Dossier préparé par Burhan Ghalioun et Farouk Mardam-Bey |
Introduction
(N°44, Hiver 2002-2003, 2 pages)
Burhan Ghalioun et Farouk Mardam-Bey
Avec la disparition du président Hafez al-Assad en juin 2000 et l’élection de son successeur désigné, son propre fils Bachar, à la tête de l’Etat, du parti et de l’armée, la Syrie est entrée dans une période de transition incertaine dont la durée et l’issue dépendent pour l’essentiel des évolutions en cours sur la scène régionale.
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La fin de la «révolution»
baathiste
(N°44, Hiver 2002-2003, 13 pages)
Burhan Ghalioun
(Directeur du Centre d’Etudes sur l’Orient Contemporain,
Professeur de civilisation arabe à la Sorbonne-Paris)
Le système politique syrien trouve son origine dans le coup d’Etat militaire du 8 mars 1963 qui a mis au pouvoir une coalition hétéroclite des élites rurales issues de communautés longtemps marginalisées et soumises à une forte discrimination sociale et morale. Dans l’absence de toute perspective de surmonter ce défaut congénital et de se faire accepter comme pouvoir national, le nouveau régime n’avait pas d’autre choix que de maintenir l’usage généralisé de la coercition. L’arrivée au pouvoir de Bachar al-Assad en juillet 2000 a suscité l’espoir de réformes en profondeur, mais le «Printemps de Damas» n’a duré que quelques mois…
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Perspectives de l’économie
(N°44, Hiver 2002-2003, 14 pages)
Samir Seifan
(Economiste syrien)
Si dans la première moitiée des années 90 le pays a profité d’un bon taux de croissance, il a connu, dans la 2è moitié de la même décennie une récession économique. Aujourd’hui les défis auxquels fait face la Syrie font que la réforme est devenue une nécessité incontournable. Si des changements ne sont pas rapidement apportés, l’économie connaîtra un véritable désastre, alors qu’elle dispose de sérieuses potentialités.
Censure et information
(N°44, Hiver 2002-2003, 8 pages)
Hassan Abbas
(Docteur ès Lettres à la Sorbonne III)
La presse en Syrie est née dans le giron de l’Etat quand le wali (Rached Pacha) fit éditer à Alep, en 1865, Sûriya, organe officiel de la province de Syrie. Quelque douze ans plus tard, un cheikh éclairé d’Alep fut autorisé à publier un journal Ach-Chahbaa, premier périodique national privé. L’édition était confiée au célèbre penseur syrien réformiste Abderrahman Kawakibi. Mais, à la suite d’une information parue dans le deuxième numéro, les autorités ottomanes suspendirent le journal, inaugurant par ce fait une longue histoire de la censure.
Chronique d’un
printemps
(N°44, Hiver 2002-2003, 8 pages)
Najati Tayyara
(Chercheur et écrivain, membre fondateur des Comités de
renaissance de la société civique, membre du Conseil d’administration de
l’association des droits de l’Homme en Syrie)
Les expressions «Printemps de Damas» et «Printemps de la Syrie» désignent un certain nombre de phénomènes socio-politiques qui ont surgi après la mort du président Hafez al-Assad établissant une sorte de parallélisme avec le Printemps de Prague, de Varsovie et de Beijing. Le Printemps syrien a vu se développer le rôle des intellectuels et se multiplier les bulletins d’opinion, la naissance ou la renaissance de noyaux de la société civile, ainsi que la tenue un peu partout de cercles et de forums de discussions. Ces phénomènes n’ont pas surgi du néant et la société syrienne avait vécu auparavant une longue et douloureuse gestation ; le régime totalitaire avait longtemps réussi à maîtriser ces phénomènes pour des raisons très complexes. Pourtant, la braise qui couvait sous la cendre attendait que le vent se lève du bon côté.
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Le débat sur la
société civile
(N°44, Hiver 2002-2003, 8 pages)
Mohamed Jamal Barout
(Ecrivain et chercheur syrien. Il participe activement aux débats
actuels concernant les projets de réforme en Syrie et y fait de nombreuses
interventions)
On ne saurait comprendre la portée des débats très vifs engagés par la société civile durant les six premiers mois du mandat du président syrien Bachar al-Assad, sans s’intéresser aux acteurs principaux qui les ont lancés. Qui sont-ils, en effet ? Il s’agit d’une frange de l’intelligentsia syrienne, formée de personnalités et d’organisations nationalistes et de gauche, nées de scissions dans les partis qui ont été à l’origine du Front national progressiste, «au pouvoir» en Syrie sous la direction du Baath. Cette classe s’inscrit dans une lignée socio politique radicalement nouvelle, pour la défense de l’intérêt général.
