Dossier préparé par Jean-Paul Chagnollaud |
Avant-Propos
Au-delà de l’élargissement
(N°46, Eté 2003, 2 pages)
Odile Chenal et Gottfried Wagner
L’Union européenne traverse actuellement, dans un contexte international bouleversé par la récente guerre en Irak, un processus d’élargissement complexe et multidimensionnel. Dix pays européens deviendront membres de l’Union européenne en 2004 ; d’autres restent dans la «salle d’attente», alors que d’autres encore sont complètement exclus du processus d’élargissement. Parallèlement, l’impact social et culturel de l’immigration force les sociétés européennes à s’interroger sur leurs propres valeurs et paradigmes sociaux et à élargir leurs horizons culturels : c’est l’élargissement de l’intérieur.
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Introduction
Télescopage
(N°46, Eté 2003, 3 pages)
L’élargissement de l’Union européenne à dix nouveaux pays a été fêté en grande pompe cette année à Bruxelles et très largement commenté par les médias tant l’événement est d’importance. Il marque en effet une nouvelle étape majeure dans l’aventure européenne qui, partie dans les années 50 des six pays fondateurs, concerne aujourd’hui une large partie du continent européen en attendant l’arrivée annoncée d’autres membres d’ici quelques années. Si cette ouverture ne peut être sérieusement critiquée, il en va autrement du choix du moment et de ses implications pour les relations de l’Europe avec la Méditerranée.
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La
Méditerranée oubliée
(N°46, Eté 2003, 8 pages)
Jean-François Drevet
(fonctionnaire européen)
Depuis le début des années 1980, la construction européenne,
longtemps limitée à la France et à l’Italie, s’étend progressivement sur
l’ensemble de la rive nord du bassin: après la Grèce (1981), l’Espagne et le
Portugal (1986), l’UE comptera en 2004 trois nouveaux membres méditerranéens
(Chypre, Malte et la Slovénie), en attendant de traiter des deux candidatures de
la Turquie (1987) et de la Croatie (2003). Avec les autres pays des Balkans
occidentaux, souvent qualifiés de candidats potentiels, on voit clairement la
vocation de l’Union à rassembler au moins la moitié du monde méditerranéen.
Il n’en va pas de même pour l’autre partie, bien qu’elle bénéficie, à
l’exception de la Libye, d’un régime d’association remontant aux années 1970.
Malgré les efforts déployés depuis les adhésions ibériques, le développement du
processus de Barcelone et la signature d’accords rénovés, les progrès ne peuvent
se comparer à ceux qui ont été réalisés dans le cadre du processus d’adhésion.
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Le nouveau pacte de
Varsovie
(N°46, Eté 2003, 6 pages)
Le 6 février 2003, quelques jours après la publication par huit dirigeants européens (le «Gang des 8» : le Royaume- Uni, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, le Danemark, mais aussi la Pologne, la République Tchèque, la Hongrie) d’une lettre appelant à soutenir la guerre de Bush contre l’Irak, dix autres pays du bloc de l’Est (Lettonie, Lituanie, Estonie, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie, Roumanie, Albanie, Croatie, Macédoine) font de même. Ces dix pays visent tous à entrer dans l’OTAN mais aussi dans l’Union européenne…
L'Europe et
l’autre Europe…
Ces dix candidats qui frappent à la porte
(N°46, Eté 2003, 5 pages)
Predrag Matvejevic
(écrivain)
L’élargissement de l’Union européenne à dix nouveaux pays a été fêté en grande pompe cette année à Bruxelles et très largement commenté par les médias tant l’événement est d’importance. Il marque en effet une nouvelle étape majeure dans l’aventure européenne qui, partie dans les années 50 des six pays fondateurs, concerne aujourd’hui une large partie du continent européen en attendant l’arrivée annoncée d’autres membres d’ici quelques années. Si cette ouverture ne peut être sérieusement critiquée, il en va autrement du choix du moment et de ses implications pour les relations de l’Europe avec la Méditerranée.
