Confluences Méditerranée                                       Hors-série             2000

 


Le Maroc en perspectives

Dossier préparé par Abderrahim Lamchichi

 

 

Introduction
(Hors-série 2000,  2 pages)

Abderrahim Lamchichi

Le Maroc se trouve à un tournant décisif de sa vie politique. Il a entamé, avec audace et détermination, une expérience de démocratisation inédite dans le monde arabe. Malgré d'énormes problèmes sociaux, toute la société marocaine et ses institutions semblent animées d'une volonté de renouveau et d'une dynamique riche de promesses. La jeunesse y est éprise de liberté et d'une soif de participation aux débats publics ; des initiatives de toutes sortes sont lancées aussi bien par les plus hauts dirigeants de l'Etat (monarchie en tête) que par différents acteurs de la société civile (femmes, syndicats, patronat, associations de solidarité sociale et de défense des droits de l'Homme, etc.). Un an et demi après l'accession de Mohamed VI au trône, moins de trois ans après la nomination d'un gouvernement d'alternance, les problèmes sont certes loin d'être résolus, mais le Maroc est en passe de réussir une révolution pacifique et entame une nouvelle phase dans la mise en place d'une politique de réformes tous azimuts.

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L'Europe et la Méditerranée :
une entreprise virtuelle ?
(N°35, Automne  2000,  16 pages)

Robert Bistolfi

La virtualité qui déploie depuis peu ses séductions dans le champ de l'économie a également pénétré le politique. Entre virtualité et illusion, la frontière est floue et toutes les techniques de la communication sont parfois mises en œuvre pour masquer le défaut de réalité de nombre d'entreprises.
On peut se poser la question au sujet du projet euro-méditerranéen. Lancé en fanfare à Barcelone en novembre 1995, relève-t-il lui aussi de l'entreprise virtuelle ?

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L'Euro-Méditerranée :
un enjeu de première importance
(N°35, Automne  2000,  9 pages)

Entretien avec Hubert Védrine
conduit par Paul Balta et Jean-Christophe Ploquin

Le rôle de la France dans la préparation de la conférence de Marseille est essentiel. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, a bien voulu nous accorder cet entretien pour donner son analyse de l’état actuel du partenariat euro-méditerranéen et situer l’importance des enjeux.

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De formidables défis pour le jeune roi Mohamed VI
(N°31, Automne 1999,  15 pages)

Abderrahim Lamchichi

Considéré comme un authentique démocrate, le nouveau roi Mohamed VI représente pour les Marocains un immense espoir de changement et de modernisme. Il devra maîtriser l'armée et les islamistes, poursuivre et approfondir la politique d'ouverture démocratique entamée - bien tardivement, il est vrai - par son père et établir une réforme sociale négligée par celui-ci. Sa volonté de marquer une rupture avec certaines pratiques détestables du passé et d'ancrer la démocratie au Maroc est bien réelle. Mais il devra tout d'abord affirmer son autorité dans un pays miné par la pauvreté et le chômage, la corruption et le népotisme et fragilisé par certaines forces de l'ancien régime, dont la nomenklatura conservatrice opposée à tout véritable changement.

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Hassan II, du féodal au (presque) libéral
(N°31, Automne 1999,  9 pages)

Paul Balta
(journaliste et écrivain)

Hassan II, dix-septième souverain de la dynastie alaouite, installée en 1666, s'est éteint le 23 juillet à Rabat à l'âge de 70 ans. Son long règne de trente-huit ans - il était monté sur le trône à la mort de Mohamed V, le 26 février 1961 - s'est achevé mieux qu'il n'avait commencé. Monarque absolu et féodal à ses débuts, il s'est imposé depuis la fin des années 1980 comme le chef d'Etat le plus libéral du monde arabe et ce malgré les atteintes aux droits de l'homme commises dans le passé. Il est le seul aussi à avoir, depuis février 1998, pratiqué l'alternance (même s'il revient à Mohamed VI de la parfaire et de la consolider) en nommant Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, chef de l'USFP et ancien prisonnier politique.

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Islam et pouvoir séculier
(N°32, Hiver 1999-2000,  10 pages)

Abdou Filali-Ansary
(chercheur, directeur de Prologues, revue maghrébine du livre)

Certaines vérités élémentaires sont toujours bonnes à rappeler. Le propos s'en trouve souvent éclairé. Entre philosophie et religion il est une différence essentielle. La première est une démarche individuelle : même lorsqu'elle aboutit à former système ou doctrine, elle reste du domaine de la construction que fait chaque individu pour son propre compte. En religion par contre, il y a toujours une vérité donnée, acceptée d'avance, et, mieux encore, héritée au niveau d'un groupe social. La vérité est un héritage : voilà en quoi réside la nature paradoxale de l'attitude religieuse. La vérité est, au surplus, un héritage collectif, qui unit des individus, en fait une communauté et définit pour eux une identité. Vérité et identité se trouvent liées, et leur lien s'étend dans la durée. C'est ce qui fait la permanence du groupe social ou de la communauté.

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Le statut des femmes au Maroc :
un éternel recommencement

(N°33, Printemps 2000,  7 pages)

Najia Zirari
(enseignante au Maroc)

La nomination d'un gouvernement dit d'alternance en avril 1998, présidé par un Premier ministre socialiste, a enclenché un sentiment d'optimisme et d'espoir presque généralisé, chez les femmes aussi, et ce en dépit de sa composition hétérogène et d'obédiences idéologiques diamétralement opposées.

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Islamisme : les spécificités marocaines
(N°31, Automne 1999,  20 pages)

Abderrahim Lamchichi

Les pays du Maghreb sont actuellement confrontés à de multiples défis : les mutations sociales, la modernisation du système éducatif et judiciaire, le développement à l'heure de la mondialisation, la découverte de modalités adaptées dans le cadre d'une régulation démocratique.
Mais dans la mesure où les mouvements islamistes ont réussi à s'imposer comme des vecteurs importants de la contestation des pouvoirs établis, la gestion de cette opposition islamiste est une question centrale que doivent affronter les sociétés.