
lÉtat français avait également dénoncé le bouclage des Terrritoires
palestiniens qui contribue à lappauvrissement de leur population et qui favorise,
selon loptique française, le recours des islamistes au terrorisme.
Sur la scène internationale, Américains et Européens tentent certes, depuis la fin des
années 70, daccorder leurs analyses et leurs moyens dans la lutte contre le
terrorisme. Le 12 décembre 1995, pour la première fois, les ministres des Affaires
étrangères du G7 sétaient réunis, sur les bords du lac Meech au Canada, pour
définir un cadre de coopération dans ce domaine. Des pays aussi différents que les
Philippines, le Pakistan, la Turquie ou la Malaisie, sy sont depuis référés.
Européens, Américains et Japonais constatent par ailleurs lapparition de "menaces
trés déconcertantes car elles émanent de nous-mêmes", selon la formule
dun expert français. Attentat au gaz sarin à Tokyo, tragédies sectaires aux
États-Unis, en Suisse et en France, attentats dextrême-droite aux États-Unis...
Dans les différentes capitales, les analystes relèvent la perspective dun
"terrorisme post-moderne" sans arrière-plan politique et devenu le fait
dindividus ou de très petits groupes...
Au Proche-Orient, les Européens condamnent avec la même force que les Américains, les
actions terroristes perpertrées en Israël par les commandos Ezzedine el Qassam du Hamas
ou par le Jihad islamique. "Rien ne peut justifier ou faire admettre le recours au
terrorisme", a déclaré Jacques Chirac le 21 octobre, lors de sa visite en
Israël, devant les étudiants de lInstitut Technion de Haïfa. La question avait
dailleurs été évoquée la veille avec le chef de lÉtat syrien Hafez el
Assad. "Lun des fondements invariables de notre discours avec les Syriens,
les Iraniens, ou les Libyens, cest quun pays aujourdhui ne pourra pas
jouer de rôle significatif sur la scène régionale ou internationale tant quil
nintègrera pas la lutte contre le terrorisme comme une constante de sa politique",
affirme un diplomate français en charge des questions de sécurité. Linsertion de
la Syrie, et a fortiori de la Libye, dans le projet de coopération en
Méditerranée promu par lUnion européenne depuis fin 1995, est soumis à cette
condition. La déclaration de Barcelone, adoptée lors de la Conférence
euro-méditerranéenne les 27 et 28 novembre 1995 et paraphée entre autres par le
ministre des Affaires étrangères syrien, Farouk al-Chareh, engage notamment les pays
signataires, dans le cadre du Partenariat politique et de sécurité, à "renforcer
leur coopération pour prévenir et combattre le terrorisme". Cest
lun des rares documents internationaux signés par ce pays où figure un tel
engagement, et dautres pays signataires comme lAlgérie, la Tunisie ou
lÉgypte le prennent très au sérieux. Ils sappuient sur ce texte pour
réclamer plus de coopération des Européens dans leur lutte contre les islamistes
la Turquie fait de même en ayant cette fois pour cible la guérilla du Parti
des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Comme le Département dÉtat américain, le ministère des Affaires étrangères
français refuse par ailleurs de distinguer, comme ly invitent régulièrement la
Syrie ou lIran, entre "terrorisme" et "lutte de libération
nationale" ou "résistance". "Dès quon catégorise, on
devient ambivalent face à lusage de la violence, commente un diplomate. Une
embuscade du Hezbollah contre une patrouille israélienne au Sud-Liban, pour nous,
cest un recours à la terreur".
Pour autant, Européens et Américains divergent sur lanalyse des causes dun
attentat. Les États-Unis ne renoncent pas à la vision, née durant la guerre froide,
dun terrorisme dÉtat sabritant derrière lécran de groupuscules
fanatisés. "Dun côté, le terrorisme solitaire est apparu et de
lautre côté, le terrorisme sponsorisé par des États prospère paisiblement en
ces temps où la guerre dagression est devenue trop coûteuse et trop risquée,
juge ainsi dans le numéro de septembre-octobre 1996 de la revue Foreign Affairs, Walter
Laqueur, président du Conseil en recherche international du Centre détudes
stratégiques et internationales de Washington. Alors que le siècle touche à sa fin,
le terrorisme est devenu le substitut des grandes guerres du 19ème siècle et du début
du 20ème siècle".
La France, notamment, conteste cette vision jugée "trop rigide" ainsi que
"le manichéisme" de la mise à lindex de quelques pays. Le terrorisme
nest pas une étiquette quon oppose, "cest un mode opératoire
dactions visant à satisfaire des ambitions et des buts politiques, explique un
conseiller rattaché aux services du Premier ministre français. Il peut être le fait
dindividu comme de nimporte quel État. Et il ny a pas de différence
entre un militant qui se fait sauter au milieu dun bus et un chef de gouvernement
qui décide de bombarder indistinctement des zones habitées par des populations civiles,
les contraignant à lexil. Dans les deux cas, on utilise la terreur pour parvenir à
ses fins".
