Note de lecture

Israël-Palestine, désaccords de paix

Michel Alain

Ed. Hommes de parole, Lyon, 2001

C’est un ouvrage d’entretiens réalisé entre 2000 et 2001, après le début de la deuxième Intifada.
Trente et une personnes sont interrogées (Tom Segev, Amin Maalouf, Elias Sambar, André Chouraqui, Hani el-Hassan, Michel Rocard, Haider Abdel Shafi, Jean Frydman, Eyad Sarraj, Haim Tal, Amin Dabour, Arden Geldman, Claudette Habesch, Nadine Picaudou, Elie Barnavi, Fayçal Husseini, Alain Pierret, Jeff Halper, Christiane Nasser, Georges Hawi, Menachem Klein, Sheikh Ekrima Sabri, le Père Marcel Dubois, Shulamit Aloni, Hassan Balawi, Miguel Angel Moratinos, Lucien Lazare, Michel Sabbah, René Samuel Sirat, Mohamed Arkoun, Gilles Darmon, un curé arabe dans une ville israélienne).
On lit les entretiens avec intérêt, mais sans grande surprise. Les discours sont connus.
Une petite introduction d’Alain Frachon ne permet pas de faire une synthèse de ces entretiens accolés.
On peut aussi regretter l’absence des «Femmes en noir» et d’au moins un juif de la diaspora parmi les interlocuteurs.
On sort de cette lecture assez pessimiste sur la possibilité d’une paix réelle. La méconnaissance entre les deux peuples apparaît clairement. Ils se côtoient, mais n’ont pratiquement pas de contacts.
La conclusion d’Elias Sambar peut sembler réductrice. «C’est une histoire entre Israéliens, entre eux et eux-mêmes», affirme-t-il.
Ces témoignages réunis avant le 11 septembre 2001 serviront aux historiens, quand ils feront l’histoire de cette période post-Intifada El Aqsa. Livrés ainsi sans commentaire, ils ne donnent guère à ceux qui ne connaissent pas le problème de clés pour comprendre ce conflit.
Quant aux autres, ils y apprendront peu de choses nouvelles.
Alain Michel nous dit qu’il a découvert la peur chez ses interlocuteurs. Il affirme que «seules la connaissance et la reconnaissance des uns et des autres par un dialogue intensif vaincront les peurs». On ne demande qu’à le croire.

Régine Dhoquois-Cohen