Confluences Méditerranée                                           N°14                   Printemps 1995

 


Les immigrés
entre exclusion et intégration

Dossier préparé par Christian Bruschi

 

Avant-propos
(N°14, printemps 1995, 2 pages)

Christian Bruschi
(avocat et professeur à l'Université Lyon III)

L'immigration n'est pas un thème clé de la campagne présidentielle sauf pour le candidat qui continue d'en faire son fonds de commerce électoral. On ne peut que se réjouir de voir ainsi l'immigration cesser d'être un enjeu électoral, mais on se tromperait si l'on pensait que l'opinion française avait acquis toute la sérénité nécessaire sur le sujet. Il est tout aussi négatif d'occulter le débat que d'avoir un débat faussé.
Deux questions essentielles se posent, l'une relative aux flux migratoires, l'autre au creuset français.
L'histoire de l'humanité est en grande partie l'histoire des migrations. Celles-ci n'ont plus le même caractère que dans le passé o- elles ont longtemps été un facteur d'invasion ou de conquête. A l'époque contemporaine, l'arrivée du migrant d'une autre origine ne pose plus la question du pouvoir ni celle de la civilisation dominante. Les dernières migrations de cette nature sont les migrations coloniales qui avaient eu pour objet d'installer leur domination et de faire triompher leur civilisation.

Vous pouvez lire la totalité de cette introduction en double-cliquant ici

 

 

Mouvements de population dans le bassin méditerranéen
(N°14, printemps 1995, 10 pages)

Emile Temime
(Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris)

Le monde méditerranéen apparaît sur la carte comme un monde éclaté, divisé, protégé par des barrières naturelles, condamné au morcellement et à l'isolement. Les chaînes montagneuses qui, de l'Atlas nord-africain aux massifs pyrénéens et alpestres, s'étalent au-delà des Balkans pour se prolonger jusque dans les pays du Proche Orient, s'identifient à des frontières qui ne sont pas seulement climatiques. La vaste zone désertique qui se prolonge à partir du Sahara en direction de la péninsule arabique et rejoint les immenses étendues arides de l'Asie centrale n'est-elle pas une limite encore plus évidente, encore plus difficilement franchissable, même si les routes caravanières ont maintenu, de tout temps, des liens avec l'Afrique noire ou le monde extrême-oriental?

Vous pouvez lire la totalité de ce texte en double-cliquant ici

 

 

Le désir de partir
(N°14, printemps 1995, 6 pages)

Kamel Rarrbo
(Sociologue)

Partir, voyager, quitter un lieu, des proches et la terre des ancêtres a marqué et marque encore la symbolique et l'imaginaire des populations migrantes et des populations des pays d'origine. L'expérience migratoire est un des éléments de la culture méditerranéenne qui a été façonné par des siècles d'échanges, d'interpénétration, de mélange et de mixité culturelle aboutissant à ce que certains appellent et définissent comme l'ethos méditerranéen.

 

 

Scolarisation des enfants d'immigrés
Etat des lieux et état des questions en France
(N°14, printemps 1995, 36 pages)

Françoise Lorcerie
(Chercheur, CNRS)

La scolarisation des enfants d'immigrés en France est placée sous le signe du paradoxe. La question est perçue comme pertinente, mais elle n'est presque jamais construite comme telle dans les documents publics. Ni les politiques publiques, ni les catégories officielles, ni les statistiques à grande échelle dont nous disposons (elles sont faites par des organismes publics, INSEE et DEP) n'utilisent la catégorie "immigré" encore moins "enfant d'immigré", sauf exception. Globalement, le phénomène sur lequel on s'interroge n'est capté qu'indirectement, par le biais d'un jeu de caractéristiques: statut juridique (français/étranger), lieu de naissance, statut socio-économique, lieu de résidence éventuellement. Or aucune de ces caractéristiques personnelles, ni leur intersection, ne correspond bien à ce qu'on cherche à appréhender. Le sujet de cet article a donc pour premier trait d'être occulté par l'appareil public, et, faute de recherche spécifique, d'exister d'abord sur le mode de la "rumeur" (Dubet 1988 187), de l'"opinion publique" (Prunet 1992: 8), y compris dans un appareil public qui, piégé dans son refus de principe de comptabiliser et de décrire cette réalité, tient à son propos des discours d'évidence. Si bien que tout parti-pris descriptif implique une posture critique.

