Confluences Méditerranée                                       N°36              Hiver 2000-2001

 


Corse
Les enjeux de l'après-Matignon

Préparé par Robert Bistolfi et Bernard Ravenel

 

Introduction
(N°36, Hiver  2000-2001,  2 pages)

Robert Bistolfi

Dans l'imaginaire français, la Corse a pris mille visages successifs. Au cours des dernières années, noyé dans les fumées mêlées des attentats et d'une paillote incendiée, celui d'une île à la dérive s'était imposé. Son image paraissait définitivement brouillée, et l'avenir bouché, lorsque l'initiative prise par Lionel Jospin en lançant le "processus de Matignon" a soudain - et profondément - renouvelé les données politiques du dossier.
La voie tracée est sinueuse et l'objectif central poursuivi par le gouvernement - une consolidation de l'appartenance de la Corse à la République - loin d'être assuré au terme des réformes institutionnelles envisagées.
L'accord intervenu avec les élus de l'Assemblée de Corse (et parmi eux les représentants des nationalistes) semble pourtant concrétiser un large soutien au "processus de Matignon".
Mais il est clair que chacun des protagonistes poursuit des buts différents et contradictoires. On n'a pas affaire à un jeu à somme nulle. Au terme du processus, si nulle rupture provoquée n'intervient avant, il y aura un vainqueur. Avec d'un côté, sur une base rénovée, la confirmation d'une communauté de destin avec la France. Avec, de l'autre, un glissement vers l'indépendance.

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De la Corse et de la République
(N°36, Hiver  2000-2001,  22 pages)

Robert Bistolfi

Un quart de siècle après les événements d'Aléria - dont on peut dater l'essor du mouvement autonomiste -, l'État français a radicalement modifié son approche de la question corse. Renonçant au préalable d'une condamnation de la violence par les nationalistes, il a invité tous les élus insulaires, y compris Jean-Guy Talamoni, chef de file de Corsica Nazione, à un débat ouvert sur l'avenir de l'île. On ne reviendra pas sur les péripéties des mois qui ont suivi la réunion du 13 décembre 1999 à Matignon : elles sont proches et encore présentes à l'esprit de tous. Malgré les réticences d'une partie du gouvernement et en particulier du ministre de l'Intérieur qui sera conduit ultérieurement à la démission, le processus désormais connu sous le nom de “processus de Matignon” était lancé. À ce stade, il a abouti à un texte du gouvernement (20 juillet 2000) et à un avant-projet de loi (novembre 2000) dont on n'a pas fini d'apprécier la portée.

 

 

Richesses et pesanteurs de l’Histoire
(N°36, Hiver  2000-2001,  14 pages)

Antoine-Marie Graziani
(maître de conférences à l’IUFM de Corse)

"Quand nous rêvons de l'accomplissement humain, de la fierté et du bonheur d'être homme,
notre regard se tourne vers la Méditerranée..."
(Georges Duby)

"Les îles méditerranéennes, écrit Fernand Braudel, sont plus nombreuses et surtout plus importantes qu'on ne le suppose d'ordinaire. Quelques-unes, assez épaisses, sont des continents en miniature : la Sardaigne, la Corse, la Sicile, Chypre, Candie, Rhodes... D'autres, moins étendues, constituent avec leurs voisines des archipels, des familles d'îles...". Des continents, le mot est lâché. Des espaces différents donc, séparés non par une mer mais plutôt par une succession de mers. Des espaces soumis, pourtant, à des climats presque identiques, unificateurs de paysages, produits de l'influence du Sahara et de l'Atlantique. Et puis, si l'on prend les quelques milliers d'années qui nous précèdent, l'histoire a bien souvent rapproché les îles méditerranéennes.

 

 

La France et la Corse : l'heure de vérité ?
(N°36, Hiver  2000-2001,  11 pages)

Entretien avec Edmond Simeoni
conduit par
Robert Bistolfi

L'engagement du docteur Edmond Simeoni au service de la cause corse est ancien. Il est connu et respecté même par ceux qui sont éloignés de son action militante. Ses analyses et ses prises de position sont toujours étudiées avec soin. C'est pourquoi il nous a paru souhaitable, à Confluences, en ce moment particulier où le dialogue récemment ouvert entre le gouvernement et les élus corses va trouver une première transcription législative, d'avoir son appréciation sur plusieurs points sensibles du dossier. Qu'on l'approuve (non sans inquiétudes) ou qu'on s'en inquiète en la condamnant, la démarche de Lionel Jospin avec ce qu'il est convenu d'appeler "le processus de Matignon" comporte des innovations politiques de grande portée. Pour la Corse mais aussi pour l'ensemble du pays. Dans un article : "Le Dialogue ou la mort", publié dans Le Monde le 2 décembre 1999, c'est-à-dire quelques jours avant que s'ouvrent les discussions de Matignon, le docteur Simeoni avait souligné l'urgence d'un changement d'approche ainsi que l'importance des enjeux : "Construire la paix, susciter l'adhésion des forces hier antagonistes à un projet commun, créer les conditions d'un nouveau départ." C'est avec ces préoccupations et autour de ces thèmes qu'ont été ordonnées nos principales questions. Sans s'attarder à l'excès sur le passé, il a cependant paru utile, auparavant, de remettre en perspective les évolutions anciennes qui pèsent encore aujourd'hui sur les choix d'avenir.

