Confluences Méditerranée                                       N°7           Eté 1993

 


L'Europe et la Méditerranée

Dossier préparé par Bernard Ravenel et Jean-Paul Chagnollaud

 

Pour une politique méditerranéenne de l’Europe
(N°7, Eté 1993,  7 pages)

Jean-Paul Chagnollaud et Bernard Ravenel

Le bilan des vingt dernières années de politique méditerranéenne de la Communauté est dans l’ensemble décevant. Un rapport interne de la Commission entièrement consacré à ce sujet concluait récemment en posant une série de questions significatives: "La Communauté n’aurait-elle pas dû faire plus et mieux? A-t-elle été totalement à la hauteur des défis?...N’aurait-elle pas dû développer une stratégie à long terme pour ses rapports avec la zone méditerranéenne?"
Ces conclusions pour le moins mitigées venaient ponctuer des analyses précises portant sur les différents aspects de la politique méditerranéenne mise en place.

Vous pouvez lire la totalité de cette introduction en double-cliquant ici

 

 

La coopération euro-maghrébine,
une grande chance pour l'Europe
(N°7, Eté 1993,  7 pages)

Raymond Barre
(député et ancien Premier Ministre)

La mise en œuvre d'une politique euro-maghrébine me paraît nécessaire pour au moins trois raisons.
La première tient à la conjoncture internationale. A un moment où toute l'attention se porte sur l'Est, il est indispensable de montrer que nous sommes préoccupés par ce qui se passe au Sud, et plus particulièrement par ce qui se passe dans les pays si proches de nous par la géographie et par l'histoire, c'est-à-dire les pays du Maghreb.
La seconde raison tient à la conjoncture maghrébine elle-même. Les éléments douloureux qui se produisent à l'heure actuelle en Algérie ne doivent pas affaiblir la prise de conscience de la nécessité d'apporter à ce pays toute l'aide dont il a besoin pour qu'il puisse surmonter ses problèmes. Des réactions s'y manifestent à l'égard des grandes difficultés de l'emploi, du logement, de l'insuffisance du niveau de vie, du retard du développement économique. Elles peuvent s'exprimer sous diverses formes et à travers des manifestations d'inspiration religieuse. Nous devons donc être attentifs à ne pas porter de jugements globaux et péremptoires, laisser les choses se décanter et, pour notre part, montrer que nous sommes toujours prêts, si le désir en est exprimé, à apporter notre aide la plus complète à la solution des problèmes qui se posent au cœur du Maghreb.
La troisième raison tient à la conjoncture française. On évoque souvent aujourd'hui les peurs qui se manifestent dans notre pays. Il y a d'abord la peur des flux migratoires, qu'ils viennent soit de l'Est soit du Sud. Pourtant il n'y a aucune raison d'exagérer les problèmes qui, quantitativement n'ont pas l'importance que l'on souligne. A une attitude négative, il nous faut substituer une attitude positive.

Vous pouvez lire la totalité de ce texte en double-cliquant ici

 

 

De bonnes intentions, des moyens limités
(N°7, Eté 1993,  10 pages)

Entretien avec Claude Cheysson
conduit par Bernard Ravenel et Jean-Paul Chagnollaud

Lorsque l'ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand siégeait à la Commission de Bruxelles, il avait la responsabilité de tout ce qui concernait la Méditerranée; il a donc une connaissance précise des grands dossiers de cette région et une vision lucide des enjeux. Dans cet entretien, il nous donne son point de vue en toute franchise.

 

 

La politique méditerranéenne de la Communauté Européenne
(N°7, Eté 1993,  10 pages)

Eberhard Rhein
(directeur pour la Méditerranée à la CEE)

