Sport et politique Dossier préparé par Christophe Chiclet et Kolë Gjeloshaj |
Christophe Chiclet et Kolë Gjeloshaj
Cet été, les Jeux olympiques reviennent dans leur berceau. Pour la Grèce, il s’agit d’un énorme défi économique et politique à relever. La plus grande manifestation sportive mondiale s’installe sur les bords de la Méditerranée qui est aussi un grand lac sportif. De Gibraltar à Beyrouth, de Belgrade au Caire, le sport est une passion, parfois même une religion. Ce sport est même très souvent instrumentalisé à des fins politiques. Les relations entre sport et politique restent encore largement une terra incognita, peu étudiée par les chercheurs et les journalistes. Nous avons donc tenté modestement de pallier ce manque...
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108 ans après leur création, les JO modernes reviennent dans leur berceau, en Grèce. Pour ce pays, il s’agit d’une victoire plus politique que sportive. Mais les enjeux sont énormes, économiques, politiques, mais aussi un enjeu de crédibilité pour un pays de seulement dix millions d’habitants. Et la première des crédibilités, après le 11 septembre 2001 et le 11 mars 2004, c’est la sécurité des Jeux, comme durant la trêve olympique des Jeux antiques.
Alexis Krauss
Aujourd'hui, on ne peut nier le succès considérable de
l'entreprise du baron Pierre de Coubertin qui, malgré des critiques souvent
justifiées, s'est imposée comme l'événement sportif majeur de la planète,
consacrant les nouvelles divinités féminines et masculines. L'envergure mondiale
de l'événement en fait aussi nécessairement une extraordinaire entreprise
économique, sujet de convoitise et jusque-là réservée aux pays riches.
Troublante manifestation du monde moderne, occasion de faire des affaires, voire
de promouvoir de bonnes causes, les JO, aux bilans contradictoires, mettent en
avant l'égalité des sexes et des races.
Cet article est initialement paru dans le n°20, hiver 1996-1997
Sylvain Adami
Les Jeux méditerranéens représentent pour les nations participantes un certain nombre d’intérêts, même si ceux-ci sont très différents en fonction du niveau de développement des pays. Pour les uns, il s’agit d’utiliser cette manifestation pour tester des athlètes en vue de compétitions plus importantes. Pour d’autres, une telle compétition facilite la reconnaissance internationale et l’affirmation en tant que puissance régionale.
À l'occasion de l'organisation par la ville d'Izmir en août 2005 des 23èmes Jeux
mondiaux universitaires d'été (Universiade) et par Turin de l'édition d'Hiver
2007, nous nous pencherons sur l'apport de différentes entités du bassin
méditerranéen dans la structuration de la Fédération internationale du sport
universitaire (FISU), organisme qui a créé et détient les droits d'attribution
et de supervision de ces jeux. C'est non seulement sur les hommes qu'il faut se
pencher, mais aussi sur l'organisation des événements pour comprendre combien
les Jeux méditerranéens ont été structurants pour la FISU.
L’intégration des sportifs
professionnels méditerranéens dans l’Union européenne
(N°50, Eté 2004, 10 pages)
Alexandre Husting
Dans le domaine sportif, un arrêt de 1995 a mis fin aux quotas de nationalité dans la composition des clubs et des indemnités de transfert en fin de contrat pour les sportifs professionnels ressortissants de l’UE. La Communauté européenne a également conclu des accords d’association avec des Etats tiers, notamment méditerranéens, dont certains contenant une clause de non-discrimination de nationalité. Dans le cadre du Partenariat euro-méditerranéen, issu de la Conférence de Barcelone de 1995, de nouveaux accords ont été signés avec 12 pays méditerranéens du Maghreb, du Machrek et Israël. Quand est il exactement de la situation de ces sportifs professionnels ?