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Construire un
espace Euro-méditerranéen
(N°46, Eté 2003, 4 pages)
Romano Prodi
(président de la Commission Européenne)
Pour donner une idée de ce que l’Union européenne souhaite entreprendre à l’avenir vis-à-vis des pays du bassin méditerranéen, nous avons choisi de publier ce discours que Romano Prodi, président de la Commission européenne, a prononcé à Bologne, le 17 mai 2003.
Tunisie :
Le Maghreb et l’élargissement
(N°46, Eté 2003, 8 pages)
Abderraouf A.Ounaïes
(diplomate)
Pour donner une idée de ce que l’Union européenne souhaite entreprendre à l’avenir vis-à-vis des pays du bassin méditerranéen, nous avons choisi de publier ce discours que Romano Prodi, président de la Commission européenne, a prononcé à Bologne, le 17 mai 2003.
Maroc :
Interrogations et inquiétudes
(N°46, Eté 2003, 10 pages)
Abderrahman Youssoufi
(ancien premier ministre marocain)
L’élargissement de l’Union européenne est un processus sans doute naturel. Dans un avenir proche d’autres pays de l’Europe centrale et des Balkans ont vocation à rejoindre les dix nouveaux pays appelés à intégrer l’Union le 1er mai 2004. L’Europe, dont les premiers balbutiements virent le jour au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, s'édifie, malgré les hauts et les bas, devant nos yeux, chaque jour davantage.
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Algérie :
«Nous ne sommes pas perdants»
(N°46, Eté 2003, 10 pages)
Entretien avec Mouloud Achour
( écrivain, journaliste)
Mouloud Achour est écrivain, journaliste. Directeur de la rédaction du quotidien Liberté, fondé en 1992, directeur littéraire aux Editions Casbah, créées en 1995 à Alger, il est responsable du domaine «Livre» de l’Année de l’Algérie en France.
Algérie :
«L’Europe c’est loin et compliqué»
(N°46, Eté 2003, 4 pages)
Entretien avec Agoumi
(comédien)
On voit aussi bien le comédien Agoumi au théâtre qu’au cinéma (De l’autre côté de la mer ; Les diseurs de vérité, film qui lui a valu le prix d’interprétation masculine au festival de Valence en 2001). Il a été directeur de la Maison de la Culture de Tizi-Ouzou, du Centre d’Information et de Culture d’Alger, du Théâtre National Algérien (tna). En juin 2003, il est l’interprète principal de Nedjma, monté d’après l’oeuvre de Kateb Yacine au Théâtre du Vieux Colombier à Paris (deuxième salle de la Comédie Française) dans le cadre de Djazaïr, l’année de l’Algérie en France.
Egypte :
«Soyons optimistes malgré tout»
(N°46, Eté 2003, 4 pages)
Entretien avec Ahmed Youssef
(universitaire, journaliste)
Universitaire passé au journalisme, Ahmed Youssef travaille pour le grand quotidien égyptien Al-Ahram. Il est également écrivain. Son dernier ouvrage, L’Orient de Jacques Chirac, est paru au printemps 2003 aux Editions du Rocher.
Egypte :
«T’attends toujours qu’elle tombe amoureuse
de toi»
(N°46, Eté 2003, 3 pages)
Ahmed Al-Attar
(metteur en scène, auteur dramatique et traducteur
indépendant)
Le Caire. Un bar sombre qui ressemble à une grande cave. Les petites bougies allumées sur chaque table représentent les seules sources de lumière. Au fond, presque dans le noir, on distingue à peine le bar. Devant le bar, en deuxième plan, trois tables. La première est occupée par deux hommes, la deuxième est occupée par une femme et deux hommes et la troisième est vide.
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Israël :
Une nouvelle Europe ?