 

 

Maghrébins d'ici et d'ailleurs
(N°14, printemps 1995, 6 pages)

Mohamed Hammadi Bekouchi
( psycho-sociologue et professeur à la Faculté des Lettres de Casablanca)

Attiré par un monde dominant, l'émigré s'embarque dans un processus d'exode pour améliorer le niveau de vie de sa famille élargie. Poussé à s'expatrier par son groupe, c'est alors la survie et le maintien de sa communauté qui commandent son exil. Ce preneur volontaire de risque abandonne son lieu d'origine avec beaucoup d'appréhension, car il n'a qu'une idée vague et souvent fausse de la terre qui va l'accueillir.

 

 

L'immigration, objet du débat politique
(N°14, printemps 1995, 8 pages)

Catherine Withol de Wenden
( directeur de recherche au CNRS)

Depuis une douzaine d'années, l'immigration est devenue un thème central du débat politique, à l'échelon national et local en France, mais aussi chez nos voisins européens comme l'Allemagne, l'Autriche ou l'Italie. Confiné auparavant, dans les années 70, à des débats de spécialistes ou de militants, le thème a envahi la scène politique au cours des années 80 en changeant quelque peu de nature: l'approche économiciste (coûts/avantages) ou ouvriériste (place des immigrés dans le mouvement ouvrier) a cédé la place à l'approche politique, voire politicienne (maîtrise des flux, réfugiés, citoyenneté-nationalité, identité nationale) et culturelle (intégration, islam, communautarisme, multiculturalisme ou assimilation). La décennie 90 semble, d'ores et déjà, marquée par de nouveaux enjeux, à dominante plus géopolitique (l'Europe et l'Islam, demandeurs d'asile dans le monde, allégeances et ingérences, citoyenneté en Europe) ou au contraire plus locale et domestique (familles, banlieues, exclusion).

Vous pouvez lire la totalité de ce texte en double-cliquant ici

 

 

Respect des droits fondamentaux et police des étrangers
(N°14, printemps 1995, 8 pages)

Christian Bruschi
(avocat et professeur à l'Université Lyon III)

Dans les sociétés modernes promises à la citoyenneté, les étrangers forment une catégorie particulière composée de non-citoyens. Comme l'avaient pressenti certains esprits au début de la Révolution, la façon dont une société traite ses non-citoyens est l'aune qui permet de mesurer le respect des droits fondamentaux. De plus, le rapport à l'étranger révèle le regard qu'une société porte sur elle-même; il traduit ses angoisses sur son avenir.
La France aime bien les commémorations, mais il ne semble pas que les pouvoirs publics célébreront le cinquantenaire de l'ordonnance du 2ÿnovembre 1945 qui reste le texte de référence en matière de droit des étrangers. Ce texte, une fois de plus, vient d'être remanié; il ne s'agit pas de quelques corrections, mais d'une modification en profondeur. Notre droit des étrangers a été bouleversé sans qu'on s'en rende compte du premier coup d'oeil. Les multiples touches qui y ont été apportées relèvent d'une volonté cohérente. Ce changement ne peut être dissocié de la réforme décisive de la nationalité qui a substitué la manifestation de volonté au droit du sol.

 

 

Quelques unes des conséquences des lois sur les étrangers
(N°14, printemps 1995, 6 pages)

Isabelle Denise
(juriste)