Le sport au
féminin comme enjeu d’un dialogue possible en Méditerranée
(N°50, Eté 2004, 10 pages)
Marie-Christine Lanfranchi
Organisé sous l’égide de la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports
Provence-Alpes-Côte d’Azur, le colloque «Femmes et sports dans les pays
méditerranéens» s’est tenu à Antibes-Juan-les-Pins en novembre 2000. C’est au
terme de ce colloque que l’association Femmes Sport Culture Méditerranée a vu le
jour en mars 2001. Elle a mis en place un réseau méditerranéen qui s’est
constitué à l’occasion d’un premier séminaire répondant à la recommandation n°5
du colloque d’Antibes qui invitait à «mettre en œuvre et développer des projets
de coopération dans le domaine du sport élaborés à partir des besoins de chacun
des partenaires et qui favorisent la promotion des jeunes filles et des
femmes»1. Ainsi, la première action dans laquelle s’est engagée l’association a
été l’organisation d’un nouveau séminaire dont le thème «égalité des chances
dans la vie associative sportive méditerranéenne» a été retenu pour entreprendre
la réalisation d’une rencontre de jeunes de dix pays méditerranéens.
L’évolution des Jeux olympiques
(N°50, Eté 2004, 2 pages)
Jacques Rogge, président du CIO
IIIè Conférence mondiale sur la femme et le sport
Session plénière : évaluation des principes directeurs
Marrakech, 8 mars 2004
Discours sportif à vocation méditerranéenne
: L’exemple tunisien, 1956-1985
(N°50, Eté 2004, 15 pages)
Borhane Erraïs
Le sport moderne s’affirme comme support privilégié de la construction et de la
pérennisation des Etats. En Tunisie il est notamment un moyen pour la classe
politique de donner au pays une visibilité en l’inscrivant dans des compétitions
internationales mais aussi en participant aux instances internationales que sont
le CIO ou le CIJM, véritables tribunes où se défendent les causes, se déploient
les jeux de pouvoir et se conquièrent des légitimités ; au sein de ces centres
de gravité du sport mondial se cristallisent des reconnaissances et s’affirment
des souverainetés.
La
Coupe du Monde de
football au secours du Maroc
(N°50, Eté 2004, 4 pages)
Samir Ben El-Caïd
La candidature à l’organisation de la Coupe du Monde 2010 a suscité bien des
passions au royaume chérifien, mais l’Afrique du Sud vient de rafler la mise.
L'islamisme algérien et le sport : entre rhétorique et action
(N°50, Eté 2004, 14 pages)
Youcef Fates
Comme le dit Norbert Elias, la connaissance du sport est la clé de la
connaissance de nos sociétés. Porteur de multiples enjeux, il cristallise un
certain nombre de problèmes primordiaux de société qui n'ont pas échappé aux
islamistes algériens post-indépendance, épigones des oulémas et successeurs de
moindre niveau. Le sport s'avère être aussi un terrain de lutte pour une société
islamique. Il est à la fois terrain d'interdits religieux et champ
d'embrigadement et de socialisation des jeunes. Comment les questions que
soulève cette activité ludique corporelle, futile, proche du laeb, du jeu, non
sérieuse, vont-elles être abordées par l'islamisme algérien ?
Sur le plan dogmatique, le Coran considère le jeu (ou amusement) «comme une
expression particulièrement insidieuse de l’indifférence humaine à l’égard du
véritable devoir de l’homme en ce monde qui est d’agir en vue de son salut dans
l’autre monde». Et l’on n’hésite pas à dire que le dédain du jeu manifesté dans
l’enfance est le signe prémonitoire, annonciateur d’une grandeur future.
