Confluences Méditerranée
N°29
Printemps 1999
Armée et pouvoir
Dossier préparé par Christophe Chiclet et
Bernard Ravenel
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Armée et pouvoir
(N°29, Printemps 1999, 9 pages)
Bernard Ravenel
Pour trois pays méditerranéens au moins,
l'année 99 est marquée par une échéance électorale forte avec une présidentielle en
Algérie et des législatives en Israël et en Turquie. Dans ces trois pays et dans des
conditions évidemment très différentes, cette échéance met en jeu les rapports entre
pouvoir civil et pouvoir militaire dans une phase lourde d'incertitude sur l'avenir des
nations concernées.
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MAGHREB
Les armées en politique : des trajectoires
différentes
(N°29, Printemps 1999, 18 pages)
Jean-François Daguzan
(maître de recherche)
Dans la littérature qui a été
consacrée aux pays du Maghreb depuis leur accession à l'indépendance, les travaux
concernant stricto sensu les forces armées sont rares. Le fait militaire semble à la
fois avoir été exalté dans sa symbolique nationale et gommé dans l'analyse politique
(sauf dans le cas de l'Algérie et, dans une moindre mesure, dans celui du Maroc des
années 1970). Ajoutons également que l'accès aux sources et la suspicion jetée par les
militaires sur tout observateur trop empressé (national ou étranger) a largement
découragé les bonnes volontés.
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L'armée, la nation et l'Etat en Algérie
(N°29, Printemps 1999, 8 pages)
Lahouari Addi
(professeur de sociologie)
Les pays du
tiers monde dont l'indépendance a été acquise par la violence présentent des systèmes
politiques structurés autour de l'armée. Celle-ci, pour des raisons historiques, se
trouve au cur du procès de construction de l'Etat, souvent dans des formes
institutionnelles dont il faut apprendre à lire les significations cachées. En Algérie,
l'armée est présentée dans la Constitution comme une institution de l'Etat, dépendant
de la Présidence de la République. Mais la réalité est plus complexe dans la mesure
où la Présidence est en fait l'émanation de l'armée, voire une annexe du ministère de
la Défense, animée par des militaires habillés en civil occupant les postes de
Secrétaire Général, Directeur du cabiner, etc. La Présidence est l'institution par
laquelle l'armée contrôle l'Etat et trace la ligne à suivre au Gouvernement.
EX-YOUGOSLAVIE
De la JNA à la nouvelle Armée : captation d'héritage
(N°29, Printemps 1999, 10 pages)
Jean-Arnault Dérens
(agrégé d'histoire et journaliste)
Plus qu'aucune structure de l'héritage
titiste, l'armée yougoslave a fait sa mue tardivement. D'Armée populaire yougoslave
(Jugoslavenska narodna armija-JNA), elle est devenue l'Armée yougoslave (Jugoslavenska
Vojska), perdant non seulement le qualificatif de "populaire", mais abandonnant
aussi pour celui de Vojska le nom d'Armija, chargé de références à la lutte des
Partisans. Pourtant, ce n'est que récemment que les nouveaux insignes se sont
généralisés sur les écussons des soldats : au lieu de l'étoile rouge, ils arborent
désormais l'aigle bicéphale de la dynastie serbe des Karadjordjevic.
La nouvelle armée
libanaise :
Instrument du pouvoir ou acteur politique ?
(N°29, Printemps 1999, 15 pages)
Hubert Dupont
(pseudonyme)
L'étude des forces
armées dans la reconstruction politique passe d'abord par l'examen de la reconstruction
des forces armées elles-mêmes. Le processus et les modalités de cette reconstruction
fournissent à la fois les indices du rétablissement du pouvoir d'Etat et les signes de
la recomposition sociétale au sortir de la guerre. En même temps, cette reconstruction,
dont l'enjeu apparaît à tous, est une des préoccupations majeures du pouvoir et l'objet
de ses soins.