Une seule personne assure à la Ligue des Droits de l'Homme le service juridique. 70% de l'activité de ce service est consacrée au droit des étrangers. Une centaine de coups de téléphone par jour, 906 personnes reçues en 1994, 2483 courriers envoyés, 191 dossiers constitués, toujours en 1994, et 240 interventions d'urgence faites par télécopie ou par téléphone donnent la mesure de la détresse de beaucoup d'étrangers. Bien sûr à ces chiffres, il faudrait ajouter ceux de toutes les permanences juridiques pour étrangers, du GISTI à la CIMADE en passant par le MRAP, l'ANAFE, l'Association FTDA etc. à Cette situation n'est pas nouvelle, mais elle s'est considérablement aggravée dès le début 1993, c'est à dire avant le vote des lois. Les guichets ont anticipé sur les lois, inventant des circulaires, se fondant sur des circulaires non publiées donc non opposables, tardant à enregistrer des demandes qui étaient encore recevables début 93 - comme les demandes de nationalité française pour des enfants mineurs - et qui ne l'étaient plus après les lois sur la nationalité du 22 juillet 1993 et sur l'entrée et le séjour des étrangers en France du 22 août 1993.

Isabelle Denise, responsable du service juridique de la LDH expose ici quelques uns des principaux problèmes auxquels elle a été confrontée depuis 1993.

 

 

Les musulmans en Europe : vers quel modèle d'intégration ?
(N°14, printemps 1995, 8 pages)

Robert Bistolfi
(fonctionnaire à la Communauté Européenne)

En cette fin de siècle, l'effondrement des idéologies séculières de la libération laisse les hommes désemparés, en quête de sens collectif. Tous les grands systèmes sont en crise. A l'est, sur les décombres du millénarisme communiste, des sociétés déstructurées sont à la recherche de nouvelles raisons de vivre ensemble, et leur démarche redonne souvent vie aux plus vieux mythes fondateurs du groupe. Au sud immédiat, les espoirs qui avaient accompagné les luttes anti-coloniales, avec les grands élans mobilisateurs du panarabisme et du pan-africanisme, ont laissé la place, dans leur brutale retombée, à des désespérances sociales où s'alimentent tous les extrémismes. A l'ouest du continent, enfin, le triomphe d'un capitalisme sans rivages met à mal les anciens compromis: les "acquis sociaux" que les social-démocraties avaient su négocier sont progressivement remis en cause, les exclusions croissent, et l'idée même de progrès, d'un progrès dépendant de l'ingéniosité et de la volonté des hommes, cette idée qui avait été confortée par les succès économiques des "trente glorieuses" en est profondément dévalorisée.

 

 

Coopération et immigration
(N°14, printemps 1995, 6 pages)

Tahar Rahmani
(Directeur général de l'Association 3CI )

Durant des décennies, l'immigration a été un puissant levier d'ajustement et de développement de l'économie française. Cette migration de travail a considérablement soutenu les capacités de production. Les secteurs de la construction automobile, de la sidérurgie, du bâtiment et des travaux publics (les fameux kilomètres d'autoroute construits par les immigrés) et bien d'autres activités surtout à caractère industriel, ont bénéficié de cette main-d'oeuvre bon marché. Après les deux guerres, en vue de reconstruire le pays, mais plus près de nous ensuite, pratiquement durant quinze années (1960-1975), la restructuration de l'appareil économique français s'est réalisée en grande partie avec la force de travail de cette population contrôlée et sous-payée par le patronat qui détenait de fait, plus que l'Etat, le vrai pouvoir sur cette immigration économique.

 

 

"Les femmes aux Italiens"
(N°14, printemps 1995, 8 pages)

Touria Hadraoui

L'auteur présente ici une chronique de la vie quotidienne d'un village marocain, Fqih Ben Salah, où pratiquement tous les hommes en âge de travailler ont émigré vers l'Italie. Elle décrit ce moment particulier où les hommes reviennent pour quelques semaines dans leur famille.

 

 

La situation en Algérie

 

Les armes de la politique ou la politique des armes
(N°14, printemps 1995, 8 pages)

Bernard Ravenel
(historien )

L'adoption à Rome par l'opposition algérienne d'une plate-forme commune comme base de négociation avec le pouvoir pour la formation d'un gouvernement de transition préparant de nouvelles élections, constitue un fait capital dans cette interminable phase dramatique que traverse le peuple algérien depuis trois ans.

