Dossier préparé par Régine Dhoquois-Cohen et Jean-Paul
Chagnollaud |
Introduction
(N°37, Printemps 2001, 3 pages)
Régine Dhoquois-Cohen et Jean-Paul Chagnollaud
La situation qui prévaut entre les Israéliens et les Palestiniens est
probablement la pire qu'on ait connue depuis une vingtaine d'années. Il faut sans doute
remonter à l'invasion du Liban en 1982 et à tout ce qui s'ensuivit pour trouver une
configuration aussi grave et aussi tendue.
Cette nouvelle donne est d'autant plus tragique qu'elle intervient après des années
d'espoirs et de patientes négociations qui ont semblé un moment pouvoir produire
quelques résultats. Le bilan est terrible : huit ans d'attente pour en arriver à plus de
400 morts et des milliers de blessés souvent très graves qui sont, en très grande
majorité, palestiniens.
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Intifada ou lutte de
libération ?
(N°37, Printemps 2001, 8 pages)
Jean-Paul Chagnollaud
Le monde est trop habitué aux multiples et incessantes recrudescences de violences dans le conflit israélo-palestinien pour ne pas les voir comme des moments répétitifs qui éloignent chaque fois un peu plus d'une véritable solution politique... Dans cette perspective, on parle donc de la nouvelle Intifada, comme si elle n'était qu'une révolte de plus qui finira par s'épuiser d'elle-même avant que ne surgissent d'autres événements de même nature. Cette approche est, je crois, erronée. Il me semble au contraire que ce mouvement est très différent de l'Intifada des années 1988-1989 et qu'il enclenche - pour une durée indéterminée - la phase finale de ce conflit presque séculaire.
Bir Zeit, 7 mars 2001
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En finir avec l'occupation
(N°37, Printemps 2001, 6 pages)
Rencontre avec Marwan Barghouti
Marwan Barghouti appartient à cette nouvelle génération de responsables politiques palestiniens qui a vécu tous les traumatismes que la population de Cisjordanie et de Gaza a subis depuis une vingtaine d'années ; comme il le dit lui-même : "J'ai tout connu : l'occupation, la prison, la torture, la déportation et la première Intifada"... Aujourd'hui, il est un des leaders les plus populaires dans les territoires palestiniens ; selon un sondage récent, il apparaissait au cinquième rang des personnalités les plus appréciées par les Palestiniens. En tête, très largement, figure Yasser Arafat, suivi d'assez loin par le chef du Hamas, Ahmed Yassin. Ensuite, on trouve un personnage atypique bénéficiant d'un grand prestige moral, Haïdar Abdelshafi, qui fut notamment le patron de la délégation palestinienne à la conférence de Madrid, puis Saeb Erekat, sans doute le négociateur le plus impliqué dans le processus de paix depuis dix ans et, enfin, Marwan Barghouti, juste devant Faycal Husseini et Hanan Achrawi. Son organisation, le Fatah, apparaît nettement comme le parti dominant dans les territoires. L'influence des formations de gauche - fplp, fdlp, et ppp (ex-pc) - semble désormais très réduite alors qu'elles ont eu longtemps une assez forte implantation, notamment à travers de multiples activités militantes. Quant aux islamistes, leur poids politique s'est très sensiblement affaibli, même si leur influence est loin d'être négligeable.
Propos recueillis par Jean-Paul Chagnollaud
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Gaza au quotidien
(N°37, Printemps 2001, 10 pages)
Vincent Schneegans
(avocat)
Désireux de comprendre la Palestine et espérant vivre sur place une
issue positive - qu'ils pensaient imminente - au processus de paix, Vincent Schneegans et
Charlotte Le Bos, son épouse, ont vécu à Gaza d'octobre 1998 à octobre 2000.
De ces deux années de vie quotidienne, ils retiennent surtout l'impression, croissante au
rythme des saisons, que l'immense frustration ambiante n'allait pouvoir indéfiniment se
satisfaire de promesses non tenues, qu'il suffirait d'un rien pour que tout s'embrase. Et
cela eut lieu. Et cela continue.
Au fil des notes et souvenirs, Vincent Schneegans témoigne.
