Confluences Méditerranée                                       N°21                 Printemps 1997

 


Le Maghreb face à la mondialisation

Dossier préparé par Jean-Paul Chagnollaud et Bernard Ravenel

 

Projet euro-méditerranéen et mondialisation
(N°21, Printemps 1997, 8 pages)

Agnès Chevallier

(économiste au CEPII
auteur avec Isabelle Bensidoun de Europe-Méditerranée, le pari de l’ouverture, Economica, Paris 1996)

    La Méditerranée du Sud et de l’Est est, dans son ensemble, restée à l’écart de ce qui est apparu comme l’évolution la plus marquante de l’économie mondiale au cours des dix dernières années: l’émergence d’un nombre grandissant d’économies en développement dont la croissance s’est accélérée et dont l’insertion dans les flux d’échanges et les flux financiers internationaux a fortement progressé. Parmi les pays méditerranéens, certains ont enregistré, dans ces deux domaines, des progrès notables. Mais d’autres ont stagné. Pour d’autres encore, la chute des prix des hydrocarbures a marqué l’épuisement d’un mode de développement nourri par la rente: ils ont connu une forte récession et leur part dans les échanges mondiaux a régressé. Au total, le revenu des habitants de l’ensemble de la région n’a, en moyenne, plus progressé depuis 1985. Les transformations structurelles, bien que très inégales selon les pays, ont été souvent plus tardives et moins décisives qu’ailleurs. Les pesanteurs internes ont joué à cet égard un rôle évidemment essentiel.

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Les nouveaux accords entre l’Union européenne et les pays arabes
(N°21, Printemps 1997, 10 pages)

Bichara Khader
(professeur à l’Université catholique de Louvain et directeur du CERMAC
    auteur de plusieurs ouvrages dont Le partenariat euro-méditerranéen après la conférence de Barcelone, L’Harmattan, 1996)

    Depuis 1995, dans le cadre de la nouvelle politique de partenariat, l’Union européenne s’est engagée dans la signature de nouveaux accord d’association avec les pays arabes. Cet article en fait une présentation d’ensemble.

 

 

Le projet culturel euro-méditerranéen
Intentions et réalités
(N°21, Printemps 1997, 10 pages)

Paul Balta
(journaliste et écrivain)

    Paradoxalement, la dimension culturelle de la Déclaration de Barcelone adoptée par la Conférence euro-méditerranéenne (27-28 novembre 1995) a été — sauf en Espagne et au Portugal au moment de la rencontre — généralement ignorée par les médias. Même des revues scientifiques ou spécialisées ont privilégié les aspects économiques et politiques et fait l’impasse sur le troisième volet relatif au "partenariat dans les domaines social, culturel et humain: destiné à développer les ressources humaines, favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles".

 

 

Quels défis pour les échanges méditerranéens?
(N°21, Printemps 1997, 8 pages)

Mohammed Fouad Ammor
(professeur à la Faculté de Droit de Fès, Maroc)

    La réussite du projet d'établissement de la zone de libre-échange en tant qu'étape s'inscrivant dans un processus ascendant est liée au degré de stabilité géostratégique régionale. Tout le problème réside dans la détermination, de part et d'autre de la Méditerranée, à réaliser les conditions indispensables à cette stabilité. Dans cette perspective, un travail d'échange interculturel d'envergure au niveau des sociétés civiles s'avère incontournable pour relever les véritables défis. Ceux-ci sont non seulement économiques et géostratégiques mais aussi et surtout axiologiques et culturels.

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Les syndicalistes européens et la concurrence du Sud
(N°21, Printemps 1997, 4 pages)

Entretien avec Patrick Itschert

(secrétaire général du Comité syndical européen Textile, Habillement, Cuir
membre de la Confédération européenne des syndicats-CES)

    Si le libre-échange qui se met en place est un pari sur l’avenir pour le Maghreb, il pose aussi de sérieux problèmes aux syndicalistes européens qui doivent accompagner auprès de leurs adhérents, les profondes mutations qu’il provoque dans un secteur comme le textile, particulièrement vulnérable à la concurrence des pays du Sud.

 

 

L’accord de libre-échange entre la Tunisie et l’Union européenne
Un impératif, des espoirs, des inquiétudes
(N°21, Printemps 1997, 6 pages)

Mahmoud Ben Romdhane
(professeur à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Tunis)

     L’accord de libre-échange que le Maroc et la Tunisie ont signé avec l’Union européenne (UE) et que de nombreux autres pays de la rive sud de la Méditerranée s’apprêtent à signer ouvre une ère nouvelle dans les relations entre la rive sud et la rive nord de la Méditerranée, entre le monde arabe et l’Europe. Pour la Tunisie, deux arguments plaident pour son intégration à une zone de libre-échange (ZLE) avec l’UE: sa petite taille et l’intensité considérable de ses échanges avec cette région.

