Euro-Méditerranée un projet à réinventer Préparé par Jean-Paul Chagnollaud et Bernard Ravenel |
Introduction
(N°35, Automne 2000, 2 pages)
Jean-Paul Chagnollaud
Le projet euroméditerranéen est né il y a cinq ans à Barcelone. A l'époque, il avait suscité beaucoup d'espoirs parce que, pour la première fois, l'Union européenne et tous les pays riverains de la Méditerranée (à l'exception de la Libye) se sont efforcés de penser les termes d'une stratégie de long terme pour l'ensemble de la région. Cette conférence marquait donc un tournant a priori décisif par rapport à tout ce qui avait pu se faire auparavant. : il ne s'agissait plus d'aborder - le plus souvent de manière bilatérale - une question particulière, aussi importante soit-elle, mais bien de tenter une approche globale des principaux problèmes concernant les sociétés méditerranéennes. Le processus de Barcelone avait ainsi pour ambition de créer une zone de paix et de stabilité reposant sur des principes fondamentaux tels que le respect des droits de l'Homme et de la démocratie, de construire un espace de prospérité partagée par l'instauration progressive et régulée du libre-échange et de contribuer à une meilleure compréhension mutuelle des peuples de la région, notamment en encourageant les sociétés civiles à multiplier les échanges et les intiatives.
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Une entreprise
virtuelle ?
(N°35, Automne 2000, 16 pages)
Robert Bistolfi
La virtualité qui déploie depuis peu ses séductions dans le champ de
l'économie a également pénétré le politique. Entre virtualité et illusion, la
frontière est floue et toutes les techniques de la communication sont parfois mises en
uvre pour masquer le défaut de réalité de nombre d'entreprises.
On peut se poser la question au sujet du projet euro-méditerranéen. Lancé en fanfare à
Barcelone en novembre 1995, relève-t-il lui aussi de l'entreprise virtuelle ?
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Barcelone, cinq ans après
Réformes économiques sans
projet réformateur
(N°35, Automne 2000, 16 pages)
Gérard Kébabdjian
(professeur déconomie à Paris VIII)
Il règne aujourd'hui un accord à peu près général pour admettre que le développement économique en Méditerranée repose sur la poursuite du processus engagé à Barcelone. Cinq ans après la déclaration de la conférence euro-méditerranéenne, on peut parler de la victoire d'un véritable consensus. La seule stratégie de développement envisageable en Méditerranée passe maintenant par l'idée d'ouverture économique régionale et de libéralisation intérieure et extérieure des économies des pays concernés.
Un premier bilan social
(N°35, Automne 2000, 8 pages)
Andrea Amato
(ancien membre du Comité Economique et Social des Communautés
européennes, est président de l'Institut Méditerranéen de Rome)
On ne peut analyser les relations entre le Partenariat euro-méditerranéen et la situation sociale des Pays Partenaires Méditerranéens (PPM) sans tenir compte du fait que le "processus de Barcelone" s'inscrit dans une phase bien particulière de l'histoire économique et sociale de ces pays et que leur situation sociale apparaît, jusqu'à maintenant, bien plus liée à cette histoire qu'au Partenariat instauré à Barcelone.
La Charte pour la
paix et la stabilité
La fin des illusions de Barcelone ?
(N°35, Automne 2000, 9 pages)
Jean-François Daguzan
(maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique)
La conférence euro-méditerranéenne de Marseille, prévue le 14 novembre 2000 lors de la Présidence française de l'Union européenne, aurait dû marquer le point d'orgue de la politique méditerranéenne de l'Union. Il est malheureusement vraisemblable que cette conférence servira au minimum à préserver l'acquis, mais que dire de ce résultat prévisible au vu des ambitions affichées il y a cinq ans ?
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Europe-Palestine :
quel concept de sécurité ?
(N°35, Automne 2000, 12 pages)
Bernard Ravenel
Juger la sécurité euro-méditerranéenne au prisme de la Palestine peut paraître paradoxal. En effet, à travers le processus de paix, ce sont les Etats-Unis qui sont en quelque sorte les garants de la sécurité au Moyen-Orient et en particulier du "couple Israël-Palestine".
