Note de lecture parue dans le n°49
Egyptiennes. Cartes postales (1885-1930) Salah Stétié, Jean-Michel Belorgey Saint-Pourcin-sur-Sioule, éd. Bleu autour, 2003, 109 p., 20€ |
Cette petite maison d’édition de l’Allier vient de sortir un
magnifique ouvrage illustré par 87 cartes postales d’époque, en noir et blanc ou
en couleurs retouchées. Il ne s’agit que de femmes égyptiennes, voilées ou non,
habillées de pied en cap ou partiellement dénudées. Elles sont de tous âges et
de toutes conditions sociales. Il y a des paysannes, des citadines, des mères,
des courtisanes, des Arabes, des Nubiennes, des Tziganes, des turques, bref un
large panel de ces beautés du Nil.
Ces cartes postales viennent de la collection personnelle d’un des auteurs,
Jean- Michel Belorgey, ancien député, aujourd’hui membre du Conseil d’Etat.
Passionné de voyages et d’Afrique, il a notamment publié Transfuges-Voyages,
ruptures et métamorphoses : des Occidentaux en quête d’autres mondes,
Vichy-Tombouctou dans la tête et Femmes d’Afrique du Nord. Cartes postales.
Dans sa postface, il écrit : «Les femmes d’Egypte ont, comme celles du Maghreb,
durablement fait figure d’élément du paysage colonial, au même titre que les
pyramides, les mosquées, les bazars, les felouques et les âniers».
La préface est écrite par le poète et critique d’art libanais Salah Stétié. Ces
cartes postales ont été achetées par des touristes, il y a un siècle, auprès de
photographes anglais, français, italiens, grecs. Le poète leur en est
reconnaissant : «Que ce touriste à jamais inconnu, comme les personnages des
cartes postales dont il a fait choix le plus souvent par hasard, soit remercié,
oui, qu’il soit mille fois remercié d’avoir sauvé, en pays de hiéroglyphes, ce
quadrilatère de papier sur qui s’est imprimée l’image d’une fugitive figure du
temps, l’ombre d’une ombre».
Christophe Chiclet