Les généraux turcs, maîtres du contrôle à distance
(N°29, Printemps 1999, 8 pages)
Jean-Christophe Ploquin
En juin 1997, l'état-majeur turc a
parfaitement réussi le "coup d'Etat de velours" qui a conduit à la démission
du gouvernement dirigé par le Premier ministre islamiste Necmettin Erbakan. Malgré leur
haute main sur les affaires civiles et judiciaires, les généraux ne parviennent pourtant
pas à enrayer les poussées islamistes et kurdes sur la scène politique.
GRÈCE
Primauté du pouvoir civil sur les militaires
(N°29, Printemps 1999, 15 pages)
Nicos C. Alivizatos
(avocat)
Attirer l'attention sur les règles et les
pratiques en cours, ne signifie ni ne sous-entend que les règles légales soient un moyen
suffisant d'assurer la suprématie des civils sur les militaires sous un gouvernement
constitutionnel.
Les institutions et leur fonctionnement sont avant tout le reflet de la situation sociale,
politique et culturelle qu'elles n'affectent que de façon secondaire, une fois atteint un
certain degré de certitude dans une relation par définition incertaine. Aborder la
dimension institutionnelle des relations entre civils et militaires dans un pays donné
demande donc un minimum de connaissances sur le contexte historique, ainsi qu'une idée
générale des mentalités dominantes.
Abdullah Ocalan se heurte au
mur de l'Europe
(N°29, Printemps 1999, 4 pages)
Jean-Christophe Ploquin
La capture
du leader kurde Abdullah Öcalan, le 15 février à Nairobi (Kenya) a été un drame pour
une grande majorité de Kurdes de Turquie et au sein de la diaspora vivant en Europe.
POINT DE VUE
Islam et
démocratie dans le monde arabo-islamique
(N°29, Printemps 1999, 8 pages)
Aziz Enhaili et Bassam Adam
(doctorants à l'Université de Laval)
Sur les ruines de l'ancien système
international bipolaire s'érige un système unipolaire alliant et la mondialisation des
échanges économiques et l'universalité de l'utopie démocratique. Ici et là, on se
demande pourquoi le monde arabo-islamique constitue l'exception à la règle de la
propagation de la vague déferlante de la démocratie sur plusieurs rives. Plusieurs
propositions ont été avancées pour expliquer ce fait : la religion, la culture,
l'économie, etc. Quant à nous, nous optons pour le facteur politique.
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La politique
tunisienne face à la guerre d'Algérie
(N°29, Printemps 1999, 12 pages)
Giampaolo Calchi Novati
(universitaire)
Pendant la guerre d'Algérie, en raison de
leur position géographique et de leurs liens historiques, la Tunisie et le Maroc étaient
destinés à devenir une extension du champ de bataille. En tant qu'Etats indépendants,
ils ne manquaient pas de tenir compte de leurs projets nationaux et de la spécificité de
leurs intérêts, en concurrence avec l'Egypte nassérienne, autre "parrain" de
l'insurrection algérienne, très soucieux de garder son hégémonie sur le monde arabe.
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L'uvre d'Amos Oz
ou le choix de l'espérance
(N°29, Printemps 1999, 10 pages)
Brigitte Alberhen-Claparède
(chercheur)
Amos Oz appartient à la génération des
écrivains engagés de la deuxième génération qui accédèrent à la maturité dans les
années soixante et souffrirent de la perte graduelle des valeurs du sionisme socialiste.
Il demeure attaché à une certaine idée de la mission de l'intellectuel. Il aime dire
qu'il souhaiterait posséder deux stylos : un pour écrire des romans et un pour écrire
ses colères de citoyen. Les deux stylos élaborent néanmoins une représentation de la
société israélienne où écriture poétique et écriture engagée jouent avec
l'imaginaire collectif israélien et inventent une nouvelle manière de penser le
sionisme.