La culture : le parent
pauvre
(N°35, Automne 2000, 11 pages)
Paul Balta
(journaliste et écrivain
auteur de Méditerranée. Défis et enjeux, coll. Les Cahiers de Confluences,
L'Harmattan, Paris, 2000)
Désillusions ! Inquiétudes ! Danger ! Ces trois mots résument les réactions de la société civile face au Processus euro-méditerranéen qui avait pourtant suscité de grands espoirs lors de sa mise en oeuvre, les 27 et 28 novembre 1995. Depuis ce constat, les déceptions ont encore grandi. Adoptée le 31 mars 2000 aux Rencontres du partenariat euro-méditerranéen, la Déclaration de Marseille réclame avec vigueur sa "refondation" et "l'application fidèle des termes de la Déclaration de Barcelone". Rappelons et réaffirmons que cette dernière est, par sa philosophie (le partenariat) et ses ambitions (la paix, la stabilité et la prospérité partagée), l'acte fondateur de la Méditerranée du XXIe siècle.
Un partenariat en
quête de sens
(N°35, Automne 2000, 10 pages)
Thierry Fabre
(responsable du pôle EuroMed à la Maison Méditerranéenne des
Sciences de l'Homme
auteur de Les représentations de la Méditerranée, Maisonneuve et Larose, mai
2000)
Si, selon l'adage, "une politique ne se juge par sur ses
intentions mais sur ses résultats", alors le partenariat euro-méditerranéen
apparaît pour ce qu'il est, un vaste théâtre d'ombres ou, comme on le dit sur l'autre
rive, un moussem, une fête rituelle.
Des discours, des rencontres, des séminaires et des colloques, des déclarations aussi
nombreuses que généreuses, et en fin de compte, cinq ans après la Conférence de
Barcelone, rien, ou pas grand-chose. Un dialogue de façade qui, comme le dialogue
euro-arabe hier, risque de se perdre dans les sables.
En attente dune volonté politique plus forte
(N°35, Automne 2000, 12 pages)
Rachid Sfar
(ancien ministre de lEconomie et des Finances en Tunisie, ancien
Premier ministre de Tunisie
et ancien ambassadeur de la Tunisie auprès de l'Union européenne)
Quel bilan peut-on effectuer de ce "partenariat" à mi-parcours ou presque de l'échéance finale prévue pour la construction de la zone de libre-échange ?
Tunisie : la politique de
privatisation
(N°35, Automne 2000, 7 pages)
Fathi Chamkhi
(enseignant à l'Université de Tunis I, président du RAID (Attac
Tunisie))
En dix ans, de 1986 à 1995, la Tunisie s'est trouvée confrontée, à
deux reprises, à l'échec de sa politique économique. La première fois, cétait
en 1986, lorsqu'une crise économique grave sonna le glas de trente années de
"luttes contre le sous-développement". C'était en même temps la faillite du
modèle de développement post-colonial, tel qu'il avait été conçu et réalisé par la
bourgeoisie locale depuis 1956. La seconde fois, c'était en 1995 au terme de la politique
libérale d'ajustement structurel (PAS).
Se refusant à tirer le bilan de ses échecs, le régime tunisien choisit, en 1995, la
fuite en avant ; un second plan d'ajustement structurel fut mis en application sous
couvert de la politique de partenariat avec l'Union Européenne (UE). Depuis, l'avenir de
la Tunisie se joue dans le cadre ultra-libéral de l'accord d'Association qui la lie à
l'Europe.
Algérie-Europe :
Au-delà de la sécurité et du commerce
(N°35, Automne 2000, 8 pages)
Smaïl Goumeziane
(Docteur es Sciences Economiques, professeur à l'Université Paris IX
Dauphine)
Les négociations pour un accord de libre-échange entre l'Algérie et
l'Union européenne n'en finissent pas. Au point qu'on se demande si cette situation
n'arrange pas certains des interlocuteurs au sud et au nord de la Méditerranée,
davantage préoccupés par les questions de sécurité liées aux intérêts purement
commerciaux.
En effet, alors que la situation sécuritaire demeure inquiétante en Algérie, les
rapports commerciaux sont toujours au beau fixe pour la plupart des pays de l'Union
européenne.
Les droits de
lHomme : critère central du PEM ?