(N°46, Eté 2003, 6 pages)
Shlomo Elbaz
(universitaire et écrivain)
L’Europe est le dernier des soucis d’Israël en ce moment : la diplomatie et l’avenir du pays au sein du Moyen-Orient se jouent de l’autre côté de l’Atlantique et le sentiment dominant est que l’on ne peut plus compter sur l’Europe…
Jordanie :
Les perceptions des intellectuels
(N°46, Eté 2003, 12 pages)
Dr Jamal Al-Shalabi
(professeur assistant en science politique à l’université Hashémite-Zarka)
L’Europe est le dernier des soucis d’Israël en ce moment : la diplomatie et l’avenir du pays au sein du Moyen-Orient se jouent de l’autre côté de l’Atlantique et le sentiment dominant est que l’on ne peut plus compter sur l’Europe…
Liban :
L’espoir européen, vu du sud de la
Méditerranée
(N°46, Eté 2003, 6 pages)
Carole H. Dagher
Au sud de la Méditerranée, et plus particulièrement sur ses rives orientales, l’avènement d’une Europe forte, s’exprimant d’une même voix et agissant d’un commun accord entre ses pays membres, est vivement souhaité, d’abord et surtout pour faire le contrepoids face à l’influence politique des Etats-Unis dans cette partie du monde. Ensuite, c’est l’Europe en tant que puissance politique qui est l’objet des vœux de la plupart des gouvernants et gouvernés du Moyen-Orient. Et, jusqu’à nouvel ordre, la volonté politique susceptible de faire émerger une superpuissance européenne reste concentrée dans ce qui fut l’Europe de l’Ouest, à l’époque de la guerre froide.
Chypre :
A l’heure du choix européen
(N°46, Eté 2003, 15 pages)
Pierre Blanc
(chercheur, centre de recherche et d'analyse géopolitique de
l'université Paris VIII)
La crise puis la guerre en Irak, dont les médias ont exposé tous les méandres, ont occulté d’autres pans de l’actualité internationale. L’actualité chypriote, dont l’incidence est de loin moins importante sur la marche du monde, fait partie de ces sujets mis au second plan. Pourtant, celle-ci a connu récemment une accélération, peut-être sans précédent depuis la partition intervenue en 1974 et les mouvements de population qui l’accompagnèrent.
Grèce :
Entre le Sud et l'Est
(N°46, Eté 2003, 4 pages)
Entretien avec Yannos Papantoniou
(ancien ministre socialiste de l’Economie)
Ancien ministre socialiste de l’Economie, Yannos Papantoniou est aujourd’hui ministre de la Défense dans le gouvernement de Kostas Simitis. Les 14 et 15 avril dernier, il était à Paris et à Berlin pour s’entretenir du rôle futur des Nations Unies en Irak et de la mise en place de l’Euroforce dans les Balkans.
Albanie :
L'Albanie et l'Europe
(N°46, Eté 2003, 6 pages)
Kolë Gjeloshaj
La signature le 16 avril du traité d'adhésion à l'Union européenne (ue) a une symbolique forte pour les pays de la région. En effet, non seulement cette signature s'est déroulée en Grèce, l'un des seuls pays de la région avec la Turquie à n'avoir jamais connu de régime communiste, mais, en plus, cette signature concernait des pays appartenant à ce qu'on appelait le «bloc de l'Est» (exception faite de Chypre et de Malte).
Actuel |
Le sommet
d’Athènes
(N°46, Eté 2003, 4 pages)
Article
de Christophe Chiclet
suivi d’un entretien avec Panos Kammenos
(Député de la
Nouvelle Démocratie depuis plus de dix ans, il est le chef de la délégation
grecque à l’osce et le vice-président de la Commission générale des affaires de
politique de sécurité à l’osce)
Les 16 et 17 avril l’Union européenne a organisé à Athènes une cérémonie d’élargissement historique. Depuis la signature du traité de Rome, jamais l’Europe ne s’était agrandie de la sorte. Pourtant ces retrouvailles entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est ont été en partie gâchées par la guerre en Irak et l’impossibilité de mettre en place une politique étrangère commune.
