Confluences Méditerranée                                          N°1            Automne 1991

 


Des immigrés dans la cité

Le Proche-Orient entre guerre et paix

 

Éditorial :
Les confluences des années 1990

(N°1, Automne 1991, 3 pages)

Hamadi Essid

Avec Confluences, nous proposons au lecteur une revue politique de réflexion et de dialogue. Je sais, par expérience, ce que ce genre de projet peut susciter, chez les amis, de scepticisme bienveillant : n'y a-t-il pas déjà assez de littérature politique ? Certes, mais les événements qui, depuis plusieurs mois, nous agitent, sont venus interrompre un rêve où quelques uns d'entre nous se sont un temps complus, celui de l'effondrement de l'ambition des idéologies et de la fin de la guerre froide.
Or la crise du Golfe, le démembrement de l'URSS, la guerre en Yougoslavie et les réactions que ces événements provoquent montrent bien que la confrontation Est-Ouest n'a fait que se déplacer en changeant d'acteurs et de scène et l'évaluation de cette crise mondiale par le personnel politique et les médias, en Occident comme dans le reste du monde, se révèle on ne peut plus idéologique.

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Des immigrés dans la cité


Un défi majeur : l'intégration urbaine
(N°1, Automne 1991, 5 pages)

Christian Bruschi
(professeur à Lyon III)

Il ne se passe pas quelques mois sans que revienne sur le devant de la scène la question de l'immigration : le frontières seraient une passoire et l'immigration clandestine prospérerait ; les jeunes issus de l'immigrations porteraient à son paroxysme le désespoir dans les banlieues du mal-vivre. Rarement une question aura été aussi propice à la polémique sans qu'un débat clair, nourri de données objectives puisse s'imposer. Les propos haineux d'une certaine extrême droite deviennent le centre d'un débat favorable à des dérives qui stigmatisent des populations qui sont désormais partie intégrante de notre société.

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L'intégration, une volonté politique
(N°1, Automne 1991, 14 pages)

Entretien avec Hubert Prévot
(secrétaire général à l'intégration)
Conduit par Christian Bruschi

Bien qu'il occupe une position clé dans la réflexion et l'action sur l'intégration, Hubert Prévot ne s'est guère exprimé publiquement sur ce sujet. En livrant ici ses analyses dépassionnées, fondées sur une grande connaissance du terrain, il contribue à donner au débat sur l'immigration son véritable sens.

 

 

Offrir aux jeunes les moyens d'être reconnus
(N°1, Automne 1991, 11 pages)

Entretien avec Yves Dauge
(chargé de mission auprès du président de la République, ancien délégué interministériel à la ville)
Conduit par Christian Bruschi

Une véritable prise de conscience de la complexité des problèmes de l'intégration s'est imposée ces dernières années. Yves Dauge pense qu'ils ne pourront être vraiment traités que si l'Etat s'avère capable de se moderniser en décloisonnant ses services pour permettre la transversalité et se rapprocher du terrain. Au-delà des indispensables réformes de structures et d'attitudes de l'administration, il estime urgent de proposer aux jeunes en difficulté des projets crédibles et forts par lesquels ils pourront acquérir la nécessaire reconnaissance sociale à laquelle ils aspirent tant pour s'intégrer à la vie sociale.

 

 

Les paradoxes de l'intégration
(N°1, Automne 1991, 10 pages)

Abdessalem Yahyaoui
(psychologue et psychothérapeute)

Après avoir expérimenté des concepts surchargés de sens, gommant la spécificité, tels que adaptation, assimilation, insertion, on se réfugie aujourd'hui dans un nouveau concept qui est l'intégration. Alors que les premiers laissent planer le goût amer d'un échec dont les retombées s'observent au niveau de certains quartiers dits "chauds", ce nouveau concept pourrait courir le risque de rester loin de la réalité de l'immigration et incapable de remplir la fonction qu'on "suppose" lui faire jouer à savoir le bien-être des   immigrés et une convivialité entre immigrés et Français.

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L'intégration comme objet de croyance
(N°1, Automne 1991, 11 pages)

Smaïn Laacher
(sociologue, Paris VIII)

Dans la cité, l'école, lieu d'accueil et de formation, semble privilégiée pour l'intégration. Mais quelle intégration ? ... Car "il ne suffit pas qu'un société dispose d'un stock culturel sur l'intégration sous forme de théories, d'images, de récits, d'histoires et d'histoire, de héros... pour que soit réalisée l'entrée en croyance".

 

 

Du rôle des élus
(N°1, Automne 1991, 9 pages)

Entretien avec Paul Picard
(maire de Mantes-la-Jolie)
Conduit par Jean-Paul Chagnollaud

Mantes-la-Jolie, la plus grande ZUP de France, a vu sa population tripler en dix ans (dont 30% d'étrangers) et la pauvreté croître dans la zone du Val Fourré, "véritable clapier prêt à exploser". Paul Picard, maire de cette agglomération d'Ile de France depuis quatre ans, croit à l'intégration, même si elle doit passer par la violence.