(N°35, Automne 2000, 11 pages)
Entretien avec Driss El Yazami
conduit par Bernard Ravenel
Driss El Yazami, membre du comité exécutif du REMDH (Réseau euro-méditerranéen des droits de lHomme) et secrétaire général adjoint de la FIDH (Fédération internationale des droits de lHomme), situe la place cruciale des droits de la personne humaine dans le partenariat euro-méditerranéen (PEM).
Une écorégion pilote
?
(N°35, Automne 2000, 8 pages)
Entretien avec Michel Batisse
conduit par Bernard Ravenel
Michel Batisse, président du Plan Bleu pour lenvironnement et le développement en Méditerranée, mis en oeuvre depuis 1981 à linitiative de Serge Antoine, dans le cadre du Plan dAction pour la Méditerranée (PAM), nous démontre linévitable solidarité des riverains face aux enjeux de leur développement au sein de lécosystème fragile qui les réunit.
Faire émerger un espace de citoyenneté
(N°35, Automne 2000, 8 pages)
Entretien avec Monique Prim
conduit par Bernard Ravenel
Le Forum des citoyens de la Méditerranée (FCM), déjà partie prenante du Forum civil à Barcelone en 1995, a été chargé dorganiser celui de Marseille. Monique Prim, présidente de ce Forum, fait un premier bilan détape.
La coopération
décentralisée euro-méditerranéenne :
lapport des collectivités territoriales
(N°35, Automne 2000, 10 pages)
Adda Bekkouche
(chef de projet à Cités Unies France,
auteur de L'évolution du droit de la propriété dans l'ordre international. Etude de
l'expression juridique du développement inégal, opu, Alger, 1992
et, avec T. Rahmani, de Coopération décentralisée. L'Union européenne en
Méditerranée occidentale, Continent Europe, Paris, 1995)
L'une des priorités de la présidence française de l'Union européenne, assurée du 1er juillet au 31 décembre 2000, porte sur la relance du Partenariat euro-méditerranéen (PEM). Ce dernier se distingue des relations antérieures par son champ géographique qui rassemble les 15 membres de l'Union européenne et 12 pays tiers et entités méditerranéens.
Les Maisons de la
Méditerranée
(N°35, Automne 2000, 3 pages)
Claudine Rulleau
(journaliste et écrivain)
Verra-t-on bientôt fleurir, sur les rives de Mare nostrum, des Maisons de la Méditerranée ? Inscrites au programme des recommandations du Forum civil Euromed de novembre 1995, à Barcelone, leur création n'a pas vraiment commencé, même si des initiatives se mettent en place, ici et là, pour faire aboutir une idée déjà ancienne.
Un enjeu de première
importance
(N°35, Automne 2000, 9 pages)
Entretien avec Hubert Védrine
conduit par Paul Balta et Jean-Christophe Ploquin
Le rôle de la France dans la préparation de la conférence de Marseille est essentiel. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, a bien voulu nous accorder cet entretien pour donner son analyse de létat actuel du partenariat euro-méditerranéen et situer limportance des enjeux.
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Histoire |
Méditerranée, années
1950
Un débat sur lunité
(N°35, Automne 2000, 8 pages)
Anne Volery
(doctorante à Paris VII)
Le débat sur lunité méditerranéenne mis en avant depuis la Conférence de Barcelone de 1995, qui propose un projet de partenariat euro-méditerranéen, est un débat ancien dont on peut retrouver différentes traces et notamment à lépoque des décolonisations. En octobre 1958, un colloque méditerranéen sest tenu à Florence.
Malte : l'irréductible de la
Méditerranée
(N°35, Automne 2000, 9 pages)
Philippe Boulanger
(écrivain et historien
auteur de Le Destin des Kurdes, L'Harmattan, 1998 et Les Démons de
l'Europe, Sang de la terre, 1999)
Petit Etat constitué par un archipel de la Méditerranée, comprenant l'île principale de Malte (246 km²), Gozo, Comino et Filfora, situé à 90 km de la Sicile, la République de Malte et ses 378 000 habitants frappent à la porte de l'Union européenne depuis une dizaine d'années. Démocratie parlementaire fondée sur un bipartisme assez vif, Malte se trouve à la charnière de deux bassins de la Méditerranée, à la croisée de plusieurs univers civilisationnels (ce qui fait toute sa particularité) et au carrefour de la mer Intérieure. L'identité nationale des Maltais a été fortement façonnée par une histoire mouvementée et une géographie passerelle.