Un processus d’intégration
atypique :
le passage par la référence musulmane pour se sentir français
(N°46, Eté 2003, 13 pages)
Dounia Bouzar
(éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse et
membre du Conseil français du culte musulman)
Se construire «à la fois Français et musulman», tel est le nouveau leitmotiv d’un certain nombre de ces jeunes nés en France qui se nomment «première génération de Français de confession musulmane» et remettent en question «l’obligation de discrétion» à laquelle se sont plus ou moins soumis leurs pères et leurs frères. En élaborant leur identité à partir de toutes leurs références et en refusant d’être limités à une seule d’entre elles, ils redéfinissent les références qui leur sont offertes pour construire du sens à leur vie et, par là même, les processus menant à l’intégration. Un certain nombre de jeunes filles, notamment, se réapproprient, à travers le prisme de leur culture française, leurs sources religieuses, résolues à prouver tout au long de leur démarche d’accession à la modernité qu’il n’y a pas d’incompatibilité avec l’islam. Déterminés à démontrer qu’il n’existe pas une seule manière de se référencer à l’islam, ces jeunes tentent de se définir au-delà des définitions «enfermantes» qui résultent tant de l’histoire de l’islamisme international que de l’histoire de France.
Le congrès du Bourget:
une «fête de l'Humanité» islamique
(N°46, Eté 2003, 9 pages)
Samir Amghar
(doctorant en sociologie à l’ehess/cadis)
Chaque année et cela depuis 1988, l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), organise au palais des expositions du Bourget une grande manifestation à laquelle participent plus de 200 villes. Des dizaines de milliers de musulmans de toute la France et de toute l’Europe viennent assister à des conférences de savants musulmans sur les conditions de la pratique religieuse en France et sur la manière dont l’islam doit être vécu dans une société occidentale. En quelques années, le Bourget est devenu le rendez-vous «islamique» par excellence. Le Congrès du Bourget est bien plus qu’une grande manifestation religieuse, il est la vitrine d’une fédération d’associations, l’Union des Organisations Islamiques de France, lui permettant d'avoir une visibilité sociale et médiatique importante dans le microcosme islamique. Pour cette dernière, le «Bourget» constitue un événement majeur et il se révèle comme un médium important: «Chaque année, on passe un message aux musulmans et à la société à travers le Bourget. Le but est de faire connaître à la société les positions des musulmans sur différentes questions et aux musulmans qui doivent savoir se comporter». (F. Alaoui - Secrétaire général de l’UOIF).
Le jeune marché
matrimonial musulman en France
Un espace entre spontanéité et institutionnalisation
(N°46, Eté 2003, 9 pages)
Amel Boubekeur
(doctorante à l’ehess/cadis)
La néocommunauté des jeunes Français musulmans pratiquants est un ensemble plus ou moins homogène avec ses codes et ses interprétations spécifiques des relations hommes-femmes dans l’absolu. Cependant le fait d’être une minorité d’une part en tant que musulmans au sein de la société française et d’autre part en tant que pratiquants parmi les jeunes de culture musulmane rend ces acteurs du marché matrimonial beaucoup plus visibles. Pour structurer et orienter cette visibilité, de nouveaux lieux et acteurs émergent en rassemblant hommes et femmes musulmans pratiquants.
Confluences culturelles |
Les
pratiques poético-musicales juives au
Maroc
et leurs rapports avec les traditions andalouso-marocaines
(N°46, Eté 2003, 9 pages)
Joseph Chetrit
Depuis le Moyen Age, les pratiques musicales et poétiques
juives de l'Occident musulman ont évolué en étroite dépendance avec celles qui
se sont développées chez les musulmans dans l'aire culturelle hispano-musulmane
et arabo-berbère. Les raisons de cette connivence furent nombreuses.
Le groupe Naguila :
La musique judéo-arabe au service de chants
mystiques séfarades
(N°46, Eté 2003, 9 pages)
L’interminable conflit judéo-arabe ne doit pas faire oublier les liens culturels étroits tissés au fil des siècles entre ces deux peuples. La musique en témoigne.