 

 

Le nouvel accord de libre-échange entre le Maroc et l’Union européenne:Un pari à hauts risques
(N°21, Printemps 1997, 14 pages)

Fouad Zaïm et Larabi Jaïdi
(économiste à  l'université de Casablanca)

    Après le premier accord CEE-Maroc de 1969, puis celui de 1976 (doté d’un protocole additionnel en 1988), le Maroc a paraphé avec l’Union européenne le 15 novembre 1995 un accord d’association dit de la troisième génération s’inscrivant dans le cadre du renforcement de la politique méditerranéenne de l’Union européenne. Cet accord devait entrer en vigueur en janvier 1997.

 

 

L'économie algérienne et le programme d'ajustement structurel
(N°21, Printemps 1997, 8 pages)

Ahmed Bouyacoub
(économiste à l'université d’Oran)

     L'économie algérienne est soumise au programme d'ajustement structurel depuis la signature en avril 1994, d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et l'acceptation, pour la première fois de son histoire, de rééchelonner ses dettes extérieures vis-à-vis des Clubs de Paris et de Londres. Cet engagement dans le rééchelonnement a été repoussé par tous les gouvernements qui se sont succédé, depuis l'apparition de la crise de 1988 jusqu'à la fin de l'année 1993, année au cours de laquelle le service de la dette extérieure (rapport entre la valeur des remboursements annuels et celle des exportations) avait atteint le taux record de 86%.

 

 

Une mondialisation non négociée
(N°21, Printemps 1997, 6  pages)

Entretien avec Ghazi Hidouci

     Ghazi Hidouci, ancien ministre de l'Economie dans le gouvernement algérien conduit par Mouloud Hamrouche de septembre 1989 à juin 1991, analyse les implications économiques et sociales de l’ouverture économique pour l’Algérie.

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L'inquiétante détérioration de la situation économique en Algérie
(N°21, Printemps 1997,    8 pages)

Hélène Bravin
(journaliste)

    Algérie, bonne élève du FMI? Pas vraiment, au vu notamment de deux rapports, l'un émanant du gouvernement algérien datant de novembre 1996 et l'autre du FMI, où l'on peut apprendre que les deniers largement octroyés par le FMI, n'ont servi ni aux investissements des entreprises, ni aux chômeurs, ni à la construction de logements comme cela était prévu mais uniquement au renflouement des caisses de l'Etat, extrêmement déficitaires, et à l'importation en masse de biens de consommation. Par ailleurs ces rapports montrent que la dette extérieure de l'Algérie a encore augmenté afin de couvrir... les intérêts de la nouvelle dette due au rééchelonnement! Ce qui conduit à une situation extrêmement difficile pour la grande majorité des Algériens qui ne sont pas insérés dans des circuits privilégiés.

 

 

Actuel

 

Transition démocratique dans l’ex-Yougoslavie
(N°21, Printemps 1997, 6 pages)

Christophe Chiclet
(journaliste)

    Depuis l'automne 1995, les armes se sont tues en Yougoslavie. Les américains ont imposé les accords de Dayton. Mais aujourd'hui c'est le problème de la transition démocratique qui se pose avec acuité, aussi bien en Serbie qu'en Croatie. La guerre étant terminée, les populations ne sont plus en proie à la propagande belliciste. Elles commencent à relever la tête et exiger la démocratie. Depuis fin novembre 1996, l'hétéroclite opposition serbe a réussi à déstabiliser Slobodan Milosevic. En Croatie, les Zagrebois rejettent l'autoritarisme du président Tudjman.

Deux grands écrivains yougoslaves impliqués dans ce combat pour la démocratie donnent leurs avis sur les événements en cours: le Serbe Vidosav Stevanovic et le Croate Predrag Matvejevic .

 

 

A propos de l’accord sur Hébron
(N°21, Printemps 1997, 4 pages)

Martine Timsit
(chercheur)

     Avec dix mois de retard sur le calendrier prévu par l'Accord intérimaire du 28 septembre 1995, l'Autorité palestinienne et le gouvernement israélien sont parvenus à la signature du Protocole d'accord sur Hébron le 15 janvier 1997  . D'abord retardées par l'ancien Premier ministre Shimon Pérès en raison des attentats sanglants de février-mars 1996 imputés au Hamas, les négociations sur le redéploiement de l'armée israélienne à Hébron ont ensuite traîné en longueur du fait de la volonté du nouveau gouvernement Likoud d'obtenir toutes les garanties nécessaires au maintien et à la sécurité des 450 familles juives religieuses implantées en plein cœur de la ville.