Heurs et malheurs
des droits de l’Homme
(N°44, Hiver 2002-2003, 7 pages)
Radwan Ziyadeh
(Ecrivain et chercheur syrien, rédacteur en chef de la revue
Tayyarât ; il est l’un des fondateurs du comité des droits de l’Homme en Syrie)
On constate de la part du pouvoir syrien de nombreuses restrictions aux droits de l’Homme et notamment à travers le sort qu’il réserve aux partis d’opposition, aux forums nés lors du Printemps de Damas et à la liberté de la presse.
L'opposition
syrienne
(N°44, Hiver 2002-2003, 11 pages)
Yassîn Al Haj Saleh
(Ecrivain. Il participe activement au débat politique
syrien.)
Contrairement à ce que l’on pourrait penser et malgré l’euphorie qui a suivi l’accession au pouvoir de Bachar al-Assad, en été 2000, aucun nouveau parti politique n’a vu le jour en Syrie. Cependant, on a assisté à l’émergence de formes nouvelles d’organisations manifestant un intérêt certain pour les affaires publiques, mais différentes des partis politiques traditionnels.
La lutte pour
la démocratie en Syrie et l’indépendance libanaise
(N°44, Hiver 2002-2003, 11 pages)
Samir Kassir
(Historien libanais, éditorialiste au quotidien Al-Nahar de
Beyrouth)
Octobre 2002 : le général Ghazi Kanaan est muté à Damas, et la classe politique libanaise se met en quatre pour l’honorer. Le président de la République le décore de la plus haute distinction libanaise, et la clé de la ville de Beyrouth lui est solennellement remise en présence du chef du gouvernement. Ghazi Kanaan vient de passer deux décennies pleines au Liban, à la tête de l’antenne des services de renseignements syriens, dont au moins douze ans dans le statut officieux mais ô combien effectif de gouverneur du pays ou, comme il se disait à mi-voix, de «haut-commissaire».
Actuel |
La
Macédoine à la croisée des chemins
(N°44, Hiver 2002-2003, 9 pages)
Entretien
avec Slobodan Casule
conduit par Christophe Chiclet
Slobodan Casule a été ministre des Affaires étrangères de la République de Macédoine de novembre 2001 à septembre 2002. Connu pour son franc-parler, nous l’avons rencontré lors de son dernier passage à Paris, le 26 juillet 2002. Ses paroles étaient prémonitoires à l’heure où les irrédentistes albanais ont le vent en poupe. Ancien dirigeant du petit parti centriste, Nouvelle Démocratie, il est aujourd’hui député de la vmro (Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne), revenue dans l’opposition après les législatives du 15 septembre 2002.
«Forcez les Palestiniens
à se rendre et terminez la guerre»
(N°44, Hiver 2002-2003, 9 pages)
Gershon Baskin
(Fondateur et le codirecteur de l’ipcri, le Centre de
Recherche et d’Information Israël/Palestine)
«Forcez les Palestiniens à se rendre et terminez la guerre». Ce slogan qui paraphrase de façon adéquate les sentiments de l’Israélien moyen a été placardé dans les rues d’Israël. La population israélienne a été aveuglée ou a choisi de ne pas voir la réalité de ce que nous vivons. Le gouvernement israélien est perdu. Le idf a échoué. Le public israélien vit dans un monde de fantaisie.
L’islam et le
post-orientalisme américain
(N°44, Hiver 2002-2003, 13 pages)
Ziad Hafez
(Economiste, écrivain et chercheur)
Le monde académique américain sur le Proche Orient se caractérise par deux aspects : il est intimement lié à la politique du Département d’Etat dans la région et il assume la responsabilité de la promotion d’un islam politique rétrograde et violent au détriment des véritables promoteurs d’une réforme de l’islam compatible avec la modernité, qui eux sont passé sous silence.
Confluences culturelles |
Nouvelle :
L’obscurité
(N°44, Hiver 2002-2003, 4 pages)
Ibrahim Samuel
Né à Damas en 1951, il est l’auteur d’un recueil d’articles
publié dans la presse arabe et de quatre recueils de nouvelles qui l’ont placé
parmi les meilleurs nouvellistes du monde arabe. Ses nouvelles ont été traduites
dans plusieurs langues étrangères.
Production d’un messie :
Au-delà de la montagne de Yachar Kemal
(N°44, Hiver 2002-2003, 9 pages)
Jad Hatem
(Universitaire libanais)
Le livre de l’auteur turc Yachar Kemal est ici le prétexte au questionnement suivant : comment une œuvre littéraire cherche à faire apparaître le processus complexe de la naissance d’un personnage de messie dans une communauté humaine…
Le cinéma
yougoslave
(N°44, Hiver 2002-2003, 3 pages)
Christophe Chiclet
(Journaliste)
Du 22 au 28 août dernier, s’est tenu le 37e festival du film yougoslave de Nis. Nous sommes bien loin des inaugurations pompeuses de l’époque yougoslave ou des années de plomb de la période Milosevic. Aujourd’hui, le cinéma yougoslave a un nouvel ennemi : le manque criant de moyens.