Les institutions de l'Autorité palestinienne :
Un ordre juridique en gestation
(N°37, Printemps 2001, 10 pages)
Jocelyn Grange
(docteur en droit international)
La mise en uvre des accords d'Oslo a permis la territorialisation d'institutions nationales palestiniennes. En produisant des normes, dans et en dehors du cadre fixé par Oslo, ces institutions établissent progressivement un ordre juridique palestinien distinct de celui du gouvernement militaire israélien. Il s'agit donc d'un enjeu de taille pour les Palestiniens car la disparition de l'ordre juridique de l'Etat prédécesseur et son remplacement par celui de l'Etat nouveau sont considérés comme une conséquence directe et nécessaire du principe de souveraineté territoriale et, de façon plus générale, comme un indice permettant d'établir que la condition de l'indépendance d'une entité qui revendique la qualité d'Etat est remplie. On ne peut pas en effet concevoir un Etat sans ordre juridique, pas plus qu'un ordre juridique sans une autorité capable de l'édicter.
La balle est dans le camp de la communauté internationale
(N°37, Printemps 2001, 8 pages)
Leïla Shahid
Leïla Shahid est la représentante en France de l'Autorité
palestinienne. Présente sur tous les fronts, militante pendant de longues années pour le
dialogue et pour la paix, elle dit ici sa lassitude des mots et des bavardages
répétitifs et manifestement inutiles. Elle appelle la communauté internationale et
notamment l'Europe à intervenir. Tout en montrant une compréhension profonde du peuple
israélien, elle craint que la politique israélienne ne conduise à terme ce pays à une
forme de suicide.
Nous avons posé peu de questions et nous reproduisons ici ses mots, sans essayer de
masquer artificiellement le style oral.
Propos recueillis par Régine Dhoquois-Cohen et Olfa Lamloum
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Les silences complices de la gauche israélienne
(N°37, Printemps 2001, 8 pages)
Michel Warschavsky
Mais que fait la gauche israélienne ? Est-ce l'effet d'une mauvaise médiatisation de son action ou est-elle réellement très silencieuse, depuis les Accords d'Oslo ? Pourquoi ? Nous avons demandé à Michel Warschavsky, directeur du conseil d'administration du Centre d'information alternatif à Jérusalem, de nous livrer son analyse.
La Paix Maintenant
: état des lieux
(N°37, Printemps 2001, 3 pages)
Entretien avec Gaby Lasky
conduit par Michel Warschavsky
Depuis plus de deux décennies, La Paix Maintenant a été l'organisation
pacifiste israélienne la plus importante, capable, à certaines occasions, de mobiliser
plus de cent mille manifestants contre les excès de la politique de guerre (Liban) et
d'occupation des gouvernements de droite. Le concept d'organisation pacifiste nécessite
cependant une mise au point : les fondateurs de La Paix Maintenant qui étaient, pour la
plupart, des officiers de réserve, n'ont jamais remis en question ni le fond de la
politique israélienne, ni sa culture militaire; contrairement aux organisations plus
radicales, ils ont toujours rejeté le concept de solidarité avec les Palestiniens,
qu'ils considèrent comme des ennemis, face auxquels Israël mène, fondamentalement, une
guerre légitime d'auto-défense. Leur objectif a été et reste de "maintenir le
caractère juif et démocratique d'Israël", en menant une politique de compromis
avec les Arabes, sans pour autant provoquer le risque d'une cassure au sein de la
population israélienne.
Depuis l'élection de Yitshak Rabin en 1992, La Paix Maintenant n'a plus organisé de
manifestations de masse et a globalement soutenu la politique des divers gouvernements
travaillistes. Le récent soulèvement palestinien a surpris la direction et les militants
du mouvement, qui semblent avoir quelque difficulté à se réorienter dans le nouveau
contexte politique. Jusque récemment secrétaire générale de La Paix Maintenant, Gaby
Lasky, avocate de 32 ans et membre du Comité Central de Meretz, fait le point sur le
mouvement.
La quadrature
du cercle
(N°37, Printemps 2001, 5 pages)
Entretien avec Ilan Greilsammer
conduit par Régine Dhoquois-Cohen
Ilan Greilsammer est professeur de Science politique à l'Université de Bar Han en Israël. Il milite depuis des années dans le camp de la paix. Lors de l'un de ses passages à Paris à la veille des élections israéliennes, nous avons voulu l'interroger sur les réactions des Israéliens, et notamment des Israéliens du camp de la paix, au conflit israélo-palestinien et à l'éventualité de l'élection dAriel Sharon.