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Le Proche-Orient entre guerre et paix

 

Analyses croisées
(N°1, Automne 1991, 13 pages)

Hamadi Essid et Théo Klein

Pour Hamadi Essid, ancien directeur du Bureau de la Ligue arabe à Paris et actuel ambassadeur de Tunisie auprès de l'UNESCO et Théo Klein, ancien président du CRIF et dont l'ouvrage, Israël aux quatre vents du ciel, vient de paraître aux Éditions Lattès, le dialogue entre Palestiniens et Israéliens est nécessaire et inéluctable. C'est par le dialogue à tous les niveaux de la société que le spectre du refus de l'autre, de la haine et de la peur reculera et que la réalité de ces deux peuples et de leurs droits historiques que cette terre pourra enfin prévaloir. Hamadi Essid et Théo Klein on écrit ensemble, en 1988, Deux vérités en face, paru aux Éditions Lieu Commun.

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Palestiniens et Israéliens s'interrogent
(N°1, Automne 1991, 4 pages)

Jean-Paul Chagnollaud

Dans les semaines qui ont suivi la fin du la guerre du Golfe, la situation politique dan les territoires occupés paraissait singulièrement dégradée ; tous les témoignages recueillis traduisaient un mélange de fureur rentrée et de frustration profonde qui toutes deux conduisent à la désespérance.
Après cette guerre beaucoup de Palestiniens avaient ce goût d'amertume que laissent l'accumulation des échecs et des occasions manquées. Comme si, une fois encore, ils ne pouvaient que constater leur incapacité et leur impuissance à peser sur le cours des événements puisque, une fois encore, ils n'avaient été que les spectateurs d'une confrontation où d'autres parlaient à leur place et surtout prenaient des décisions capitales pour leur propre avenir.

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"Saddam n'est pas Saladin"
(N°1, Automne 1991, 5 pages)

Entretien avec Lova Eliav
conduit par Jean-Paul Chagnollaud

Lova Eliav est député du parti travailliste à la Knesset. Il s'efforce depuis plus de vingt ans, de nouer le dialogue avec les responsables palestiniens. Il est l'une des figures les plus représentatives du camp de la paix en Israël.

 

 

"Une majorité d'Israéliens en faveur d'un compromis"
(N°1, Automne 1991, 5 pages)

Entretien avec Deddy Zucker
conduit par Jean-Paul Chagnollaud

Deddy Zucker est député du mouvement pour les droits civiques (RATZ) à la Knesset depuis 1988. Il est l'un des leaders les plus représentatifs de la jeune génération d'Israéliens qui milite pour la paix avec les Palestiniens.

 

 

"Nous sommes les ennemis des Israéliens, pas leurs esclaves"
(N°1, Automne 1991, 6 pages)

Entretien avec Fayçal Husseini
conduit par Jean-Paul Chagnollaud

Fayçal Husseini, fils de Abdelkader Husseini, figure emblématique du nationalisme palestinien, est un des principaux leaders politiques dans les territoires occupés. Considéré comme un proche de Yasser Arafat, il est le chef de la délégation palestinienne qui mène les discussions avec James Baker.

 

 

Le désarroi de la maison palestinienne
(N°1, Automne 1991, 6 pages)

Entretiens avec Dr. Haydar Al-Shafi et Fayez Abou Rahmeh
conduits par Jean-Paul Chagnollaud

Dr. Haydar Al-Shafi, président du Croissant rouge palestinien à Gaza et membre influent du parti communiste, est un des leaders nationalistes les plus respectés dans les Territoires. Il fait partie de la délégation qui rencontre le secrétaire d'Etat américain James Baker.
Fayez Abou Rahmeh, proche de Yasser Arafat, a été longtemps le bâtonnier des avocats de Gaza. De 1985 à 1990, il a représenté les Territoires, avec Hanna Siniora, dans de multiples discussions internationales informelles.

 

 

La Jordanie en première ligne
(N°1, Automne 1991, 8 pages)

Bassma Kodmani-Darwish
(universitaire, Marne la Vallée et IFRI)

C'est parce qu'on ne peut rien faire sans elle pour régler le conflit israélo-arabe que la Jordanie s'est très vite réhabilité au plan diplomatique dès la fin de la guerre du Golfe. L'année 1991 se termine mieux qu'elle n'avait commencé et constitue, malgré la guerre, une nette amélioration de la situation de la Jordanie par rapport à l'année 1990 aux plans à la fois stratégique, politique et diplomatique, voire même économique.