 

 

"La Judée et la Samarie sont, pour nous, des terres indispensables"
(N°21, Printemps 1997, 4 pages)

Entretien avec Itzhak Shamir

    Chef du groupe ultra-nationaliste Stern de 1943 à 1948, Itzhak Shamir a été successivement président de la Knesset et ministre des Affaires étrangères entre 1977 et 1982 puis Premier ministre d'Israël de 1983 à 1984 et de 1986 à 1992. Il réaffirme ici ses positions intransigeantes sur la question essentielle de la rétrocession de la Cisjordanie et de Gaza aux Palestiniens.

 

 

Les peurs suscitées par les mouvements islamistes en France et en Europe
(N°21, Printemps 1997, 10 pages)

Cécile Jolly
(Travaille sur la Méditerranée au Commissariat général du Plan)

    Depuis leur émergence et surtout leur enracinement dans les années 70, les mouvements islamistes ont alimenté des peurs de toutes sortes sur la rive nord de la Méditerranée et singulièrement en France. Peur de l'altérité que caractérisait déjà la figure de l'immigré maghrébin, peur du terrorisme avec le développement des attentats en France, peur de ces nouveaux acteurs auxquels les décideurs politiques n'ont pas été accoutumés et qui souhaitent remplacer les acteurs nationalistes que la France avait combattus pour conserver son empire colonial.

 

 

Confluences culturelles

 

Une passerelle entre deux navires
(N°21, Printemps 1997, 6 pages)

Entretien avec Emile Habibi

    "Les Israéliens ne trouveront pas, malgré tout, une société arabe aussi disposée que la société palestinienne à les comprendre et à entretenir avec eux des relations loyales et désintéressées;  nous nous trouvons tous sur la même barque" déclare Émile Habibi, le célèbre écrivain et ancien membre de la Knesset qui avait mis fin, voilà plus de dix ans, à son activité au sein du Parti Communiste Israélien et s'était retiré de la scène politique pour se consacrer à l'écriture et à la publication de son œuvre. Publiée par Haaretz dans son supplément du 12 avril 1996 et reprise en arabe par al-Ayyam, l'interview accordée par Émile Habibi au journaliste Youssef Algazy est la dernière en date avant le décès de l'écrivain.

 

 

Le Liban à la rencontre des autres cultures
(N°21, Printemps 1997,  6 pages)

Entretien avec le père Sélim Abou

        Le père Sélim Abou représente l'une des figures majeures de la scène universitaire et intellectuelle libanaise. Docteur ès lettres, recteur de l'Université Saint Joseph de Beyrouth, jésuite, spécialiste des questions d'interculturalité, il a développé les études de terrain, en Amérique Latine et au Liban, pour produire des ouvrages dont certains font désormais figure de classiques: Liban déraciné, dans la prestigieuse collection Terre Humaine chez Plon (1978, 1987); L'identité culturelle, enseigné dans les facultés (1981,1995); ou encore Culture et Droits de l'homme (1992) Retour au Paranà (1993), ou, plus récemment, La "République" jésuite des Guaranis (1608-1768) et son héritage (Plon-Perrin/UNESCO, 1996). Il vient d'achever la supervision de la plus vaste enquête jamais menée sur l'usage du français au Liban: au total deux années d'enquête, et 77 000 questionnaires administrés. La parution de ce dernier ouvrage, est l'occasion de faire le point sur 40 ans de recherches et d'enseignement sur l'interculturalité.

 

 

Tanger et ses sortilèges
(N°21, Printemps 1997,  10 pages)

Boubkeur El Kouche
(écrivain, auteur notamment de Regarde, voici Tanger, 1997, éd. L'Harmattan, coll. Les Cahiers de Confluences)

    Il existe, à quelques encablures de l'Espagne, un véritable petit paradis, une ville bénie des dieux qui ignore le désordre, la haine et le fanatisme, une ville chargée de promesses et de rêves. Cette cité, fruit de noces passionnées de l'Afrique et de l'Europe, est enivrante comme le parfum des fleurs d'orangers, ensorcelante comme le chant d'une sirène.
Cette ville, située au carrefour où la Méditerranée s'unit à l'Atlantique, a accueilli une multitude de peuples: Phéniciens, Carthaginois, Romains, Espagnols, Arabes, Portugais, Anglais, Français, Italiens, Allemands...

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Puerta de la Alcazaba

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Mosquée des Aïssaouas et la Casbah

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L'ancien Petit Sokko

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