Politique et religion en pays d'islam Diversités méditerranéennes Dirigé par Robert Bistolfi |
L'islam et la Cité, l'Islam dans la
cité...
(N°32, Hiver 1999-2000, 5 pages)
Robert Bistolfi
Par méconnaissance des faits ou choix idéologique, nombreux sont
encore ceux qui se refusent à reconnaître que la présence musulmane est une composante
forte désormais inscrite à demeure de la diversité culturelle des
sociétés européennes. Même lorsque cette pérennité est admise, des interrogations
demeurent. Elles sont souvent nourries par des stéréotypes anciennement constitués,
remontant à lépoque coloniale et plus en amont encore. Elles sont sans cesse
réactivées par certains médias sous-informés, malveillants ou avides de sensationnel.
Lislam et la Cité, lIslam dans la cité... Les deux thèmes regroupent les
principales questions que les non-musulmans se posent : la relation de la religion et du
politique ; les incompatibilités concrètes de certaines pratiques liées à la culture
islamique avec létat de nos sociétés.
Aider à combler le manque dinformations et, ce faisant, répondre à certaines
interrogations légitimes, tel est lobjectif que Confluences Méditerranée
sest fixé en consacrant deux numéros spéciaux à ces thèmes.
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Pouvoir religieux et pouvoir politique au Moyen-Orient
De la tradition ottomane à la modernité réformiste
(N°33, Printemps 2000, 19 pages)
Pierre-Jean Luizard
(chargé de recherche au CNRS et historien de l'islam
contemporain des pays arabes du Moyen-Orient)
L'islam est d'abord ce qu'en font les musulmans. Il est aussi ce qu'ils en ont fait à travers les siècles, dans le cadre des empires, des royaumes et des émirats qu'ils ont fondés sur une aire géographique qui va de l'Atlantique à l'archipel indonésien. Il n'est donc pas un, mais multiple, même si des tendances "civilisationnelles" régies par le temps long et les effets récents de la mondialisation semblent unifier, par certains aspects, des aires par ailleurs très dissemblables.
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Islam, laïcité et modernité :
l'exemple des sociétés arabes contemporaines
(N°33, Printemps 2000, 11 pages)
Burhan Ghalioun
(directeur du Centre d'Etudes sur l'Orient contemporain et professeur
de sociologie à Paris III,
auteur notamment de Le malaise arabe, L'Etat contre la nation et Islam et
politique, la modernité trahie, tous publiés aux éditions La Découverte)
Même dans les pays appartenant à la même culture et traversant les mêmes avatars de l'histoire comme les pays musulmans avec leur combat commun pour la rénovation religieuse et contre la colonisation européenne, les processus de modernisation ne sont pas les mêmes. Ce n'est pas la place de la laïcité dans l'idéologie dominante ou dans la perception de la modernité qui change, en rapport avec les différentes trajectoires historiques, mais également sa sémantique.
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Laïcité autoritaire en Tunisie et en Turquie
(N°33, Printemps 2000, 24 pages)
Abderrahim Lamchichi
Les sociétés musulmanes contemporaines ont subi, depuis les décolonisations, de profondes mutations sociales et culturelles ; elles semblent cependant, bien souvent encore, tiraillées entre une modernité importée - qui s'est traduite, dans certains cas, par une laïcisation autoritaire - et des formes de contestation empruntant parfois le langage religieux.
La laïcité en
Turquie : une vieille idée moderne
(N°33, Printemps 2000, 14 pages)
Jean Marcou
(professeur à l'IEP de Grenoble et chercheur au CERAT)
La laïcité est probablement l'un des aspects les plus remarquables et les plus commentés de la Turquie contemporaine. Cette spécificité laïque peut être envisagée sous deux angles. D'une part, la Turquie est le seul pays musulman à s'être engagé dans un processus de laïcisation aussi radical, d'autre part, elle est l'un des rares États dans le monde qui ont inscrit la laïcité dans leur texte constitutionnel. L'article 2 de la Constitution de 1982 déclare en effet : "La République de Turquie est un État de droit démocratique, laïque et social, respectueux des droits de l'homme dans un esprit de paix sociale, de solidarité nationale et de justice, attaché au nationalisme d'Atatürk (...)".
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Idéologie laïque et exigences religieuses :
le paradoxe démocratique turc
(N°33, Printemps 2000, 13 pages)
Entretien avec Semih Vaner
Conduit par Robert Bistolfi
Semih Vaner, chercheur au Centre d'Études et de Recherches Internationales (CERI), est directeur des Cahiers d'Études sur la Méditerranée orientale et le Monde Turco-Iranien (CEMOTI). Sous le titre "Laïcité(s) en France et en Turquie", le Cahier n°19 (janvier-juin 1995) avait réuni un ensemble d'études comparatives dont l'intérêt demeure pleinement actuel.
La laïcité, l'espace public et le défi islamiste en Turquie
(N°33, Printemps 2000, 10 pages)
Nilüfer Göle
(professeur de sociologie à Bogaziçi University, Istanbul, et
chercheur associé au Cadis, EHESS, Paris,
auteur notamment de Musulmanes et modernes. Voile et civilisation en Turquie, éd.
La Découverte, 1993)
Le cas turc nous offre un terrain privilégié pour analyser les rapports de force entre les acteurs laïques et islamistes. Tout d'abord, la Turquie à cause de son passé non-colonial a une tradition très forte et continue des élites dirigeantes, qui ont visé depuis le XIXe siècle la réforme de la société turque dans le sens de la laïcité et de la modernité occidentales. Et aujourd'hui on peut dire que ce projet a réussi à s'implanter dans la société civile, dans l'imaginaire social de beaucoup de Turcs. Mais en même temps, il a été défié, à plusieurs reprises, par l'islam politique.