 

La détermination du président Bush
(N°1, Automne 1991, 4 pages)

Entretien avec George McGovern
conduit par Jean-Paul Chagnollaud

George McGovern, ancien sénateur des Etats-Unis, répond aux questions de Jean-Paul Chagnollaud au sujet de l'évolution de la politique de l'administration américaine  vis-à-vis du processus de paix au Proche-Orient.

 

 

Monde arabe : dictature, démocratie et logique du droit
(N°1, Automne 1991, 8 pages)

Georges Corm
(économiste et auteur de nombreux ouvrages sur le Proche-Orient)

Au nom du droit à la civilisation, les armées étrangères ont, à nouveau, envahi le monde arabe. Quel bénéfice pour les peuples qui voyaient dans la fin de la Guerre froide, la fin de leurs divisions et l'amorce du règlement du conflit du Proche-Orient ? Quelles perspectives pour ceux qui, parmi eux, ont le plus souffert : Palestiniens et Libanais ? De quel nouvel ordre international s'agit-il et pour qui ?

 

 

France : le courage de dire non
(N°1, Automne 1991, 6 pages)

Michel Jobert
(ancien ministre)

Une guerre inutile au nom du droit international, invoqué haut et fort opportunément : qu'est venue faire la France dans cette galère, dans cette logique de guerre à la remorque des Etats-Unis ? Comment la France voit-elle le monde arabe et musulman et quel rôle peut-elle et veut-elle y jouer ?

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Le dialogue malgré la guerre
(N°1, Automne 1991, 12 pages)

André Azoulay
(président de Identité et Dialogue)
et
Régine Dhoquois-Cohen
(juriste et sociologue à Paris VII)

Comment être juif français pendant la guerre du Golfe et continuer à privilégier le dialogue entre les communautés juive et arabe, alors qu'Israël est menacé, que le peuple irakien est martyrisé et que l'OLP soutient l'agresseur ? Éléments de réponse avec André Azoulay et Régine Dhoquois-Cohen.

 

 

Confluences culturelles

 

CINÉMA

Izkor ! "Souvenez-vous"
(N°1, Automne 1991, 9 pages)

Entretien avec Eyal Sivan
conduit par Régine Dhoquois-Cohen

En Israël, au printemps, quatre célébrations fondamentales se succèdent : Pessah, fête de la liberté ; la Pâques juive qui marque la sortie d'Egypte des esclaves hébreux ; le "Jour de la commémoration de la Shoah et de l'Héroïsme", à la mémoire des Juifs victimes du génocide ; le "Jour de l'indépendance", fête nationale.
Cette période a été choisie par Eyal Sivan comme cadre temporel de son film Izkor - Les esclaves de la mémoire, qui a été tourné au mois d'avril 1990. Ce très beau film, montré à la télévision française dans le cadre de l'émission Océaniques de FR3 le 25 mars 1991, sort des sentiers battus sur Israël et sur le thème de la mémoire.
Régine Dhoquois-Cohen est allée voir Eyal Sivan pour qu'il nous en parle.

 

 

CHRONIQUE LITTÉRAIRE

Le Jardin du vaillant combattant
(N°1, Automne 1991, 10 pages)

de Terence O Donnell
(Extraits, traduits par Béatrice Favre)

Du temps où je vivais dans le "Jardin du vaillant combattant", j'avais deux amis qui m'étaient très chers. L'un était un avoué d'un certain âge qui s'appelait Mr. Dadgah, l'autre un marchand de grain nommé Mr. Bazargan. Mr. Dadgah était un petit homme ventru et court sur pattes. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il se tenait toujours penché en avant et marchait en se dandinant. Le visage rond, le nez chaussé de lunettes à monture d'acier, il ressemblait à une chouette et ses cheveux châtain, tels deux ailes, flottaient sur ses oreilles en mèches touffues. En toute circonstance et en tout lieu, il portait, juché sur le sommet du crâne un très haut chapeau. Je n'ai pas de souvenirs très précis de M. Pickwick, mais Mr. Dadgah me faisait penser à lui.

 

 

DOCUMENT

Les villes d'or
(N°1, Automne 1991, 4 pages)

de Louis Bertrand
(Extraits de "Les villes d'or : Algérie et Tunisie romaines", édité en 1930 par Arthème Fayard et Cie)

Dans notre Afrique du Nord, il y a trois villes, qui de l'avis des personnes compétentes, devraient être fouillées complètement et cela tout de suite, avant toutes les autres : Tipasa de Maurétanie, la ville des Nécropoles (il existait plusieurs Tipasa dans l'Afrique romaine, notamment Tipasa de Numidie, Tipasa Numidarum, non loin de Thubursicum, l'actuelle Khamissa : de la piste qui conduit à celle-ci, on voit les ruines, à demi ensevelies sous celle d'une forteresse byzantine). Ensuite, Hippone et Carthage.