Islam et laïcité Parcours européens Dirigé par Robert Bistolfi |
L'islam et la Cité, l'Islam dans la
cité...
(N°32, Hiver 1999-2000, 5 pages)
Robert Bistolfi
Par méconnaissance des faits ou choix idéologiques,
nombreux sont encore ceux qui se refusent à reconnaître que la présence musulmane est
une composante forte désormais inscrite à demeure de la diversité
culturelle des sociétés européennes. Même lorsque cette pérennité est admise, des
interrogations demeurent. Elles sont souvent nourries par des stéréotypes anciennement
constitués, remontant à lépoque coloniale et plus en amont encore. Elles sont
sans cesse réactivées par certains médias sous-informés, malveillants ou avides de
sensationnel.
Les articles de ce numéro sordonnent autour de trois axes :
une réflexion sur laptitude du modèle laïque français à intégrer
" le fait musulman " ;
une illustration de la diversité doctrinale des intellectuels musulmans ;
une présentation des structures daccueil de lislam et des musulmans dans
quelques pays de lUnion européenne.
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L'accueil de l'islam en France et la
laïcité
(N°32, Hiver 1999-2000, 7 pages)
Michel Morineau
(directeur des Etudes et des Recherches à la Ligue de l'enseignement,
secrétaire général du Cercle Condorcet)
Si l'on tient aux observations de la vie quotidienne, la France laïque de l'an 2000 n'est pas très disposée à accueillir l'islam favorablement ! Les institutions comme les citoyens sont pour le moins réticents !
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L'islam de France sera-t-il républicain ?
(N°32, Hiver 1999-2000, 14 pages)
Didier Motchane
(magistrat)
En choisissant pour thème de sa présente livraison les rapports de l'islam et de la laïcité, la revue Confluences Méditerranée se place d'emblée au cur de la plus décisive des questions qui vont gouverner l'avenir de l'islam dans ce l'on est convenu d'appeler sa rencontre avec la modernité, décisive évidemment ici et ailleurs pour l'islam lui-même, mais également essentielle en France pour l'avenir de la nation.
La laïcité : malentendus
et représentations
(N°32, Hiver 1999-2000, 8 pages)
Lahouari Addi
(universitaire, Lyon)
Le débat sur la laïcité a connu en France une vigueur nouvelle dans les années 80 et 90, mené souvent dans la presse avec passion, voire intolérance, ce qui est paradoxal par rapport au contenu de la laïcité qui est fondamentalement respect des consciences individuelles et des libertés religieuses.
Islam et pouvoir
séculier
(N°32, Hiver 1999-2000, 10 pages)
Abdou Filali-Ansary
(chercheur, directeur de Prologues, revue maghrébine du
livre)
Certaines vérités élémentaires sont toujours bonnes à rappeler. Le propos s'en trouve souvent éclairé. Entre philosophie et religion il est une différence essentielle. La première est une démarche individuelle : même lorsqu'elle aboutit à former système ou doctrine, elle reste du domaine de la construction que fait chaque individu pour son propre compte. En religion par contre, il y a toujours une vérité donnée, acceptée d'avance, et, mieux encore, héritée au niveau d'un groupe social. La vérité est un héritage : voilà en quoi réside la nature paradoxale de l'attitude religieuse. La vérité est, au surplus, un héritage collectif, qui unit des individus, en fait une communauté et définit pour eux une identité. Vérité et identité se trouvent liées, et leur lien s'étend dans la durée. C'est ce qui fait la permanence du groupe social ou de la communauté.
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Islam minoritaire, islam
majoritaire
(N°32, Hiver 1999-2000, 20 pages)
Entretien avec Tareq Ramadan
conduit par Robert Bistolfi
Tareq Ramadan, professeur de philosophie au Collège de Genève et de civilisation islamique à l'Université de Fribourg, est engagé depuis plusieurs années dans le débat concernant l'islam en Europe et dans le monde. Son dernier ouvrage, paru en octobre 1999 aux éditions Tawid, a pour titre : Être musulman européen.
L'islam face à la laïcité
française
(N°32, Hiver 1999-2000, 10 pages)
Soheib Bencheikh
(mufti de Marseille)
La recherche de la compatibilité de l'islam avec la
laïcité est inutile. Elle risque même d'être injuste notamment si on en fait une
condition préalable à l'intégration de cette religion dans le champ du droit.
Toute l'épaisseur idéologique accolée à la laïcité, toutes ces idées libératrices,
progressistes, athées ou anticléricales avec lesquelles je puis converger ou diverger,
n'ont en pratique aucune légalité et ne jouissent d'aucun consensus.
Islam, christianisme, judaïsme :
le trompe-l'il des "trois intégrismes"
(N°32, Hiver 1999-2000, 4 pages)
François Burgat
(chercheur, CNRS, Sanaa, Yémen)
La construction analogique que font médias et, parfois, chercheurs, des "trois intégrismes" réputés affecter pareillement les monothéismes méditerranéens provoque une "sur-idéologisation" opacifiante de la lecture des tensions politiques dans cette région du monde et pérennise la vieille dérive essentialiste et théologocentriste du regard orientaliste sur le monde musulman.
L'islam dans la société
allemande :
un changement culturel majeur
(N°32, Hiver 1999-2000, 15 pages)
Gérard Gabert
(Office franco-allemand pour la Jeunesse)
Cet article cherche à présenter les principales questions liées à l'islam dans la société allemande : la diversité musulmane, la prédominance turque, les problèmes d'insertion sociale et l'enseignement religieux.
L'islam aux Pays-Bas :
culture ou religion ?