Une presse
israélienne entre vigilance et angoisse existentielle
(N°37, Printemps 2001, 6 pages)
Pascal Fenaux
(journaliste à la Revue Nouvelle, Bruxelles, et traducteur
de la presse hébraïque pour Le Courrier International, Paris)
La façon dont la grande presse israélienne couvre l'actuelle révolte palestinienne ne peut être abordée en faisant l'impasse sur le contexte historique, social et politique dans lequel ces médias écrits se sont développés. Par "grande presse", il faut entendre Ha-Aretz ("Le Pays"), Maariv ("Le Soir"), Yediot Aharonot ("Dernières Informations") et The Jerusalem Post ("Le Courrier de Jérusalem"), quatre quotidiens oscillant entre le centre-gauche et la droite radicale, auxquels on pourrait peut-être ajouter le Kol Haïr ("Toute la Ville"), un excellent hebdomadaire hiérosolymitain lié au Ha-Aretz.
We are in a big mess
(N°37, Printemps 2001, 5 pages)
Shulamit Aloni
Shulamit Aloni a été membre de la Haganah ; elle a combattu pour
l'indépendance d'Israël en 1948. Elle revendique son sionisme et son patriotisme. Mais
elle est toujours restée une femme libre, profondément imprégnée des valeurs
humanistes du judaïsme. Elle a contribué à la création du Ratz, à la gauche du parti
travailliste, puis du Meretz. Elle a été ministre de l'Education nationale dans le
gouvernement Rabin. Son combat permanent pour la séparation de la religion et de l'Etat
l'a finalement contrainte à la démission sous la pression des religieux. Toujours membre
du Meretz, elle ne parle pas ici au nom d'un parti. Elle tente de convaincre les juifs de
la diaspora, partisans du processus de paix, de la nécessité impérieuse d'apporter leur
aide au camp de la paix israélien.
C'est lors d'une réunion à Paris avec des membres de la mouvance juive française
laïque que le texte ci-dessous a été enregistré.
La veille devant la communauté juive de Belgique elle avait notamment affirmé :
"Vous êtes très fiers en tant que juifs de la diaspora d'avoir un Etat juif. Mais
vous devez avoir honte de cet Etat, parce que c'est un Etat d'apartheid où le racisme est
légitime. Vous devez réaliser que le dernier pays au monde où les valeurs juives sont
défendues, c'est l'Etat juif".
Shulamit Aloni est un peu la sur laïque du professeur Leibowitz, la bonne
conscience israélienne de certains juifs de la diaspora "de gauche" qui, tout
en soutenant l'essentiel des revendications palestiniennes, ne peuvent pas rester
indifférents au devenir d'Israël.
Propos recueillis et traduits de l'anglais par Régine Dhoquois-Cohen
Le retour, droit
inaliénable
(N°37, Printemps 2001, 6 pages)
Uri Avneri
(porte-parole du Gush Shalom, groupe pacifiste israélien)
Nous israéliens avons besoin d'un épouvantail qui nous fasse peur, qui
soit suffisamment terrifiant pour pomper de l'adrénaline dans notre appareil circulatoire
national. Autrefois, fois c'était la Charte palestinienne, aujourdhui, le nouvel
épouvantail c'est le "droit au retour", non en tant que problème pratique à
affronter en termes rationnels, mais comme un monstre qui fait dresser les cheveux sur la
tête : maintenant le sinistre dessein des Palestiniens a été dévoilé ! Ils veulent
éliminer Israël avec ce terrible subterfuge ! Ils veulent nous jeter à la mer !
Le droit au retour a de nouveau élargi l'abîme qui semblait s'être réduit à une
fissure. Nous sommes de nouveau épouvantés. La fin de notre Etat ! La fin du rêve de
générations ! Un second Holocauste !
L'abîme semble impossible à combler. Ainsi la paix s'éloigne. En réalité même ce
douloureux problème peut être résolu et un compromis équitable peut aussi mener à une
réconciliation historique.
Traduit par Bernard Ravenel
Gulliver empêtré
(N°37, Printemps 2001, 10 pages)
Entretien avec Elie Barnavi
conduit par Jean-Paul Chagnollaud et Régine Dhoquois-Cohen.
Elie Barnavi est un historien israélien reconnu à la réputation de "colombe". Il est membre du comité de réflexion de Confluences Méditerranée depuis sa création. Il y a quelques mois, il a été nommé ambassadeur d'Israël en France par le gouvernement Barak. Nous l'avons rencontré après l'élection d'Ariel Sharon et au moment de la constitution du cabinet d'union nationale. Il nous parle des peurs des Israéliens, de l'inadaptation de l'armée israélienne à la guérilla urbaine, de l'incompréhension des Israéliens à l'égard de la deuxième Intifada, alors que - d'après lui - le gouvernement Barak était allé au bout des concessions possibles. Il évoque la segmentation de la société israélienne et la nécessité de retrouver de nouvelles valeurs unificatrices. Mais il ajoute que ce travail de reconstruction sociale nécessite du calme et de la disponibilité.