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La société civile insulaire et ses aspirations à l’autonomie
(N°36, Hiver  2000-2001,  8 pages)

Florence Antomarchi
(journaliste)

Cet été, le déferlement médiatique qui a saisi l'île après l'assassinat de Jean-Michel Rossi (début août 2000) portait en lui un des éléments le plus mal analysés de la question corse : le rôle des médias dans le renforcement du système des appartenances.
Au mois d'août, donc, le "processus de Matignon" - c'est-à-dire des discussions entre les élus de la Collectivité territoriale de Corse et le cabinet de Lionel Jospin - était transformé, par la grâce d'éditorialistes en verve, en un face à face entre "la" Corse et "la" France. Les habitants de l'île, à qui on n'a toujours rien demandé, ont été, dans ce combat de plumes, bien malmenés, interprétés, globalisés.

 

 

Les interrogations de la société civile
(N°36, Hiver  2000-2001,  5 pages)

Témoignage de  Paule Graziani

La société corse est une société vivante qui s'insère mal dans les schémas où, sous prétexte de l'expliquer, on souhaiterait l'enfermer. Des associations de citoyens se sont tôt constituées pour protester contre les multiples dérives dans l'île. La montée de la violence et de la criminalité, qui a culminé avec l'assassinat du préfet Erignac, a mis certains de ces mouvements à la une des journaux télévisés. Des femmes ont souvent été au premier rang de la mobilisation citoyenne. Parmi elles, Paule Graziani, présidente de la Fédération des Œuvres laïques de Haute-Corse, est aussi l'une des fondatrices du mouvement : “Manifeste pour la Vie”. Elle nous a adressé le texte ci-après, accompagné de la prise de position initiale du “Manifeste” à l'égard du “processus de Matignon”. Les deux textes traduisent certaines des interrogations qui traversent une partie de la société corse. Ils sont d'abord l'expression d'une certaine sensibilité, mais également d'une perception aiguë de l'ampleur des enjeux politiques actuels.

 

 

Du désamour au détachement ?
(N°36, Hiver  2000-2001,  8 pages)

Robert Bistolfi

Les jugements au sujet des Corses frôlent parfois la xénophobie, voire le racisme. Sans aller jusqu'à ces excès, une grande partie de l'opinion publique métropolitaine s'est lassée de voir “l'île de Beauté” occuper depuis vingt-cinq ans la une de l'actualité sans que se dessinent des solutions à la fois équitables et stables aux problèmes de ses habitants et de leur relation avec le reste de la nation.

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Organisation territoriale de la France :
une recomposition inachevée
(N°36, Hiver  2000-2001,  8 pages)

Dominique Rousseau
(professeur à l'Université de Montpellier 1 et membre de l'Institut Universitaire de France)

La constitution est, depuis quelques temps, beaucoup sollicitée. Pour lui faire dire que le principe de souveraineté nationale s'oppose à la construction d'un espace européen de décision politique, que le principe de nationalité s'oppose à l'octroi du droit de vote aux étrangers, que le principe d'égalité s'oppose à toutes dispositions favorisant l'accès des femmes aux responsabilités politiques, que le principe du français langue de la République s'oppose à la reconnaissance des langues régionales, et, aujourd'hui, que le principe d'unité du peuple français s'oppose à la mise en œuvre des propositions Jospin pour la Corse. Les constitutionnalistes doivent sourire en entendant ceux-là même qui reprochent au droit et aux juges de prendre la place ou de limiter la liberté de décision des politiques attendre ainsi de ce droit et de ces juges qu'ils arrêtent l'expression d'une volonté politique majoritaire. Mais sourire gentiment. Car cette contradiction de position renvoie, finalement, aux attentes contradictoires de chacun à l'égard du droit : il ne doit pas être à la disposition du politique s'il veut s'affirmer comme le cadre de légitimation du pouvoir politique, et, en même temps, il est l'instrument par lequel le politique traduit son programme en actes. Cette tension entre indisponibilité et instrumentalité du droit est, sur le plan théorique, au cœur des questions soulevées par la réforme du statut de la Corse.