Dès sa constitution, à la fin des années cinquante, la Communauté à Six a dû se préoccuper de son voisinage géographique immédiat, à savoir les pays de l'aele, la Grèce, la Turquie, le Maghreb. Tout Etat, et donc aussi tout groupement d'Etats, peut ne pas attribuer la première priorité, dans la conduite de ses relations extérieures, à ses voisins directs. Il cherche tout naturellement à établir des rapports de paix et de bon voisinage, si cela est possible. Il a un intérêt presque vital à avoir, à ses frontières, des voisins pacifiques, non-expansionnistes, prospères et dont les sociétés sont suffisamment stables pour ne pas constituer un danger pour sa propre population. Ce n'était donc pas par hasard si dès le début des années soixante, la Communauté, à peine née, s'est trouvée engagée pour la première fois, dans des négociations avec deux importants pays de la Méditerranée, la Grèce et la Turquie, en vue de définir avec eux des rapports d'association devant mener à terme à leur adhésion à la Communauté. Dans les deux cas, la Communauté cherchait à stabiliser son flanc sud contre ce qui était, à l'époque, le grand danger, à savoir l'expansion soviétique en Méditerranée. A cette fin, elle mettait en oeuvre les quelques instruments dont elle disposait. Il y en avait essentiellement trois: un libre accès commercial à son marché; un dispositif de moyens financiers assez ambitieux pour l'époque; un dialogue politico-économique au sein d'institutions conjointes.

 

 

Après la paix, tous les rêves seront permis
(N°7, Eté 1993,  6 pages)

Salah Hannachi
(secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Coopération internationale et de l'Investissement extérieur)

Dans l’article qu’il a bien voulu nous adresser pour nous donner le point de vue de la Tunisie, M. Salah Hannachi, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Coopération Internationale et de l'Investissement Extérieur, a d’abord souligné "la volonté commune qui s’affirme aujourd'hui au Maghreb et au sein de la Communauté européenne de passer de la coopération au partenariat et au co-développement". Pour lui, "cette volonté qui part d'une réalité objective de proximité et de voisinage" entend redonner à la Méditerranée sa vocation originelle d’être à la fois un espace économique et un espace culturel riche de sa diversité. Il insiste, par ailleurs, sur l’idée que les motivations soutenant cette volonté ne sont pas uniquement liées à la maîtrise des équilibres politiques et des flux sociaux mais aussi et surtout à la recherche des indispensables et fécondes synergies qui doivent surgir d’un authentique partenariat entre les deux rives de la Méditerranée.

 

 

Le développement du Maghreb répond aux intérêts
des sociétés européennes
(N°7, Eté 1993,  8 pages)

Entretien avec Fath-allah Oualaalou
conduit à Rabat par
Jamila Houfaïdi-Settar

Au sud de la Méditerranée, le Maroc revendique une place originale: tout en étant pleinement partie prenante du destin du Maghreb, il a des liens spécifiques anvec l'Europe qu'il veut voir pris en compte. Dans l'entretien qu'il a accordé à Jamila Houfaïdi-Settar, Fath-allah Oualaalou explique en détail cette spécificité marocaine. Professeur à la Faculté dec Sciances juridiques, économiques et sociales de Rabat et président de l'association des économistes marocains, F. Oualaalou est député, président du groupe socialiste au Parlement marocain et membre du bureau politique de l'UFSP.

Vous pouvez lire la totalité de cet entretien en double-cliquant ici

 

 

L'UMA et le défi de la CEE
(N°7, Eté 1993,  11 pages)

Paul Balta
(journaliste, écrivain et directeur du Centre d'Etudes de l'Orient Contemporain, Université de Paris III)

Depuis sa création, en 1958, la Communauté économique européenne a représenté pour les pays du Maghreb un défi et un aiguillon. Ce défi était et demeure multiforme: historique, économique, politique, socio-religieux, culturel, scientifique et médiatique. Les facteurs qui ont contribué à la création de l'Union du Maghreb arabe le 17 février 1989 sont multiples1 néanmoins les réalisations de la CEE et la perspective du Marché unique prévu pour 1993 ont constitué des éléments déterminants.

 

 

Appel à l'Europe des Douze pour le Proche-Orient
(N°7, Eté 1993,  3 pages)

Théo Klein
(avocat et ancien président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF)

Il est regrettable, mais il est évident, qu'il faut un intermédiaire entre Palestiniens et Israéliens, pour tenter de nouer - enfin - un vrai dialogue. Il est peut-être aussi regrettable qu'aujourd'hui, et sans doute demain encore, cette intermédiaire soit made in U.S.A. Politiquement, aucune autre Nation ne possède le poids nécessaire, et la France - dont nous étions quelques uns à rêver qu'elle soit médiatrice - s'est perdue dans la subtilité d'un jeu qui, finalement, se tourne contre elle. A trop vouloir faire dans le geste symbolique, il arrive que l'on oublie les réalités du terrain et que l'on accumule - avec une extrême bonne volonté sans doute - beaucoup de bévues.
Washington est donc, ces temps-ci, la capitale du Moyen-Orient.
Pourtant, l'Europe pourrait encore jouer un rôle positif, pourvu qu'elle le désire vraiment, et qu'à son tour, elle ne se complaise pas dans le symbole.