 

 

Document : plate-forme pour une solution politique et pacifique
de la crise algérienne

(N°14, printemps 1995, 6 pages)

Les partis de l'opposition algérienne, réunis à Rome auprès de la Communauté de Sant-Egidio, déclarent en ce 13 janvier 1995:
L'Algérie traverse aujourd'hui une épreuve tragique sans précédent.
Plus de trente ans après avoir chèrement payé son indépendance, le peuple n'a pas pu voir se réaliser les principes et tous les objectifs du 1er novembre 1954 et a vu s'éloigner progressivement tous les espoirs nés après octobre 1988.
Aujourd'hui, le peuple algérien vit un climat de terreur jamais égalé, aggravé par des conditions sociales et économiques intolérables. Dans cette guerre sans images: séquestrations, disparitions, assassinats, torture systématisée, mutilations et représailles sont devenus le lot quotidien des Algériennes et des Algériens.
Les conséquences des événements de juin 91 et du coup d'Etat du 11 janvier 1992, l'interruption du processus électoral, la fermeture du champ politique, la dissolution du FIS, l'instauration de l'état d'urgence et les mesures répressives et les réactions qu'elles ont suscitées, ont engendré une logique d'affrontement.
Depuis, la violence n'a cessé de s'amplifier et de s'étendre. Les tentatives du pouvoir de créer des milices au sein de la population marquent une nouvelle étape dans la politique du pire. Les risques de guerre civile sont réels, menaçant l'intégrité physique du peuple, l'unité du pays et la souveraineté nationale.
L'urgence d'une solution globale, politique et équitable s'impose afin d'ouvrir d'autres perspectives à une population qui aspire à la paix, la stabilité et à la légitimité populaire.
Le pouvoir n'a initié que de faux dialogues qui ont servi de paravents à des décisions unilatérales et à la politique du fait accompli.
Une véritable négociation reste l'unique moyen pour parvenir à une issue pacifique et démocratique.

 

 

Le processus de paix au Proche-Orient

 

Les implantations, obstacles à la paix
(N°14, printemps 1995, 10 pages)

Entretien avec Haydat Abdel Shafi
(Président du Croissant rouge palestinien)

Le docteur Haydar Abdel Shafi est président du Croissant rouge palestinien. Il fut le chef de la délégation palestinienne aux premières négociations de Madrid. Il a accepté de me recevoir dans sa maison de Gaza et de répondre, pour Confluences, à mes questions sur la situation du processus de paix .

(Propos recueillis et traduits par Régine Dhoquois-Cohen)

 

 

La situation dans l'ex-Yougoslavie

 

La Grèce et les conflits dans l'ex-Yougoslavie
(N°14, printemps 1995, 8 pages)

Entretien avec Théodoros Pangalos
conduit par Christophe Chiclet

Economiste et universitaire, Théodoros Pangalos a rempli plusieurs fonctions au sein du gouvernement grec: secrétaire d'Etat au Commerce de 1982 à 1984, ministre des Affaires européennes de 1984 à 1985, de 1987 à 1989 et enfin de 1993 à 1994). Il répond ici aux questions de Christophe Chiclet à propos de la position de la Grèce à l'égard du conflit qui déchire l'ex-Yougoslavie.

 

 

Document : Appel aux citoyens de Sarajevo
(N°14, printemps 1995, 7 pages)

Le cercle 99-Sarajevo

A l'initiative du Cercle 99 Sarajevo, représenté ici par l'Association Sarajevo à Paris, une pétition pour Sarajevo libre et unitaire a été signée par environ 200 000 habitants de Sarajevo (qui en compte 350ÿ000) dont le maire de la ville. Elle manifeste avec force la volonté majoritaire de la population de Sarajevo de maintenir une ville ouverte, unitaire, multiculturelle, en un mot exemplaire pour l'Europe. Cet appel est proposé à la signature de tous les citoyens européens et doit être présenté par le député européen italien Alexandre Langer, en avril 1995, au Parlement européen. Nous reproduisons ici:

1 - La présentation du Cercle 99
2 - La déclaration de principe du Cercle 99
3 - L'appel général et public aux citoyens de Sarajevo
4 - La déclaration de Sarajevo libre et unitaire

 

 

Confluences culturelles

 

La mer et les Arabes
(N°14, printemps 1995, 6 pages)

Salah Stétié
(écrivain)