Le terrorisme est en outre devenu un phénomène trans-frontières, explique un diplomate.
"Les Afghans ayant combattu les Russes en Afghanistan et dont certains ont repris
du service sur dautres théâtres dopération, sont algériens, saoudiens ou
turcs, souligne-t-il. La lettre du GIA, al Ansar, fabriquée en
Grande-Bretagne ou en Norvège, se retrouve instantanément distribuée aux portes des
mosquées de Paris grâce au fax. Et les réseaux de financement bâtis en grande partie
sur la collecte via des associations écrans sont très bien implantés en Arabie
Saoudite, sinon... aux États-Unis".
Fort de ce constat, les services spécialisés français prônent donc une attitude très
pragmatique. Ils invitent les États-Unis à "balayer devant leurs portes" et à
se préoccuper davantage de la "transversalité" des réseaux de soutien au
terrorisme. Très préoccupée par lexpansion et labsence de contrôle des
réseaux télématiques et informatiques, la France a insisté pour que cette question
soit intégrée parmi les 25 mesures adoptées en juillet 1996 à Paris. Les États-Unis
rechignaient jusquici en affirmant quun contrôle des centres serveurs
porterait atteinte au Premier amendement de leur constitution, qui porte sur les libertés
individuelles.
Lune des raisons principales expliquant les
divergences américano-européennes est en fait la réalité de la menace qui pèse sur
chacun des États. Les risques endurés par la population américaine provoquent
dautres réponses que ceux éprouvés par les Britanniques confrontés à lIRA
ou par les Français lors de la vague dattentats de lété 1995. Tous les
experts français saccordent à estimer que le principal danger terroriste pesant
sur lHexagone réside dans une exportation de la violence qui déchire
lAlgérie. Un réseau du type de celui dans lequel était impliqué Khaled Kelkal,
beur de Vaulx-en-Velin devenu terroriste et abattu par les gendarmes le 29 septembre 1995,
peut en effet aisément être reconstitué en quelques mois, et en plus professionnel. Les
services de protection du territoire français portent par ailleurs également une grande
attention à la communauté immigrée turque, travaillée selon eux par des courants
islamistes et dextrême-droite mafieuse.
Le plus grand sujet de discorde entre lEurope et les États-Unis en matière de
terrorisme reste finalement, un pays, lIran, qui détient la troisième réserve
pétrolière connue du monde. Les pays du vieux-continent admettent, certes à mots
couverts, que Téhéran continue de mener des activités terroristes sur leur sol,
essentiellement lassassinat dopposants. Le service de contre-espionnage
allemand, le Bundesamts für Verfassungsschutz, aurait dailleurs fait appel début
1996 à des experts du Shin beth, le service de renseignement intérieur israélien.
Spécialisés en cryptographie, ceux-ci auraient participé à une opération de
surveillance des missions diplomatiques iranienne, syrienne et libyenne à Bonn. Le
procès des assassins présumés de quatre leaders kurdes iraniens tués à Berlin en
1992, a par ailleurs provoqué de vives tensions entre Bonn et Téhéran durant
lautomne. LIran a été rendu furieux par les conclusions du parquet fédéral
allemand qui a accusé le 15 novembre le Guide de la république iranien, layatollah
Ali Khamenei, davoir ordonné lattentat.
Néanmoins, lUnion européenne reste fidèle à sa politique du "dialogue
critique" avec Téhéran. LAllemagne, lItalie et la France notamment,
nentendent pas se détourner de ce marché. Fin septembre, lorganisme
semi-public dassurances des exportations françaises, la Coface, a ainsi repris sa
couverture des exportations vers lIran, interrompue en 1993. Les États-Unis ont eux
adopté une attitude totalement opposée. Le président Bill Clinton a signé, le 5 août
1996, une loi sur lIran et la Libye, The Iran and Libyan sanctions Act of 1996, qui
menace de sanctions les sociétés étrangères investissant en Iran une somme supérieure
à 40 millions de dollars.
De la compétition commerciale aussi dépend lappréciation du terrorisme. Face à
la commission des Relations internationales de la Chambre des représentants, Robert
Pelletreau désignait comme quatrième et sixième "intérêts nationaux cruciaux
à défendre": "Entretenir détroites relations avec nos alliés du
Golfe et garantir laccès des États-Unis aux réserves de pétrole vitales de la
région" et "augmenter les opportunités commerciales pour les compagnies
américaines".