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Limites
du sport en droit musulman et arabe
(N°50, Eté 2004, 20 pages)
Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh
La société musulmane n'a pas octroyé au sport le rôle qu'il avait dans la
société grecque. Dans le peu d'espace qui lui est consacré, le souci des
juristes musulmans classiques et modernes est essentiellement de savoir si il
est interdit, blâmable, permis, recommandé ou obligatoire. Mais il ne faut pas
croire que le droit musulman est un corpus juris cohérent, unanimement admis par
tous les musulmans. Les règles juridiques font débat et ce d’autant plus que le
droit musulman n'est plus la seule référence législative dans les pays
arabo-musulmans : si il est considéré comme une source, voire la source
principale du droit, les systèmes juridiques de ces pays sont des système
juridique hybride comportant des normes inspirées du droit musulman classique et
du droit occidental.
Les femmes du Maghreb en France
contraintes et modèles corporels
(N°50, Eté 2004, 8 pages)
Yamina Samaali
Porter un regard sur les femmes maghrébines vivant en France, leur image et leur
rapport au corps, c’est avant tout appréhender l’expérience des individus qui
vivent un changement social et culturel, mais aussi questionner leurs rapports à
la culture d’origine et à celle du pays d’accueil. Comment des femmes amenées à
agir entre deux mondes, deux modes de pensée, deux systèmes de valeurs
s’adaptent-elles et transforment-elles leurs usages du corps ?
Militaires et sportifs :
une longue histoire
(N°50, Eté 2004, 10 pages)
Angela Teja
En Italie le sport et en premier lieu la gymnastique et l’éducation physique se sont formés dans des milieux proches des militaires. Le monde des sociétés sportives et de l’école et celui de l’armée en ce qui concerne l’entraînement gymnique avaient en effet de nombreux points communs. Si on analyse les premiers manuels d’enseignement de l’Armée italienne en faisant une comparaison avec les premiers manuels d’éducation physique de l’école du Royaume unifié, ou avec les règlements des gymnases qui étaient en train de naître à la fin du XIXème siècle, on découvre tout d’abord que les auteurs sont les mêmes – se référer par exemple aux interventions du «gymnasiarque» pédagogue Felice Valletti1 –, et ensuite que la matrice dont ils proviennent est identique.
L’éclatement de la Yougoslavie a-t-il commencé dans les stades ?
(N°50, Eté 2004, 10 pages)
Une formule fréquemment citée au début des années 1990 affirmait que les guerres yougoslaves «avaient commencé dans le stade Maksimir». Le grand stade de Zagreb a en effet été le théâtre d’impressionnants affrontements, verbaux et physiques, entre les supporteurs croates et serbes. Le football a souvent été le théâtre privilégié des passions nationalistes, mais toutes les compétitions sportives ont été amenées à jouer ce rôle. En juin 2003 encore, des violentes bagarres ont éclaté à l’occasion du championnat d’Europe de water-polo, qui a vu s’affronter en finale la Serbie et la Croatie.
Balkans :
football et «business»
(N°50, Eté 2004, 5 pages)
L’espace balkanique n’échappe pas à l’imbrication des activités illicites dans de nombreux secteurs économiques légaux. Le sport en général et le football en particulier constituent un domaine du monde du spectacle et des affaires très attractif pour des entrepreneurs, trafiquants et gangsters, qui peuvent y trouver de nombreux centres d’intérêt.
Chypre : sport de gauche, sport
de droite
(N°50, Eté 2004, 2 pages)
Dans l’île d’Aphrodite, la politique est une passion. La
communauté chypriote grecque (près de 80% de la population), membre de l’UE
depuis le 1er mai dernier, est depuis le début du XXème siècle partagée entre
deux grandes tendances...
Actuel |
Le retour de la Libye dans le
concert des nations
ou l’émergence d’un nouveau régime
«autoritaire libéral» au Maghreb
(N°50, Eté 2004, 15 pages)
Stéphane Papi
Pays largement atypique au sein de l’espace maghrébin, tant par ses caractéristiques sociales que par ses choix économiques et politiques, la Libye s’est récemment défaite de son image d’«Etat voyou» à la faveur de la suspension puis de la levée de l’embargo économique auquel elle était soumise depuis plus de dix ans. Comment analyser le «retour» de la Libye dans le «concert des nations» ?
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