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Jusqu'où ira Israël ?
(N°37, Printemps 2001, 6 pages)
Edward Saïd
(professeur à luniversité de Columbia de New-York)
On raconte qu'au siècle passé, alors que la tour Eiffel venait d'être érigée, le romancier Guy de Maupassant arpentait Paris en long et en large expliquant à qui voulait l'entendre qu'il détestait cet ouvrage d'art. Malgré cela, l'écrivain français allait prendre régulièrement ses repas dans le restaurant de la tour Eiffel. Lorsqu'on lui demandait s'il n'y avait pas là quelque contradiction, il répondait : "Je viens ici parce que c'est le seul endroit de Paris d'où on ne voit pas la tour Eiffel !"
Traduit de l'arabe et de l'anglais par Pierre Vanrie
Les Israéliens hantés par le
ghetto
(N°37, Printemps 2001, 8 pages)
Entretien avec Théo Klein
conduit par Régine Dhoquois-Cohen et Jean-Paul Chagnollaud
Maître Théo Klein est avocat au barreau de Paris et au barreau de Tel-Aviv. Ancien président du crif, ami du fondateur de Confluences Méditerranée, Hamadi Essid, il a accompagné notre revue depuis sa naissance en 1991. A la veille des élections israéliennes, il nous livre ici quelques-uns de ses questionnements sur l'avenir du conflit israélo-palestinien.
Réflexions contradictoires sur le droit au retour
(N°37, Printemps 2001, 6 pages)
Régine Dhoquois-Cohen
Seule a avoir exprimé mon désaccord sur le droit au retour au sein du comité de rédaction de Confluences Méditerranée, je livre ici quelques réflexions croisées, issues d'un dialogue avec Guy Dhoquois, dont la pensée sur la duplicité de l'Histoire m'a permis de mieux appréhender - sans les dépasser - mes contradictions sur les tragiques impasses du conflit israélo-palestinien.
Une nouvelle donne
(N°37, Printemps 2001, 13 pages)
Entretien avec Elias Sanbar
conduit par Robert Bistolfi et Bernard Ravenel
Elias Sanbar, rédacteur en chef de la Revue d'études palestiniennes, insiste sur l'importance des dynamiques à l'oeuvre dans la société civile de Cisjordanie et de Gaza et dans les sociétés arabes. Par ailleurs, il analyse de manière approfondie le contenu des récentes négociations israélo-palestiniennes et explique pourquoi elles ont échoué.
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Quattendre de la nouvelle politique américaine ?
(N°37, Printemps 2001, 8 pages)
Roger Heacock
(professeur dhistoire à luniversité de Bir Zeit)
Pour pratiquement tous les Arabes du monde (moins l'Irak) et d'Amérique (la grande majorité des Arabes américains ont pour la première fois voté républicain en 2000), l'élection de George Bush fut une excellente nouvelle. Ne se sépara-t-il pas de tous les conseillers pro-israéliens de Clinton et ses origines politiques propres, ainsi que celles de ses collègues dans l'administration, ne sont-elles pas, à travers le Texas et les entreprises pétrolières, plutôt porteuses de bonnes relations avec les pays du Golfe (surtout l'Arabie Saoudite), et donc moins rangées inconditionnellement derrière Israël ? C'est bien sûr une analyse superficielle, mais qui révèle ou plutôt qui cache une nouvelle donne idéologique à Washington de portée stratégique.
L'impasse au Proche-Orient vue
du Caire
(N°37, Printemps 2001, 7 pages)
Mohamed Sid-Ahmed
(politologue et journaliste à Al-Ahram, Le Caire)
Le processus de paix au Proche-Orient est à refaire. La nouvelle administration Bush (Junior) annonce qu'elle ne tiendra pas compte des avancées réalisées par Bill Clinton au long des huit années de son administration, et qui d'ailleurs se soldaient par un échec. Le nouveau président américain veut reprendre contact avec la région - cette fois prise dans son ensemble en tant que "Moyen-Orient" - là où Bush le père l'avait quittée, en se concentrant sur l'Iraq et en partant de l'hypothèse que l'invasion du Koweït par Saddam Hussein faisait de lui, aux yeux des régimes pétroliers de la péninsule arabique, un ennemi plus dangereux qu'Israël - hypothèse qui à l'époque convainquait ces régimes de rallier la conférence de Madrid, point de départ du processus de paix. Or, la donne au Moyen-Orient a considérablement changé au cours de la dernière décennie et ce n'est pas facile de convaincre les régimes arabes aujourd'hui que Saddam Hussein peut être pour eux un ennemi pire qu'Ariel Sharon.