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Le système des autonomies régionales en Italie
(N°36, Hiver  2000-2001,  13 pages)

Paolo Stella-Richter
(professeur de droit de l’urbanisme à l’université de Rome, “La Sapienza”)

Le problème des autonomies, en Italie, est ancien. Les limites naturelles (la mer et le massif alpin) donnent une image géographiquement unitaire qui n'existe plus depuis l'époque de l'Empire romain, sur le plan politique, et qui se concrétise sur ce plan seulement depuis 1861 (il faudra attendre 1870 pour l'annexion de Rome). L'histoire italienne est constituée de dominations qui ont fragmenté le territoire en une myriade d'Etats, dont les limites changeaient continuellement (il suffit de penser aux conflits internes et aux incursions étrangères qui dévastèrent le territoire aux XVIe et XVIIe siècles). A ceci s'ajoute l'influence directe ou indirecte des grands Etats de l'Europe centrale qui considérèrent toujours l'Italie comme un territoire de conquête. L'unité nationale est donc un récente acquisition.

 

 

Le renouveau sarde
(N°36, Hiver  2000-2001,  7 pages)

Jean-Christophe Ploquin

La Sardaigne, comme la Corse, paie le prix de son insularité et espère que l’Union européenne saura prendre en compte la spécificité des régions périphériques et insulaires. Sa spécificité culturelle est mise en valeur par des intellectuels au moment même où elle se perd dans la vie quotidienne et une partie de l’élite politique réclame un nouveau statut d’autonomie.

 

 

Espagne : l’Etat des autonomies
(N°36, Hiver  2000-2001,  16 pages)

Juan Manuel Eguiagaray Ucelay
(ancien ministre, professeur des universités et parlementaire, PSOE)

J'ai été sollicité par mes amis de Confluences pour apporter une réflexion, sous forme de synthèse, sur l'expérience espagnole concernant la configuration de l'Etat des Autonomies. Une expérience qui débute avec la transition démocratique espagnole, encore proche de nous, et l'approbation de la Constitution espagnole de 1978. En m'engageant à fournir une réflexion et un bilan, je souhaiterais faire apparaître clairement qu'il est très difficile et extrêmement osé de tirer des conclusions définitives sur un processus inachevé dans lequel la réussite incontestable n'a pas entraîné, par ailleurs, l'élimination de toutes les tensions politiques. La configuration de l'Espagne en tant qu'Etat démocratique et fortement décentralisé est, en effet, un débat ouvert que seule l'inconscience peut prétendre clore.
Je vous propose, en toute modestie, de dresser un bilan de la situation actuelle et de fournir une orientation possible et probable sur la future évolution politique et sociale de l'Espagne et de l'Etat qui représente son articulation juridique et politique. Ce qui, sans doute, ne peut se faire sans prêter quelque peu attention à l'évolution historique de la représentation de l'Espagne et aux événements les plus marquants de notre réalité sociale et politique.

 

 

La coopération interrégionale et les îles de la Méditerranée
(N°36, Hiver  2000-2001,  10 pages)

Michel Biggi
(directeur technique du réseau Eurisles)

Mal intégrées au “Marché Unique”, qui favorise les grands espaces et les grandes entreprises, les îles méditerranéennes se lancent dans la coopération interrégionale. Moins habituées aux échanges de ce type que leurs voisines de la mer Baltique ou de la mer du Nord, elles entendent profiter de leur position de passerelle et d'interface avec la rive Sud pour retrouver une partie de ce qui fut leur place en Méditerranée.

 

 

Union européenne : les nouvelles données de la question régionale
(N°36, Hiver  2000-2001,  12 pages)

Riccardo Petrella
(professeur à l'Université Catholique de Louvain,
auteur de La renaissance des cultures régionales en Europe, Editions Entente, Paris, 1978)

Pour comprendre la nature et les enjeux de la question régionale en ce début de XXIe siècle, une mise en perspective historique sur une période malgré tout relativement courte mais riche en mutations profondes - les trente dernières années - me paraît utile. Pour cette raison, la première section de cet article portera sur la question régionale en Europe occidentale "il y a trente ans environ". Je montrerai, dans la deuxième section, les changements intervenus entre-temps, ce qui permettra également de définir la nature et les enjeux de la question régionale tels qu'ils se manifestent à l'heure actuelle. Dans la troisième section, il sera question de formuler quelques hypothèses sur les possibles évolutions au cours des 10-15 prochaines années, sans prétendre pour autant proposer une construction rigoureuse de scénarios cohérents pour le devenir des "régions" en Europe.

 

 

Actuel

 

Un printemps serbe en automne
(N°36, Hiver  2000-2001,  8 pages)

Christophe Chiclet

"Slobo, sauve la Serbie : suicide-toi", scandaient les jeunes militants libertaires du mouvement Otpor (Résistance). Slobodan Milosevic a finalement suivi leurs conseils. Il s'est suicidé politiquement en organisant des élections présidentielles anticipées le 24 septembre 2000. C'est donc la rue serbe et non les 78 jours de bombardement de l'otan qui a eu raison du tyran de Belgrade.