Politique
et religion en Tunisie
(N°33, Printemps 2000, 9 pages)
Yadh Ben Achour
(professeur à la Faculté des Sciences juridiques, politiques et
sociales de Tunis)
La Tunisie n'échappe pas à la règle générale vécue par les États musulmans : la démocratie populiste prépare infailliblement la voie aux intégrismes. Le pays peut se vanter aujourd'hui d'avoir échappée à la montée violente de l'intégrisme qu'a connue le monde islamique. Pourquoi ?
État et système d'enseignement en Algérie
ou comment le système rentier s'asservit de l'islamité de
circonstance
(N°33, Printemps 2000, 9 pages)
Saïda Rahal-Sidhoum
(ex-enseignante, Faculté de sciences économiques d'Alger)
Comme ses États voisins, Maroc et Tunisie, l'Algérie inscrit l'islam religion de l'Etat dès que l'indépendance est réalisée. Le slogan des oulémas (les savants) : "une patrie : l'Algérie, une religion : l'islam, une langue : l'arabe" va nourrir un discours qui s'éloigne d plus en plus des idéaux à l'origine du 1er novembre 1954, date du déclenchement de la lutte de libération nationales.
Algérie :
levons le voile
(N°33, Printemps 2000, 15 pages)
Smaïl Goumeziane
(universitaire, ancien ministre du Commerce du gouvernement
Hamrouche,
auteur notamment de Le mal algérien, économie politique d'une
transition inachevée, éd. Fayard, Paris, 1994)
"La différence d'opinion au sein de mon peuple
est un signe de la générosité de Dieu."
Affirmation prêtée au Prophète Mohammed
in Noël J. Coulson, Histoire du droit islamique, éd. PUF.
L'islam est aujourd'hui au centre des luttes politiques pour le pouvoir en Algérie. Mais cela n'est pas nouveau. Depuis son apparition et sa transmission, l'islam est l'objet de toutes les luttes intestines.
Au-delà du laïcisme autoritaire et de
l'islamisme radical
Les enjeux de la démocratie pluraliste
(N°33, Printemps 2000, 5 pages)
Abderrahim Lamchichi
L'examen de la situation des rares pays musulmans (comme la Tunisie de Bourguiba et de Ben Ali, la première République kémaliste ou encore la Turquie des généraux) qui ont appliqué une politique de modernisation autoritaire et forcée, montre que le principe de la laïcité y a été, en fait , trahi, perverti, mal appliqué.
Actuel |
Le statut des femmes au
Maroc :
un éternel recommencement
(N°33, Printemps 2000, 7 pages)
Najia Zirari
(enseignante au Maroc)
La nomination d'un gouvernement dit d'alternance en avril 1998, présidé par un Premier ministre socialiste, a enclenché un sentiment d'optimisme et d'espoir presque généralisé, chez les femmes aussi, et ce en dépit de sa composition hétérogène et d'obédiences idéologiques diamétralement opposées.
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Allemagne : la réforme
du code de la nationalité
(N°33, Printemps 2000, 4 pages)
Michel Verrier
(journaliste à Berlin)
Le nouveau code de la nationalité en vigueur depuis le 1er janvier est une révolution culturelle pour l'Allemagne. Sa réforme principale : "élargit le principe de filiation au droit acquis par la naissance. Tous les enfants nés en Allemagne dont un parent au moins y réside légalement depuis huit ans - ou bien depuis trois ans avec un titre de séjour illimité - seront considérés comme des citoyens allemands", résume le ministère de l'Intérieur à Berlin.
Candidature de la Turquie à l'Union européenne
La Turquie reste sceptique
(N°33, Printemps 2000, 3 pages)
Jean-Christophe Ploquin
Les quinze États de l'Union européenne ont accepté de reconnaître à la Turquie le statut de candidat. Mais ils l'ont fait en posant certaines conditions, incitant Ankara à la circonspection.
Confluences culturelles |
Une mosquée en
Europe
(N°33, Printemps 2000, 4 pages)
Mathieu Julien
(architecte)
Après la fête de l'Aïd de 2000 marquant la clôture du Ramadan, les représentants des communautés musulmanes de France se sont entretenus avec le chef de l'Etat français. Le soir de cette rencontre, la presse a manifesté un grand intérêt pour l'événement et a souligné que l'islam français était trop peu représenté en tant que deuxième religion.
Mosquée en Bosnie |
Mosquée en Indonésie |
Mosquée aux Etats-Unis |
Le Centre islamique de Rome
Mosquée du Centre islamique de Rome |
Projet concurrent à celui de Portoghesi |
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Gabriel Audisio, Albert Camus et Jean Sénac
Entre Algérie française et Algérie musulmane
(N°33, Printemps 2000, 11 pages)
Claude Liauzu
(universitaire, Paris VII)
Les conflits identitaires dont les sociétés méditerranéennes sont l'un des épicentres, la théorisation de la guerre des cultures par Samuel Huntington, qui fait de la Mer du milieu des terres un front majeur, l'obsession de la pureté ethnique dans les débats sur l'immigration appellent une réflexion particulière sur les rapports entre origine et identité, sur la confusion entre ces ceux termes, qui est bien la chose du monde la mieux partagée.