Le silence de
lEurope
Combien d'euros vaut-il ?
(N°37, Printemps 2001, 14 pages)
Christian Heynold
(ancien haut fonctionnaire européen)
Oslo est mort, l'Union européenne n'en pleure pas. Ces accords avaient
été négociés en 1991, entre Israéliens et Palestiniens, dans la capitale d'un pays ne
faisant pas partie de l'Union et signé à Washington, sans participation européenne.
Juridiquement, le texte, appelé Oslo I, n'était rien d'autre qu'une déclaration
de principes qui reprenait l'orientation politique exprimée à maintes reprises par
les Européens depuis la déclaration de Venise (1980), à savoir : respect du principe
d'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris l'hypothèse de la création
d'un Etat indépendant, assorti de garanties de sécurité pour Israël.
L'Europe avait-elle eu raison trop tôt ? Si oui, pourquoi n'a-t-elle pas trouvé les
moyens pour traduire une analyse pertinente en politique dans une région limitrophe pour
laquelle elle porte une responsabilité historique considérable ? La nouvelle donne
politique américaine favorise-t-elle un aggiornamento du rôle de l'Union en
Méditerranée ? Pour trouver une réponse à ces questions un bref retour en arrière
s'impose.
La paix improbable
Propos impopulaires
(N°37, Printemps 2001, 13 pages)
Bernard Ravenel
L'Histoire bégaie dangereusement aujourd'hui au Moyen-Orient.
Sous nos yeux, en Israël et dans les Territoires palestiniens, est en train de prendre
forme une tragédie dont personne ne sait qu'elle peut être l'issue. Au jour
d'aujourd'hui, les choses étant ce qu'elles sont, d'issue il n'y en a pas. Nous sommes en
face d'une tragédie sans dénouement prévisible, d'une tragédie sans catharsis. Cela
fait plus de 50 ans que dure l'état de guerre entre Israël et Palestiniens, depuis 1948,
date de naissance de l'Etat d'Israël, Etat reconnu au peuple de la Shoah, une
reconnaissance juste, légitime moralement et donc politiquement. Mais depuis 1948 aussi
c'est une succession de guerres, de morts, d'assassinats, de Juifs et de Palestiniens
seulement coupables, le plus souvent, d'être juifs ou palestiniens. L'interrogation se
fait aujourd'hui pressante et angoissée : que faire pour la paix alors que jusqu'ici tout
a échoué ?
Actuel |
Intégration et
militantisme politique
Le cas des jeunes d'origine maghrébine en France
(N°37, Printemps 2001, 14 pages)
Dominique Baillet
(chargé de cours en sociologie à Paris V)
Jusqu'à une date récente, la sociologie politique du militantisme, tant française qu'américaine, s'était focalisée sur certains déterminants du militantisme comme le statut social et la socialisation familiale, et sur l'étude de l'engagement dans les partis politiques. En effet, les travaux d'Oberschall et de Mac Adam, centrés sur les causes et les motivations incitant certains individus à militer, restèrent des études macrosociologiques, qui ne prirent guère en compte des phénomènes microsociologiques, comme l'origine sociale ou la trajectoire des individus, et ainsi ne permirent pas de comprendre pour quelles raisons certains individus s'adonnaient au militantisme, plutôt que d'autres. La théorie du chercheur français D. Gaxie de la pratique militante fut élaborée, quant à elle, uniquement à partir d'un travail sur les partis politiques. Elle fut toutefois novatrice dans la mesure où elle montra que les partis procuraient des postes de responsabilités, des emplois permanents, un capital culturel, etc . et souligna la dimension d'intégration sociale du militantisme politique.
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Confluences culturelles |
Paix et politique : Yéhudah
Amihaï, poète de la paix
(N°37, Printemps 2001, 8 pages)
Shlomo Elbaz
(écrivain)
Je suis un"faucon" de la paix (Ezer Weizman)
Le poète israélien Yéhudah Amihaï, décédé l'automne dernier, n'est pas un inconnu pour les lecteurs de Confluences Méditerranée qui ont pu lire quelques-uns de ses poèmes (voir le numéro 9, hiver 1993-1994) consacrés à la paix entre les deux peuples, israélien et palestinien, unis par l'histoire et déchirés par un conflit à la fois territorial et religieux. La voix de Yéhudah Amihaï ouvre des perspectives que seule la poésie est capable d'offrir, hors des poncifs politiques ou religieux.