Confluences Méditerranée                                       N°47             Automne 2003

 


Liban, Etat et société :
la reconstruction difficile

Dossier préparé par Ghassan El-Ezzi

 

Résumes en version anglaise

 

La reconstruction du Liban… Un chantier semé d’embûches
(N°47, Automne 2003, 10 pages)

Ghassan El-Ezzi
(
professeur de Science Politique à l'université libanaise et chercheur en Relations Internationales,
auteur de L'invasion israélienne du Liban, L'Harmattan, 1990, 
et, en arabe,  de Politique de la Force, l’avenir des Superpuissances et de l'ordre international, Beyrouth, 2000)

La fin de la guerre au Liban a vu s’ouvrir une période de reconstruction transformant le pays en un immense chantier. Mais cette reconstruction s’avère particulièrement difficile et soulève des problématiques très complexes : ses acteurs sont nombreux et ses enjeux s’enchevêtrent entre un système international en grande mutation et une région marquée par le règlement introuvable du conflit israélo-arabe.

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La guerre civile est-elle réellement finie?
(N°47, Automne 2003, 16 pages)

Samuel Menassa
(directeur du MSI Lebanese -centre spécialisé dans la recherche, la documentation et dans l’information technologique-  et de la MSI Data Bank -institut travaillant sur les politiques économiques et sociales au Moyen-Orient-. Enseignant à l’université de Balamand.)

Partant de la question suivante : quelle est la situation politique libanaise à la suite de l’accord dit de réconciliation nationale de Taëf (Arabie saoudite) qui mit un terme à plus de 15 ans de guerre civile (1975-1990), l’objectif de cette étude est double : savoir si, douze ans après cette guerre, il y a un consensus entre les différentes parties libanaises sur les principaux thèmes, politiques, sociaux, économiques, etc., et savoir si la guerre civile a pris fin à la suite d’une entente entre les protagonistes ou à la suite d’une victoire d’une des parties qui a imposé sa propre conception du Liban. Ces deux objectifs seront atteints en essayant de répondre à trois questions principales : comment la guerre libanaise a-t-elle fini ? Pourquoi est-elle finie ? Et finalement, est-elle réellement finie ?

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Politiques de l’Etat et reconstructions
bilan de la décennie 1991-2001
(N°47, Automne 2003, 19 pages)

Boutros Labaki
(économiste, professeur aux Universités de Beyrouth, premier vice-président du Conseil du Développement et de la Reconstruction du Liban (1991-200), président de l'Institut Libanais du Développement Economique et Social)

Avec la fin de la guerre, l’Etat libanais se lance dans une politique de reconstruction (de l’infrastructure, de l’économie, des services sociaux, etc.) où plusieurs présidents et plusieurs gouvernements, mettant en place de nouveaux plans, se sont succédés. Plus d’une décennie après, un retour en arrière sur cette période s’impose, pour resituer les politiques de l’Etat et la reconstruction des années 90, dans leurs contextes multiples.

 

 

 La disparité socio-économique comme facteur de désintégration ?
(N°47, Automne 2003, 9 pages)

Walid Salim Safi
(docteur en science politique de l’Université de Montpellier)

Nombreux sont les politologues qui s’accordent sur le fait que la disparité socio-économique dans les pays caractérisés par une division segmentaire représente un danger réel pour l’union nationale ainsi que pour leur avenir. Certains politologues sont allés plus loin en considérant que l’équilibre socio-économique entre les communautés représente une condition fondamentale pour le maintien du système de concordance1. Qu’en est-il pour le Liban ?

 

 

Consolidation ou recomposition de la société civile d’après-guerre ?
(N°47, Automne 2003, 12 pages)

Fadia Kiwan
(professeur de sciences politiques, directrice de l’Institut des sciences politiques à l’USJ)

Il est évident que la guerre intérieure est le processus par excellence qui affecte le plus durablement le tissu des relations dans une collectivité, car en plus des destructions substantielles des infrastructures matérielles, elle s’accompagne de pertes en vies humaines, de blessures, de handicaps et de mutilations, d’enlèvements, de prise d’otages, de tortures, de vexations, d’humiliations et de peur, et ces derniers phénomènes affectent directement les populations civiles. Il faut ajouter que la durée de la guerre et sa nature influent aussi sur l’intensité de ses effets négatifs et de ce point de vue la guerre au Liban a battu les records par le nombre de volets qu’elle a comportés et par la violence (mesurée relativement en intensité de feu) qu‘elle a exercée. Si elle n‘était pas une guerre civile au sens strict, c’est-à-dire du point de vue de ses acteurs, elle était civile par ses cibles et ses victimes. Qu’est devenue la société civile au Liban dans l’après- guerre ?