 

 

CEE-Israël : Un meilleur climat
(N°7, Eté 1993,  4 pages)

Entretien avec Elie Goldshmith
conduit à  Jerusalem par
Marie-Claude Slick

Les relations entre la CEE et Israël sont différentes de celles établies avec les Territoires occupés. La Communauté européenne n'accorde aucune aide car Israël a un niveau de vie trop élevé. Mais les accords signés en 1975 prévoient une zone de libre échange entre les deux signataires. Les accords de coopération dans le domaine scientifique et technologique sont en revanche assez importants, Israël étant performant dans ces matières.
Elie Goldshmith est député travailliste, membre de la commission des Finances de la Knesseth et a un statut d'observateur au Conseil de l'Europe. Il répond aux questions que lui pose Marie-Claude Slick.

Vous pouvez lire la totalité de cet entretien en double-cliquant ici

 

 

Le rôle utile de la Communauté en Cisjordanie et à Gaza
(N°7, Eté 1993,  9 pages)

Entretien avec Samir Hleileh
conduit à Jerusalem par Marie-Claude Slick

Samir Hleileh, docteur en économie, est membre de la délégation palestinienne aux négociations multilatérales dans lesquelles l'Europe est très impliquée. Il dirige à Jérusalem-Est un centre très actif de développement économique. Il analyse ici, an réponse aux questions de Marie-Claude Slick, le rôle de la Communauté dans les territoires palestiniens occupés.

Vous pouvez lire la totalité de cet entretien en double-cliquant ici

 

 

Le Liban a besoin de l'Europe pour sa reconstruction
(N°7, Eté 1993,  5 pages)

Entretien avec Harold Cool
conduit à Beyrouth par Carole Dagher

Le Liban d'après-guerre est engagé depuis plusieurs mois dans deux processus déterminants pour son avenir et son équilibre politique: le processus de la reconstruction sur le plan interne et celui des négociations de paix israélo-arabes sur le plan régional. Dans les deux cas, il est largement tributaire de l'appui qu'il reçoit, ou recevra, des Etats "frères" ou amis, arabes et occidentaux: appui politique dans les pourparlers de paix, appui technique et financier dans l'oeuvre de redressement du pays et de rétablissement de son infrastructure. L'Europe, à cet égard, occupe une place privilégiée, davantage peut-être dans la représentation que les Libanais se font de son rôle que dans la réalité. Carole Dagher brosse ici un tableau de la situation économique au Liban avant d'interroger Harold Cool, Délégué de la Commission des Communautés européennes à Beyrouth sur ce rôle tant espéré de l'Europe.

 

 

La coopération décentralisée en Méditerranée
(N°7, Eté 1993,  18 pages)

Jean Alègre
(magistrat détaché à la Commission des Communautés européennes,
il a été chargé de la mise en place de la coopération décentralisée en Méditerranée)

Dans le cadre de la coopération au développement, l'approche décentralisée est une composante dont les acteurs interviennent au niveau infra-gouvernemental. Même si elle se situe dans la ligne de pratiques qui étaient, à l'origine, essentiellement le fait de villes ou d'organisations non gouvernementales (ONG) elle ne trouve sa consécration politique et juridique que dans la période récente. En effet, la coopération décentralisée est une des innovations de la Convention de Lomé IV signée en 1989 entre la Communauté européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique)1. Par ailleurs, le Parlement européen a ouvert en 1992, une ligne budgétaire sous l'intitulé "coopération décentralisée"2 et l'a dotée de un million d'écus. La politique méditerranéenne de la Communauté va dans le même sens alors même que jusqu'à récemment, le champ de la coopération était presque exclusivement intergouvernemental. C'est ainsi qu'en 1992, la coopération décentralisée est introduite dans le cadre des crédits, réservés à la coopération régionale3 intéressant l'ensemble des pays tiers méditerranéens (PTM)4.