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Euro-méditerranée : quel avenir ?
(N°36, Hiver  2000-2001,  12 pages)

Bernard Ravenel

Les lecteurs de Confluences Méditerranée le savent (n°35, automne 2000), à Marseille, à la mi-novembre, s'est déroulé ce que l'on pourrait appeler un "système" de réunions euro-méditerranéen.
Ce système était composé de deux rencontres de la société civile : celle organisée par Attac le 9 novembre - qui a réuni environ 300 personnes venues de pays des deux rives - et celle organisée entre le 10 et le 12 novembre par ce qu'on appelle le Forum civil - qui a permis aux ong, aux syndicats et aux collectivités locales de faire le point sur le partenariat euro-méditerranéen et de faire des propositions aux gouvernements. Enfin, les 15 et 16 novembre, s’est tenue la réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 pays concernés.

 

 

Histoire

 

Les relations franco-tunisiennes de 1956 à 1964
Retour sur une difficile émancipation
(N°36, Hiver  2000-2001,  13 pages)

Samya El Mechat
(directeur de recherche à l’Institut national du patrimoine de Tunis, INP)

En accordant à la Tunisie "l'indépendance dans l'interdépendance organisée", le Protocole du 20 mars 1956 s'inscrit dans le prolongement des conventions de juin 1955. Il prévoit en effet le maintien d'une prééminence française dans les secteurs clefs de la Défense, des Affaires étrangères et de l'ordre public.
Cette perspective est inacceptable pour les dirigeants tunisiens. La surenchère de Salah Ben Youssef, la présence de l'armée française, les difficultés avec l'Egypte de Nasser et la puissance de l'aln n'autorisent Bourguiba à aucune souplesse dans sa politique envers la France.
La Tunisie montre bien vite qu'elle a les moyens d'agir et la France à cet égard a mené un combat d'arrière-garde. Le processus de décolonisation radicale est bien engagé au cours de cette phase qui voit s'opérer le difficile transfert des compétences. Français et Tunisiens passent leur temps à "s'affronter" et à "négocier" à la fois. Il a fallu plus de huit ans et de nombreux échanges de vues et rencontres pour instaurer "sur la base de l'indépendance et de l'égalité" des relations de coopération entre les deux pays.

 

 

Confluences culturelles

 

Le Système de la Méditerranée de Michel Chevalier
(N°36, Hiver  2000-2001,  8 pages)

Jérôme Debrune
(doctorant à Paris VII)

Les saint-simoniens, les principaux représentants du socialisme utopique français avec les fouriéristes, sont célèbres pour leur progressisme industriel et leur féminisme. Pourtant, ils défendirent aussi l'idée d'une confédération méditerranéenne fondée sur le mariage de l'Orient et de l'Occident. Dès 1832, les saint-simoniens regroupés autour de Prosper Enfantin tournent leur regard vers l'Orient, en direction de l'Egypte en particulier. Entre le 20 janvier et le 12 février 1832, Michel Chevalier, le directeur du journal saint-simonien Le Globe, écrit une série d'articles sur la paix entre l'Orient et l'Occident. Peu après, il réunit ces articles dans une brochure qu'il intitule Le Système de la Méditerranée.

 

 

Croisière dans l'idée méditerranéenne
sur Les Représentations de la Méditerranée, 10 pays, 10 ouvrages
un coffret publié sous la direction de Thierry Fabre et Robert Ilbert, Paris, Maisonneuve et Larose, 2000
(N°36, Hiver  2000-2001,  9 pages)

Jean-Robert Henry
(directeur de recherches au CNRS-IREMAM)

Les représentations sont pétries de mémoires et de visions d'avenir. Elles ancrent dans une relecture du passé les visions qui guident les comportements des acteurs. Pour organiser son présent, chaque époque leur redonne forme. D'où la difficulté de leur analyse, mais aussi son intérêt : il ne s'agit pas de cultiver des mémoires comme on conserverait les portraits de famille, mais de redécouvrir en permanence la place vive qu'elles tiennent dans le présent et dans nos attentes à l'égard de l'avenir.
L'entreprise de Thierry Fabre et de Robert Ilbert est une nouvelle illustration de cette logique : son horizon d'attente est tracé par les enjeux méditerranéens des années 2000 ; son point de départ est bien la Méditerranée actuelle, celle du processus de Barcelone, et le passé est celui, recomposé, qui fait sens aujourd'hui pour les acteurs. Il ne s'agit pas seulement des Etats, mais de tous ceux qui interviennent aujourd'hui sur la scène méditerranéenne. Et les mémoires sont aussi diverses que les acteurs.