 

 

Les composantes rationnelles d’une réforme administrative
(N°47, Automne 2003, 17 pages)

Sami Salhab
(professeur de droit public à l’Université libanaise de Beyrouth et conseiller juridique en matière de contentieux administratif )

L’administration libanaise ne témoigne que rarement d’une vive ardeur au travail. L’incompétence et l’inefficacité sont au premier rang des problèmes qui l’affligent à l’heure actuelle. L’Etat se trouve sur la défensive ; il éprouve des difficultés à surmonter les problèmes qui ont secoué ses structures politiques et administratives. Cette crise influe énormément sur l’administration, outil au service de l’appareil gouvernemental, qui devient le réceptacle de toutes les imprécations contre l’Etat. De même, elle influe négativement sur les agents publics. Ces derniers constituent la première richesse de l’Etat ; de leur compétence dépend la capacité des services publics à répondre aux besoins du pays. En effet, cette crise entraîne chez les agents publics une perte de confiance grandissante dans la mission qui leur est confiée au point qu’ils ont fini par s’habituer au blocage de l’administration et aux plaintes du public qui fait de preuve de défiance à l’égard des dirigeants et des institutions. Aujourd’hui, l’Etat doit s’engager à respecter des objectifs de qualité ; ainsi seule une administration compétente et dépolitisée lui permettrait de devenir un véritable Etat stratège.

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Les enjeux de la terre et de l’eau
(N°47, Automne 2003, 13 pages)

Omar Salam

L’agriculture libanaise connaît de lourdes difficultés et est devenue un enjeu politique, économique et social important. La mise en place d’une stratégie agricole nouvelle est par ailleurs primordiale pour certaines régions du pays plus particulièrement concernées et doit s’accompagner d’une valorisation des richesses en eau jusqu’ici peu exploitée.

 

 

Les réfugiés palestiniens
(N°47, Automne 2003, 12 pages)

Souheil El-Natour
(directeur du bureau de l'hebdomadaire Al-Hourriah à Beyrouth, chercheur en matière de réfugiés et président du Forum culturel palestinien. Auteur de : Les Palestiniens au Liban (fr.), 1993, L'UNRWA (arabe), 1997)

Le président George W. Bush a donné le 24 juin 2002 son point de vue concernant une solution adéquate à la crise du Moyen Orient, cependant il a omis de signaler le problème des réfugiés, ainsi que leur droit au retour, conformément à la résolution 194 des Nations Unies. Cette position n'est pas facilement admissible et elle est de nature à effrayer les pays qui accueillent les réfugiés et qui craignent leur implation définitive. En effet ces Etats refusent de faire supporter la charge des réfugiés à leur population. C'est notamment la position de l'Etat libanais qui souffre toujours des effets néfastes de la guerre civile et des guerres dues à l'occupation israélienne du Sud Libanais.

 

 

 

Actuel

 

Où va Jérusalem ? L'expérience de la Maison de l'Orient
apports et perspectives
(N°47, Automne 2003, 8 pages)

May Maalouf Monneau
(doctorante à l’univeristé Panthéon-Assas, Paris 2)

L'avenir de la Maison de l'Orient, fermée par les autorités israéliennes depuis août 2001, est aujourd'hui en proie à l'incertitude. Si la «feuille de route» proposée par le Quatuor (Etats-Unis, Europe, Russie, Nations Unies) en mai 2003 évoque l'ouverture des institutions palestiniennes situées à Jérusalem-Est, elle ne cite pas la Maison de l'Orient d'une manière explicite. Et pourtant, l'esprit de résistance que cette dernière a instauré est toujours vivant dans la conscience palestinienne d'aujourd'hui. Cette institution a réussi en effet à être la force motrice de la résistance palestinienne à Jérusalem pendant presque dix ans.

 

 

Le deuxième siècle d'Israël-Palestine
Rappel de quelques paradoxes élémentaires…
(N°47, Automne 2003, 21 pages)

Olivier Carré

Ce n'est pas essentiellement de l'extérieur, pas même des Etats-Unis, que peut advenir effectivement la paix (qui est déjà écrite, programmée et acceptée largement), mais de l'intérieur. Les puissances extérieures n'ont peut-être pas d'intérêt majeur à guérir «l'homme malade» qu'est le Proche-Orient à la suite de la Turquie ottomane, c’est même sans doute le contraire. Et, quand d'aventure leur intérêt les y pousse comme, apparemment, en 1991-2000, elles sont impuissantes en dernier ressort. Le romancier Ghassân Kanafâni (assassiné plus tard à Beyrouth) me disait en 1970 dans son bureau de la revue Al-Hadaf (du FPLP - Front Populaire pour la Libération de la Palestine) : «Pas les Etats arabes, ni l'Europe, ni l'URSS, ni les USA, mais seulement Israël et nous parviendrons à la paix».

 

 

Confluences culturelles

 

Hommages à Mohammed Dib
(1920-2003)
(N°47, Automne 2003, 4 pages)

Claudine Rulleau
(Journaliste et écrivain)

«Mes lèvres durciront, boue sèche. Mon corps tombera en poussière. Il ne me restera que ces conquêtes de délire qui ruinent. Que leur silence.»

Vous pouvez lire la totalité de ces hommages en cliquant ici

 

 

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