 

 

Les Européens peuvent-ils accueillir l'Autre ?
A propos du racisme anti-maghrébin
(N°7, Eté 1993,  9 pages)

Mohamed Mouaqit
(professeur à la Faculté de Droit de Casablanca)

L'immigré maghrébin est-il intégrable? Telle est la question à laquelle les Européens se trouvent confrontés depuis que la présence maghrébine s'impose comme un fait durable, voire définitif. Mais, interroge Mohamed Mouaqit, ne peut-on inverser la question et se demander si les Européens sont capables d'accueillir l'Autre?

 

 

L'Europe de Maastricht vue par le monde arabe :
"forteresse" ou "modèle" ?
(N°7, Eté 1993,  7 pages)

Khattar Abou Diab
(chercheur au Centre d'Etudes de l'Orient contemporain de l'Université de la Sorbonne Nouvelle)

L'heureuse formule de Grunebaum: "la compréhension de soi passe par l'Autre" s'impose autour de la Méditerranée, "la mer la plus humaine" selon Nietzsche. Cette mer-frontière, haut lieu de nostalgie et de mythes et foyer de civilisation, n'est plus qu'une périphérie dans le monde d'aujourd'hui. Une coopération active entre les deux rives pourrait-elle lui restituer sa place centrale dans le monde? Face à l'Europe occidentale ou l'Europe des Douze, il n'est pas facile de cerner les multiples attitudes des Arabes. Pour des raisons qui tiennent à la géopolitique, leur perception de l'Europe varie d'une région à l'autre. Ainsi, au Maghreb (proche et témoin de la période coloniale), les liens économiques noués presque exclusivement avec l'Europe influencent toutes les approches. A l'échelle de l'ensemble du monde arabe, les clivages créés notamment par le pétrole jouent aussi leur rôle dans l'appréciation des relations entre les deux ensembles. En somme, plusieurs facteurs, d'ordre historique, culturel, économique et politique conditionnent les perceptions mutuelles de ce couple Occident/Orient ou monde arabe/Europe.

 

 

Méditerranée : vers un espace économique commun ?
(N°7, Eté 1993,  6 pages)

Agostino Sparato
(directeur du Centre Etudes Méditerranéennes d'Agrigento en Italie)

"La Méditerranée sera ce que les hommes méditerranéens veulent qu'elle soit."
Fernand Braudel

Que représente, comment et combien pèse la réalité Méditerra-néenne dans le contexte des relations politiques, économiques, militaires, sociales et culturelles de la planète? Question complexe et importante, à laquelle il n'a pas été fourni de réponse du point de vue de l'analyse et encore moins du point de vue de l'approche politique, sociale ou économique. Cette lacune s'explique par le fait que la Méditerranée n'a été que très rarement appréhendée globalement comme un espace pourvu de caractéristiques spécifiques sur les plans géo-politique et économique. Au mieux, l'aire méditerranéenne a été qualifiée de "région" dans certains documents des Nations Unies; mais en général elle est considérée comme la résultante de deux ou plusieurs sous-systèmes divergents voire opposés. Pourtant "la Méditerranée réunit les conditions de base qui constituent une unité organique (histoire, économie, géographie humaine, culture, géologie, climat, végétation, etc). Pour ne pas parler de l'art de vivre méditerranéen".

 

 

Les conditions économiques et spirituelles du développement
(N°7, Eté 1993,  9 pages)

Michel Cuperly
(ancien rédacteur en Chef de La Croix et animateur de La Lettre de Alerte aux Réalités Internationales (ARI)

Trente dirigeants d'entreprises, originaires d'Europe occidentale ou des pays du sud de la Méditerranée, et appartenant aux deux confessions, musulmane et chrétienne, se sont retrouvés du 29 au 31 octobre 1992, à Marrakech, pour réfléchir ensemble sur les conditions éthiques et spirituelles d'un meilleur développement économique et social. Trente personnalités attachées aux règles d'une économie de marché, mais qui partagent la conviction commune que celle-ci ne peut que gagner, en efficacité et en justice, à intégrer dans son fonctionnement et ses finalités, des valeurs dépassant la réalité économique et traduisant l'espérance de l'homme. Pour cette rencontre les participants se sont accordés à exclure tout esprit de prosélytisme et à ne pas rechercher des convergences oecuméniques hors de leurs sujets de préoccupation immédiate. Cette réflexion se veut implicitement une contribution modeste, mais porteuse d'espoir, à une approche différente de l'espace méditerranéen où la confrontation de réalités économiques, démographiques et sociales différenciées, comme la coexistence de grandes traditions spirituelles, doivent représenter une chance de progrès plutot qu'une cause d'affrontements.