(N°32, Hiver 1999-2000, 12 pages)
Han Entzinger
(professeur à l' Université d'Utrecht, directeur scientifique
de l'Ecole néerlandaise pour la recherche des sciences sociales)
Il y a trente ans, en 1970, le nombre de musulmans aux Pays-Bas s'élevait à 50 000. Aujourd'hui ce chiffre se situe aux alentours de 700 000, soit 4,5% de la population totale. La plupart d'entre eux sont originaires de Turquie (300 000) et du Maroc (250 000) et sont soit immigrés eux-mêmes, soit issus de l'immigration. En outre, on trouve aussi des musulmans parmi les immigrés en provenance de divers pays comme le Surinam, l'Indonésie, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Iraq, l'Iran, la Bosnie...
(Traduit de l'anglais par Anatole Muchnik)
Communautés musulmanes en Grande-Bretagne :
de la marge au cur du système ?
(N°32, Hiver 1999-2000, 11 pages)
Phillip Lewis
(maître de conférences en Etudes religieuses à l'Université
de Leeds,
conseiller multi-confessionnel auprès de l'évêque anglican de Bradford
auteur de Islamic Britain : religion, politics and identity among British Muslims,
I.B. Tauris, Londres, 1994.)
L'installation significative de musulmans en Grande-Bretagne est un phénomène récent. En 1951, le pays ne comptait probablement pas plus de 25 000 résidents musulmans, nombre qui atteignait le million en 1991 pour sans doute approcher le double vers 2011. Près de 75% de ces communautés proviennent d'Asie du Sud et bon nombre de leurs représentants sont directement issus de la paysannerie rurale. En outre, plus du tiers de ce million est né au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. Il y aurait jusqu'à 5 000 convertis.
(Traduit de l'anglais par Anatole Muchnik)
Les arabesques de
l'islam dans l'architecture laïque
(N°32, Hiver 1999-2000, 12 pages)
Jacqueline Costa-Lascoux
(directrice de recherches au CNRS)
Les manifestations du religieux sont, aujourd'hui, diverses et paradoxales. Certains proclament un "retour du religieux", d'autres observent que les sociétés européennes n'ont jamais connu un taux de pratiques religieuses aussi faible, particulièrement chez les jeunes : 12 à 16% de pratiquants réguliers sur la population totale, selon le World Values Survey de 1984. Les vocations se font rates. Le denier du culte s'amenuise au point que les demandes de subvention aux pouvoirs publics se multiplient, au nom d'associations culturelles. Les édifices religieux s'ouvrent à des manifestations profanes et à des "séminaires" laïques. Dans le même temps, les débats sur le "désenchantement du monde", sur l'avenir de l'homme et la génétique, avivent nos convictions. Ce panorama contrasté favorise les contraires : d'un côté, des intégrismes prônent des vérités absolues, de l'autre, un dialogue s'engage sous la houlette de la laïcité. Quant aux sectes, elles profitent du désarroi en s'infiltrant dans les zones d'ombre.
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Actuel |
Crises politiques
et perspectives démocratiques dans la région méditerranéenne :
le rôle de l'Europe
(N°32, Hiver 1999-2000, 9 pages)
Madjid Benchikh
(universitaire, Cergy-Pontoise)
Des crises politiques multiplies affectent la région méditerranéenne. Dans plusieurs pays, chacun peut observer des violations graves et répétées des Droits de l'homme et des libertés démocratiques tant en Afrique du Nord qu'en Europe.
Document :
une lettre d'Abdelkader Hachni au ministre algérien de
l'Intérieur
(N°32, Hiver 1999-2000, 1 pages)
La rédaction de Confluences a eu connaissance par des sources fiables d'une lettre que Abdelkader Hachni a envoyée le 26 octobre 1999 au ministère algérien de l'Intérieur (avec un double à la présidence de la République et à des avocats) quelques semaines avant son assassinat. Il nous a paru utile d'en publier des extraits laissant au lecteur le soin de les interpréter.
Algérie : référendum
sur la "concorde civile"
Les leçons d'un scrutin
(N°32, Hiver 1999-2000, 7 pages)
Abderrahim Lamchichi
Les Algériens ont plébiscité la loi sur la "concorde civile et pour la paix" soumise jeudi 16 septembre 1999 à référendum par le président Abdelaziz Bouteflika. Le "oui" l'a, en effet, emporté avec 98,63% des voix.
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Macédoine : élections
présidentielles
(N°32, Hiver 1999-2000, 6 pages)
Christophe Chiclet
Les 31 octobre et 14 novembre 1999, 1,6 million de citoyens macédoniens était appelés à élire leur nouveau président de la République. L'explosion du Kosovo voisin a eu de fortes répercussions sur ce scrutin. L'écart minime entre les deux candidats, les fraudes importantes, les prodromes d'affrontement interethniques, fragilisent un État au bord de l'implosion. Le pouvoir en place a "sauvé sa peau" de justesse.
Tunisie : la fiction
pluraliste
(N°32, Hiver 1999-2000, 10 pages)
Olfa Lamloum et Bernard Ravenel
Il n'y a pas eu de surprise et il ne pouvait pas y en avoir : la majorité "bulgare" de 99,44% de votes obtenue par le président sortant Zine Al Abedine Ben Ali, réélu le dimanche 24 octobre 1999 pour son troisième mandat, est surtout révélatrice d'un pluralisme purement de façade. En effet ces élections présidentielles, présentées parfois par la presse internationale comme les premières élections pluralistes du fait de l'existence de deux candidats supplémentaires, ne laissaient aucune chance aux deux concurrents de Ben Ali. Et il ne pouvait en être autrement dans un pays tenu par un "régime policier des plus obtus", où l'inscription au parti du président, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), est souvent la condition pour accéder à divers avantages économiques et sociaux. Les opposants politiques, et pas seulement les islamistes, ont été éliminés ou on fini en prison où l'usage de la torture est la règle.