Les Arabes, gens du désert, ont pour la mer de l'aversion. Une aversion qui n'exclut pas la fascination. De cette fascination, j'en veux pour preuve le fait, si étrange pour des continentaux affirmés, de s'identifier par rapport à elle, en fonction d'elle. Ne se définissent-ils pas couramment comme les ressortissants d'un monde -  le monde arabe -  qui va, disent-ils, du Golfe à l'Océan. Cet Océan qui est l'Atlantique, ce Golfe dont ils ont âprement disputé la dénomination au voisin iranien : de Golfe persique pour l'Iran, Golfe arabique pour les Arabes, il est devenu, à la suite d'une véritable négociation diplomatique, Golfe arabo-persique.
Et pourtant, dis-je, chez eux, quel désamour séculaire de la mer, quel effroi ! Le Coran, qui jette un beau et grand regard sur la totalité des éléments, ne pouvait manquer de l'évoquer. Il le fait sobrement, brièvement, pour en dire essentiellement ceci :

Vous pouvez lire la totalité de ce texte en double-cliquant ici

 

 

Regard sur la littérature albanaise
(N°14, printemps 1995, 5 pages)

Skender Sherifi
(journaliste, écrivain, traducteur)

La littérature albanaise fut souvent l'oeuvre d'ecclésiastiques nourris de voyages et d'un savoir universel, ou bien d'hommes de lettres ouverts sur le monde, en prise directe avec le destin de leur pays. Chose curieuse, les Albanais ont toujours été dirigés par des intellectuels issus des sphères littéraires. Tous ont voulu laisser une trace d'écrivain ou de philosophe. Ainsi, leur destin personnel fut intimement lié à celui de la nation. Heureusement pour l'Albanie et les Albanais en général, il s'agissait d'hommes souvent exceptionnels, tous formés dans les plus grandes écoles européennes, tous possédant la maîtrise de plusieurs langues étrangères, et munis d'une culture humaniste et universelle.

 

 

Alexandre Roubtzoff, peintre de lumière
(N°14, printemps 1995, 2 pages)

Association des Amis d'Alexandre Roubtzoff

La vie de l'artiste Alexandre Roubtzoff s'est déroulée entre Saint Petersbourg où il est né en 1884, la France son pays d'adoption et la Tunisie où il débarqua par hasard en 1914, y rencontra la lumière et où décida de s'y fixer jusqu'à sa mort en 1949.
Son tempérament de nomade l'avait mené dans de nombreux pays de Méditerranée. De chacune de ses pérégrinations, en Italie, en Espagne, en Turquie et dans l'ensemble des pays d'Afrique du Nord, Alexandre Roubtzoff a rapporté une volumineuse documentation, des carnets remplis de croquis, d'esquisses et d'anecdotes. Il en tirera peintures, aquarelles et dessins où la lumière est reine et l'expression libérée de toute contrainte linéaire; pas de contours, pas de limites; des masses colorées, des transparences, des formes fluides, transcendées par une lumière impalpable...
Toute son oeuvre est consacrée à l'étude de la lumière.

Tableaux d'Alexandre Roubtzoff

14roubtzoff1.jpg (103915 octets)

14roubtzoff2.jpg (111674 octets)

14roubtzoff3.jpg (110069 octets)

Double-cliquez sur les tableaux ci-dessus pour les avoir en taille réelle

 

 

Sarajevo, une heure avant la nuit
(N°14, printemps 1995, 8 pages)

Une nouvelle de Zarina Khan

La ville de Sarajevo est vide. Un peu blanche. Il a neigé, à peine. On entend le crissement de petites roulettes sur la route défoncée. On peut voir le ciel d'hiver, métallique et les nuages qui se déplacent au rythme du crissement. Le son devient plus présent, relayé par un petit frottement qu'on va situer: plusieurs jerricans reliés les uns aux autres frottent et s'entrechoquent doucement, créant cette musique cadencée. Les jerricans sont vides: on aperçoit à peine un fond de liquide un peu trouble, les tendeurs distendus, la corde et les fils de fer qui les relient forment une drôle d'architecture, en mouvement.