 

 

L'Occident contre la Méditerranée
Eléments pour une approche géoculturelle
(N°7, Eté 1993,  11 pages)

Thierry Fabre
(rédacteur en chef de la revue Qantara)

Occident, signifie littéralement "tomber à terre", "succomber, périr" et, en parlant d'un astre (notamment le soleil), "se coucher". L'Occident va vers sa chute. Or aujourd'hui le politique semble avoir fait subir un véritable retournement de sens au cosmologique. Rotation de puissance qui impose l'Occident comme un modèle de référence, un paradigme de la mondialisation, un point de passage qui se prétend indispensable pour accéder à la modernité. Face à cette totalité aux contours mal définis, la Méditerranée est souvent présentée comme une entité bien friable, un territoire de parcours, un simple espace de circulation des marchandises et des hommes et non comme un lieu, à partir duquel peut se concevoir et se déployer une stratégie. Pourtant, si le pouvoir de corrosion de l'Occident sur la Méditerranée est indéniable, il n'est toutefois pas parvenu à dissoudre son être au monde qui rend possible la construction et la mise en œuvre d'un projet euro-méditerranéen.

 

 

L'Euro-Méditerranée, impossible nécessité ?
(N°7, Eté 1993,  8 pages)

Henri Régnault
(Maître de conférences à la Faculté de Droit, d'Economie et de Gestion de l'Université de Pau)

Du Maroc à la Turquie, l'arc des pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée (psem) regroupe aujourd'hui 200 millions d'habitants, et en comptera 800 millions en 2015, soit autant que les douze pays de la CEE actuelle. L'enjeu du développement ou de la dérive des psem est considérable, pour les pays et les peuples concernés, mais aussi pour l'Europe qui se rend compte dès maintenant que la Méditerranée ne peut pas être une barrière étanche l'isolant de son sud immédiat et qui s'apercevra peut-être demain que ce développement des psem constitue pour elle une condition et une opportunité de son affirmation en tant que force autonome sur la scène géopolitique mondiale. Mais, l'Europe ne récoltera pas les dividendes du développement des psem sans s'être investie auparavant sur ce vaste chantier : car la CEE détient une part des clefs de ce développement, par sa façon de concevoir sa place dans le monde, de gérer le découplage entre ses proximités économiques et ses proximités géographiques qui s'est instauré au fil des trente dernières années.

 

 

Actuel

 

L'enfant traumatisé dans la guerre en ex-Yougoslavie
Au-delà de l'indifférence
(N°7, Eté 1993,  5 pages)

Dr. Linda Morisseau
(psychiatre et psychanalyste à l'Institut interdépartemental Théophile Roussel de Montesson)

Lors des tragédies que vivent les hommes durant les guerres, s'il est essentiel de prendre en compte ce qui se voit, se chiffre, il est également nécessaire d'appréhender ce qui ne se voit pas ou s'évalue difficilement. En se décentrant par rapport aux images qui nous arrivent, le Docteur Linda Morisseau tente d'aborder, de l'intérieur, ce que vivent ces réfugiés bosniaques, qui ont subi de multiples traumatismes.

 

 

Confluences culturelles

 

Charles-André Julien ou le refus de l’injustice
(N°7, Eté 1993,  6 pages)

Ghislaine Mathieu
(productrice d'émissions à France-Culture)

Un centre inter-universitaire international "Charles-André Julien" est en cours d’installation à Paris. Parmi ses objectifs figure d’abord la création d’un prix annuel au nom du grand historien de l’Afrique du Nord, infatigable artisan de la décolonisation. Ce prix viendra récompenser les meilleures maîtrises universitaires présentées de part et d’autre de la Méditerranée; des travaux qu’il aurait aimé lui-même diriger, lui qui fut professeur à la Sorbonne et ancien doyen de la faculté des Lettres Modernes de Rabat. Créé en décembre 1992, au moment où se déroulait à la Sorbonne un colloque très suivi auquel ont participé de nombreux intervenants tant français qu’originaires des différents pays du Maghreb, ce centre sera équipé d’une banque de données, d’un service de publications et sera animé par l’ambition d’une confrontation de l’expérience pédagogique de part et d’autre de la Méditerranée afin de déboucher sur l’élaboration commune de manuels destinés à l’enseignement.